Posts Tagged ‘médias’

Flashman de nuit sur RTL

Avis aux insomniaques ou aux courageux…

Je vais présenter les flashes de nuit sur RTL à raison de cinq nuits par mois jusque fin juin…

Première nuit de flashes, celle du dimanche 6 avril 2008 au lundi 7 de 1h à 4H.

Rebelotte, le lundi 7 avril mais dès minuit, le mardi 8 avril minuit, mercredi 16 avril, et jeudi 17.

Puis, les 7, 8, 18, 19 et 20 mai.

Et enfin, les 15, 16, 17, 22 et 23 juin…

J’attends vos commentaires…

S.

Ariane Chemin quitte Le Monde pour le Nouvel Obs

La grand reporter Ariane Chemin, également co-auteur  du fameux La nuit du Fouquet’s quittera le quotidien Le Monde au mois de mai prochain, selon un confidentiel du site Bakchich.
Elle rejoindrait alors l’hebdomadaire Le Nouvel Observateur pour y signer des enquêtes pour les pages France ou Notre Epoque.
Du coup,  selon Bakchich, Le Monde commencerait à être en sous-effectif de grand reporters…

Patrick Fandio, quand le hasard façonne une vie

« Le journalisme est un état d’esprit. On apprend des façons de faire mais pas le savoir-faire » dit-il souvent. D’emblée, on doit apprivoiser un regard : noir, lourd, solennel. Il agit comme une radiographie instantanée, comme s’il ne pouvait s’empêcher d’analyser tout ce qui lui passe devant les yeux. Bien qu’il doive beaucoup au hasard, Patrick Fandio, grand reporter au service Événements de TF1 était destiné à devenir journaliste.

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Né à Garoua au Cameroun il y a 33 ans, Patrick Fandio grandit à Yaoundé dans une famille plutôt aisée mais attachée aux règles traditionnelles de l’éducation africaine. « J’étais un enfant dorloté à l’extrême » avoue-t-il dans un sourire. Studieux, il s’évade « dans les cahiers », joue seul et apprécie la solitude. Pourtant, Patrick est déjà ailleurs. Une de ses occupations favorites est de se prendre pour un chauffeur de bus. Assis sur son lit, les bras levés, il fait du bruit avec sa bouche et se surprend à rêver pendant de longues minutes.

Adolescent, il part au lycée dans l’Est du Cameroun à Bangangté, loin des grandes villes. Il y passe un Bac scientifique, mais tâtonne déjà le journalisme : il produit au club UNESCO un journal hebdomadaire. Sans en parler à qui que ce soit, il s’inscrit - un peu par hasard - dans une fac de communication française. « Mon dossier a été accepté et j’ai du faire toutes les démarches en moins de deux mois » commente nostalgique Patrick. A son arrivée à Nancy, à l’automne 1993, « c’était lugubre » raconte-t-il. « J’étais là comme un mercenaire, j’ai vécu ces moments-là comme des années d’excitation. »

Quelques mois plus tard, au CELSA (une école de journalisme), son professeur Rachid Arhab le pousse à envoyer une maquette à France 2. Il s’exécute sans vraiment y croire. La commission des stages de la chaîne est convaincue et lui propose un stage estival. En 1998, il arrive ainsi dans une chaîne de télé sans vraiment l’avoir voulu. La Coupe du Monde de football et les affaires de dopage sur le Tour de France lui permettent de dévoiler son talent d’écriture. Il croise alors Marcel Trillat qui le prend sous son aile et lui conseille de lire de la poésie !

Patrick apprécie la capacité d’une plume à vous faire voyager par la seule puissance des mots. Amoureux de la prose d’Annick Cojean et des romans de James Ellroy ou Jean Hatzfeld, il considère aujourd’hui Marcel Trillat comme un père spirituel. Patrick « a tout pour lui : il est humble, sympa, intelligent et doué » confesse cet ancien grand reporter qui reste néanmoins amer quant au départ de France 2 de son protégé. « Ca m’a déçu qu’il parte à TF1. J’espérais qu’il continuerait à faire passer l’éthique avant le carriérisme. Je voulais qu’il résiste », explique Marcel Trillat.

Patrick a quitté le service public pour TF1 voilà cinq ans. « On est venu me chercher, c’est toujours gratifiant. C’était un challenge, une possibilité d’avoir plus de mobilité » se défend Patrick. « Je crois beaucoup à la mobilité professionnelle. J’espère que dans dix ans j’aurais pris une année sabbatique pour faire de l’humanitaire ou que j’aurais mené des projets liés à la presse en Afrique», ajoute-t-il. Voilà au moins une certitude, Patrick Fandio n’aime pas la routine. Désormais Français, il reste africain de cœur et le dit sans ambages : « Je rentrerai un jour. »

Photo : S. Bellery

XXI, l’alternatif, s’invite dans la Presse française

« L’information grand format », c’est le concept de la nouvelle revue XXI, en vente depuis le 17 janvier dernier. Lancée par le grand reporter Patrick de Saint-Exupéry, XXI veut faire bouger les lignes. En congé sans solde du Figaro, Patrick de Saint-Exupéry, journaliste diplômé de l’IPJ et lauréat du Prix Albert-Londres est venu présenter son magazine – plutôt atypique - aux étudiants de l’IPJ mercredi dernier.

