Posts Tagged ‘Sarkozy’

Mauvaise pioche

Voilà une semaine, le Chef de l’Etat s’est rendu en Moselle sur le site industriel de Gandrange. Il y a rencontré les ouvriers de l’usine Arcelor-Mittal menacée par son patron - l’indien Lakshmi Mittal - de démantèlement. En 45 minutes, Nicolas Sarkozy a ainsi prouvé son volontarisme économique au moment où les sondages d’opinion sont en berne. Et par la même occasion, il a décidé de reprendre les choses en main chez Arcelor-Mittal.

Tout problème ayant sa solution, Nicolas Sarkozy a donc promis de sauver Gandrange… même s’il fallait injecter de l’argent public dans une société privée ! Aussi surprenant que cela puisse paraître, cette annonce n’a surpris personne. Pour la seule et unique raison que Nicolas Sarkozy n’en est pas à son coup d’essai en matière de protectionnisme. A une différence près.

En 2004, Nicolas Sarkozy alors Ministre de l’Economie, va en étonner plus d’un. Pour sauver Alstom de la faillite, il ne va pas hésiter à batailler auprès de la Commission de Bruxelles pour injecter plusieurs centaines de millions d’euros et prendre 20 % du capital du groupe. Aussitôt dit, aussitôt fait. Recapitalisé, le constructeur du TGV est sauvé. Trois ans plus tard, l’Etat revend ses actions et dégage une plus-value de 1,26 milliard d’euros. Pour Eric Le Boucher, éditorialiste économique, « Nicolas Sarkozy en a fait son pont d’Arcole ». Ainsi, face à la situation actuelle d’Arcelor, le Président aimerait réitérer le coup d’Alstom.

« Le malheur pour le président est qu’aucun de ses conseillers n’ose lui expliquer que les conditions ont fait de ce sauvetage [Alstom] un cas exceptionnel et qu’il se fourvoie à en faire un cas général. » explique Eric Le Boucher. En clair Alstom n’est pas Arcelor-Mittal, et le sauvetage réussi de l’un ne peut se répéter avec l’autre. Arcelor-Mittal « n’est pas en crise financière mais en crise industrielle » ajoute Eric Le Boucher. Mais alors que faire pour sauver les emplois de Gandrange ? « L’Etat ne peut pas faire ce travail que refuse de faire son propriétaire, Mittal. » admet l’éditorialiste, également membre de la Commission Attali.

Arcelor-Mittal se révèle donc être une mauvaise pioche pour le Chef de l’Etat. Nicolas Sarkozy croyait jouer un coup de poker en volant au secours des sidérurgistes, mais les cartes qu’il a en main ne sont pas les mêmes qu’avec Alstom. « On ne peut reprocher au Président de la République de vouloir sauver Arcelor. Mais qu’il oublie Alstom, qui, ironie, vient de dévoiler un successeur du TGV, dont le développement a été complètement autofinancé sans rien devoir ni à l’Etat ni à la SNCF. » s’amuse Eric Le Boucher. Un train peut donc en cacher un autre, et aux cartes comme en économie, une bonne pioche n’est pas systématique.

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Gandrange : Croire ou pas en les promesses de Nicolas Sarkozy?

Nicolas Sarkozy s’est rendu à Gandrange, en Moselle, ce lundi matin pour rencontrer 400 des salariés d’ArcelorMittal sur place. Le chef de l’Etat a promis que «l’Etat est prêt à prendre en charge tout ou partie des investissements nécessaires» pour pérenniser l’aciérie menacée par une restructuration. «Nous sommes prêts à faire le nécessaire, quel que soit le propriétaire car notre objectif c’est de garder des usines ouvertes en France», a-t-il précisé.

J’ai demandé à Xavier PHAN DINH, syndicaliste CGT à Gandrange, s’il croyait ou pas en les promesses de Nicolas Sarkozy :
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Municipales 2008 : Interview de Bruno Le Roux

Bruno Le Roux est un homme politique ambitieux. Certes, tout politique est ambitieux. Mais, Bruno Le Roux le dit sans arrière pensée. Il espère devenir un jour ministre. A 25 ans, il abandonnait la gestion et le management pour devenir directeur adjoint du cabinet de Pierre Mauroy, alors Premier secrétaire du Parti socialiste. C’est donc un ambitieux expérimenté qui occupe au PS le poste de Secrétaire national chargé des élections.

Bruno Le Roux, 42 ans, a bâti sa carrière politique en Seine-Saint-Denis. D’abord, comme membre du Conseil général de 1992 à 1997, puis comme maire d’Epinay-sur-Seine en 1995, avant d’être élu à l’Assemblée en 1997.

En 2001, la thématique de l’insécurité est en tête des préoccupations. Bruno Le Roux s’empare alors du dossier en devenant rapporteur pour l’Assemblée nationale du projet de loi sur la sécurité quotidienne. Ainsi, en brouilleur de piste, il revendique récemment “l’ouverture” à des personnalités non membres du PS dans la constitution des listes pour les élections municipales.

Interview avec un socialiste qui aime faire bouger les lignes.

