Lors de son passage à l’IPJ le 12 janvier 2008, le journaliste Mohamed Sifaoui a expliqué le travail d’un journaliste d’investigation. En toile de fond, il a martelé sans relâche que le journalisme devait être avant tout un métier de valeurs et de principes.
Avec sa veste en cuir noire, son pull noir et ses lunettes, Mohamed Sifaoui a presque le look d’un espion. Cette personnalité très controversée n’est en fait qu’un journaliste d’investigation, fier de sa « mauvaise » réputation. « J’en suis content », assure-t-il en faisant référence à toutes les critiques dont il fait l’objet.
Auteur de la célèbre enquête « Comment j’ai infiltré une cellule d’Al-Qaïda » et plus récemment « J’ai infiltré le milieu asiatique », le journaliste a reçu de nombreuses menaces de mort et d’attentats. Pourtant, le danger ne le dissuade pas de continuer à exercer son métier de façon risquée. « Etre journaliste d’investigation, c’est essayer de découvrir des choses que certaines personnes tentent de cacher », revendique-t-il.
Pour Mohamed Sifaoui, un journaliste ne doit pas se contenter d’être un « porte-micro ». Il relie toujours son éthique de travail à son état de « citoyen engagé ». Selon lui, un journaliste a le devoir de donner la « vraie information au public », donc de lui dévoiler ce qui se dit hors-caméra. Il est d’ailleurs un adepte de la caméra cachée dans ses enquêtes.
Ses reportages sont souvent orientés dans le sens de ses convictions personnelles. « J’assume et je revendique le côté subjectif de mes reportages », clame-t-il. Il dénonce d’ailleurs le « manque de combativité » de certains journalistes. En évoquant le livre qui vient de paraître, dans lequel cinq journalistes de TF1 font une critique virulente de la chaîne, il regrette qu’ils aient choisi de le faire anonymement : « Si les journalistes sont obligés de s’exprimer de manière anonyme en France pour critiquer le système médiatique, c’est gravissime ! »
Il concède amèrement que pour pratiquer un journalisme éthique comme celui qu’il défend, il faut être journaliste indépendant. Malgré tous les déboires qu’il a connu avec M6 ou TF1, il reste fier d’exercer son métier comme il l’entend. « Ce qui fait honneur à une profession, c’est de se battre pour ses convictions », souligne-t-il. « Si je devais avoir une seule fierté, c’est de ne jamais avoir démissionné, on m’a toujours viré ! »
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