« Appelez-le comme vous le voulez : un journal, une revue, un magazine… Trouver un qualificatif, c’est comme se poser la question du sexe des anges » s’amuse Patrick de Saint-Exupéry en préambule de sa conférence.

À 44 ans, ce descendant d’Antoine de Saint-Exupéry s’est lancé dans un pari fou : créer une revue qui laisse place à « toutes les formes de récit ». « Il y avait en nous une volonté farouche d’éprouver le réel, de rassembler des récits de toutes catégories. », explique celui qui est également Rédacteur-en-chef de XXI. Un chiffre comme nom, en lettres romaines et sans signification particulière. « Peut-être XXIème siècle » avoue cet ancien de L’Express.

Refusant le formatage des reportages dans la presse écrite Française, Saint-Exupéry a voulu franchir le cap : « Il n’y avait pas de format satisfaisant à mes yeux, on a donc eu l’audace de créer un journal. » XXI ne ressemble, en effet, à aucun autre titre de la presse française. Trimestriel, tout en couleur, imprimé sur un papier de qualité, XXI s’expose sur plus de 200 pages.

Patrick de Saint-Exupéry veut – au travers de XXI – poser un « regard neuf sur le monde » en utilisant non pas du reportage mais de longs « récits ». « L’intitulé reportage est galvaudé, ce que l’on lit [dans la presse] est trop synthétique. On a voulu revenir sur le format originel du reportage : écrit et long. » Mais pas seulement. Saint-Exupéry a voulu faire de son magazine, un ouvrage « pluri-récits » et moderne. On y trouve donc beaucoup d’illustrations mais aussi des planches de bandes-dessinées qui sont toutes un regard sur l’actualité, décalé mais novateur.

XXI est vendu au prix de 15 euros dans les kiosques mais aussi dans les Fnac ou les Relay des gares. Interrogé durant la conférence sur le prix élevé de sa revue, Patrick de Saint-Exupéry s’est montré embarrassé. « Les gens trouvent cela cher parce que c’est nouveau. L’information n’est pas gratuite, faudra s’y faire ! », s’est ainsi énervé Patrick de Saint-Exupéry. Son crédo ? « 100% de lecteurs et 0% de publicité ». Celui qui achète XXI paie pour un « travail d’artisan » a ainsi développé Saint-Exupéry.

Dans tous les cas, XXI est un succès en librairie. Près de 40 000 exemplaires se sont déjà vendus, le seuil de rentabilité s’établissant à 20 00 exemplaires. Reste à savoir si les lecteurs seront de nouveau au rendez-vous au numéro deux prévu pour début avril.

Leona Lewis, classe & sublime voix

Coup de cœur du week-end pour la délicieuse Leona Lewis, vainqueur de l’émission britannique “The X Factory”, télé-crochet anglo-saxon.

Un physique fort peu déplaisant, une voix non pas originale mais posée et frissonnante… Leona Lewis est l’artiste qui a vendu le plus d’albums en 2007 outre-manche.

Son premier opus Spirit est loin d’être transcendant mais les mélodies sont accrocheuses, les arrangements soignés, et les refrains entêtants. Autant de bonnes raisons pour regarder ce clip voire +…

Bleeding Love, son premier single :

De l’art de faire de l’Histoire un sujet journalistique

Eric Pelletier, grand reporter à L’Express, et Jean-Marie Pontaud, rédacteur en chef dans le même magazine, s’étaient associés pour publier le 6 octobre 2005 un numéro spécial du magazine. Ils venaient d’avoir une idée. Les archives de la gendarmerie datant de la Seconde Guerre Mondiale étaient enfin déclassées. Des informations inédites allaient donc émerger pour comprendre un peu plus cette « France occupée ». Deux ans après, les deux journalistes publient chez Michel Laffont : « Chronique d’une France occupée. Les rapports confidentiels de la gendarmerie, 1940-1945. » Ils étaient mercredi les invités d’une conférence à l’Institut Pratique de Journalisme.

Deux années de travail. Des kilomètres de rapports à lire. Une fastidieuse tâche pour arriver à produire un ouvrage cohérent de plus de 730 pages. Les deux auteurs – visiblement complices tant dans le travail que dans la vie – ont voulu démontrer que par passion, on peut se lancer dans des projets fous.

Ils ont lu, classé, enquêté sur des rapports confidentiels qui avaient été écrits par la gendarmerie durant la Seconde guerre mondiale. La France occupée est sous les ordres du Maréchal Pétain. La maréchaussée devient contre son gré le témoin d’une société en déliquescence. Eric Pelletier souligne justement que cet épais ouvrage est un « portrait de la France d’époque, de la mentalité d’hier ». Pour lui, cette enquête lui a fait prendre conscience de « l’extrême pauvreté des campagnes à l’époque ». Il avoue d’ailleurs « on croit connaître l’Histoire proche mais on méconnait la vie quotidienne » durant cette période.