Dans cinq semaines, les Français iront voter pour élire leurs maires. La campagne pour les élections municipales entre dans une nouvelle phase. Vous qui êtes chargé des élections au PS, quelle est votre opinion quant à la nationalisation du scrutin prônée un temps par Nicolas Sarkozy ?
Tant mieux ! Je me félicite plutôt de cette décision. Vous savez, les Français ne sont pas dupes. Ils savent comment les choses seront interprétées si l’UMP remporte ces élections. On dira que les Français plébiscitent la politique actuelle du gouvernement et approuvent la manière dont Nicolas Sarkozy préside. Les Français n’iront pas voter pour les listes UMP parce qu’ils ne veulent pas adouber la politique nationale. Politiser le scrutin, nationaliser les municipales : c’est un cadeau pour le PS.

C’est pour cela que le chef de l’Etat a changé d’avis sur la question ?
Bien sûr. Il a du faire machine arrière quand il a vu que les maires UMP refusaient la nationalisation d’élections purement locales. Il s’est rendu compte qu’il avait plus à y perdre qu’à y gagner.

Nicolas Sarkozy a déjeuné récemment avec Françoise de Panafieu, candidate UMP à la Mairie de Paris. Seriez-vous choqué si Nicolas Sarkozy prenait part à la campagne pour les municipales ?
Plus rien ne me choque. S’il veut s’associer au scrutin, qu’il le fasse. A partir du moment où l’UMP se rassemble chaque semaine à l’Elysée, Nicolas Sarkozy ne peut pas être le Président de tous les Français. Désormais, il apparaît comme le chef d’un parti et non pas comme le chef d’un Etat. Il n’a jamais été aussi partisan. Vous voyez, si Nicolas Sarkozy n’avait pas été au Congrès de l’UMP début janvier, cela m’aurait paru grotesque !

Vous qui êtes député de la première circonscription de la Seine-Saint-Denis et conseiller général, que pensez-vous du cumul des mandats ?
C’est très difficile de s’imposer une règle quand cela n’est pas exigé par une loi nationale. Je suis d’accord avec le cumul des mandats, ça permet de garder les pieds sur terre. Par contre, l’idée qu’un ministre puisse également être maire me choque. Un ministre doit avoir pour seule et unique mission de s’occuper de la France.

Selon un sondage CSA les listes de gauche obtiendraient 46% d’intentions de vote au premier tour des municipales, contre 40% pour celles de la majorité. Pensez-vous que la gauche est en mesure de remporter les élections municipales ?
Oui, la gauche a la possibilité de gagner. Le PS revient à une position assez forte. Que l’on arrête avec cette idée que le PS va mal ! Je suis confiant. Les Français savent faire la part des choses. Au moment de voter ils se poseront la question de soutenir ou pas la politique du gouvernement. Et, par ailleurs, je parie que nos compatriotes sauront voir que les programmes des listes socialistes sont de qualité !

Si la gauche l’emporte le 17 mars prochain. Pensez-vous que ce sera le signe d’une nouvelle étape au PS ?
J’espère que ce sera le cas, que le Parti socialiste écrira une nouvelle page. C’est surtout pour le PS un moyen d’éviter une grave crise. Si on perd on devra se lancer dans un long processus de rénovation, nous n’aurons pas le choix. Mais si l’on gagne, il faudra aussi faire ce constat : le PS apparaîtra comme le parti des élections locales, et l’UMP comme celui de la gouvernance nationale. Il faudra que l’on prouve aux Français que le PS a aussi un projet national solide et peut gouverner le pays.

Focus : la fin des 35H ?

On soufflera bien les bougies

Voilà un anniversaire que Nicolas Sarkozy aurait beaucoup aimé rater. Le 10 février prochain on « fêtera », en effet, les dix ans de l’adoption par l’Assemblée Nationale de la loi sur les 35 heures. Une épine dont le Chef de l’Etat aimerait tant se débarrasser. Questionné mardi 8 janvier lors de sa conférence de presse, le président « énergétique » a répondu d’un oui audible à la question suivante : « Souhaiteriez-vous que 2008 soit la fin, au moins réelle, des 35 heures ? »

Pas un mot de plus n’est venu étayer le sujet. Et durant les nombreuses heures qui ont suivi le Sarko Show, les 35 heures ont vécu un sursis. Pour dire les choses comme il le pense, une promenade dans le couloir de la mort.

Palais Bourbon, mardi, 15h30. Les députés socialistes sont déchainés. Les 35 heures vont-elle disparaître ? Après le flou élyséen du matin, l’opposition demande des précisions. Et le locataire de Matignon n’est pas des plus explicites en lâchant que les 35h sont « l’une des erreurs économiques et sociales les plus graves qui aient été commises dans notre pays depuis 25 ans. » François Fillon, désarçonné, ne veut pas être le juge qui condamne.

Il faudra encore patienter 24h, pour que Nicolas Sarkozy tranche le sujet lors de ses vœux aux parlementaires, mercredi soir à l’Elysée. Il n’est pas « dans l’intention du gouvernement de supprimer la durée légale du travail. » affirmera-t-il. Mais de poursuivre, « oui, en 2008, je veux qu’on aille beaucoup plus loin dans la réforme des 35 heures. »

L’opposition est soulagée. Certains libéraux franchement déçus. Le statuquo est toutefois préservé. Le brouillard dissipé, les cafouillages ignorés, Nicolas Sarkozy veut juste un peu plus de flexibilité. Ouf ! La fête aura donc bien lieu, probablement sans cotillons au Palais de l’Elysée.