L’ouvrage a été construit autour de quatre axes : la déportation des juifs, la résistance, la vie quotidienne et la libération. « Ce n’est pas un livre sur la gendarmerie » se défend Jean-Marie Pontaud. Eric Pelletier poursuit d’ailleurs : « on a fait ce livre avec notre regard de journalistes, avec notre sensibilité. Ce n’est pas un travail d’historien : on ne fait pas dans l’exégèse ou dans l’exhaustif. On a fait des choix. »

Choisir c’est renoncer, cet axiome journalistique est la base de cet ouvrage. Car les journalistes ont compilé une série de rapports en les ordonnant. Leur investigation est visible parce qu’ils ont incorporés des informations biographiques entre les lignes.

Bousculés durant la séance des questions-réponses sur la légitimité d’un journaliste à enquêter sur l’Histoire, les journalistes ont répondu qu’ils ne s’étaient jamais posé la question. « On ne s’est pas demandé si on avait une légitimité ou pas. » Preuve que le journaliste reste un professionnel ouvert et curieux. Au risque de déplaire quand il s’aventure sur les plates-bandes d’autres professionnels.

L’échec annoncé de la TMP

Regarder la télévision sur son téléphone portable, c’est bientôt possible. La Télévision Mobile Personnelle (TMP) fera son apparition en France, en novembre 2008, histoire de s’imposer comme le cadeau branché de Noël. L’appel d’offres qu’a lancé le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a remporté un vif succès : alors que treize canaux seulement seront disponibles, le CSA a reçu 36 dossiers. Malgré l’optimisme actuel, la TMP risque pourtant de subir un échec cuisant.

Parce qu’elle sera mobile, la TMP a de quoi attiser l’envie. Pourtant, l’appétence s’arrête là. La Télévision Mobile Personnelle ne sera ni une révolution, ni une réussite commerciale.

La TMP n’est qu’une simple adaptation de notre télévision actuelle : aucun programme à la carte ne sera proposé. Pour Mathieu Dhordain, éditeur du blog MediaBB, « chaque téléspectateur recevra le même programme ce qui, contrairement à un contenu sélectionné à la demande, limite de fait la propension du client à payer. » Il est vrai que si l’on observe les tarifs pratiqués dans les pays où la TMP est déjà présente, les prix sont très élevés. En Italie, le bouquet de quinze chaînes coûte 19€ mensuels. Est-on prêt à payer autant pour un tel service ? « Toutes les expériences étrangères qui se sont essayées au modèle payant ont essuyé un échec : 600 000 utilisateurs en Italie, quelques milliers en Allemagne » explique Mathieu Dhordain ; avant de poursuivre avec ironie : « le Syndicat des industries de matériels audiovisuels électroniques plaide pour le modèle gratuit, sûrement car il estime que le nombre de terminaux écoulés serait plus nombreux. » Le prix prohibitif de l’abonnement devrait ainsi en rebuter plus d’un.

Un « pis-aller »

Quant aux contenus qui seront proposés, François Jost, auteur de « Comprendre la télévision », reste septique. Pour lui, « l’utilisation traditionnelle n’a pas de chances ». Si la TMP se contente de transposer la télévision classique sur un écran de téléphone, elle va droit au mur. Pour François Jost, la TMP « ne peut fonctionner que lors d’une grosse actualité comme les Jeux Olympiques, ou une période électorale ». Or, on ne peut pas s’abonner pour un mois seulement. François Jost suppose que les amateurs de sports et d’actualité devraient être intéressés par la TMP. Mais, pour lui, ce n’est qu’un « pis-aller […] J’imagine mal qu’un type qui aime le tennis regarde Tsonga en finale sur son portable. » Mathieu Dhordain est sur la même longueur d’onde et met en lumière un concurrent : « Les téléspectateurs peuvent être tentés de s’équiper pour suivre les compétitions sportives en journée. Mais au bureau, un média de masse est désormais installé : Internet. »

La TMP ne sera donc qu’une alternative. « Ca va remplacer la lecture dans des situations où l’on a du temps à perdre » s’amuse François Jost. Encore faut-il qu’à l’heure des écrans plats géants, on accepte de suivre un programme payant sur un écran… de 6 cm de diagonale.

LCI.fr tisse sa toile sur le net

Vincent Le Baron, en charge des Relations Humaines à TF1 et LCI et Pascal Emond, rédacteur en chef à LCI.fr étaient, mercredi soir, à l’Institut Pratique de Journalisme (Paris, IXème) pour présenter aux étudiants le site Internet www.lci.fr, le troisième site français d’information en ligne.

Avec une audience de 2,5 millions de visiteurs uniques chaque mois, LCI.fr a réussi un pari. Faire de son site une source d’information en ligne reconnue des internautes francophones. LCI.fr a su profiter du dynamisme et de la réputation de TF1 et LCI pour devenir un acteur incontournable du web. LCI.fr est, en effet, une rédaction parfaitement indépendante, mais liée aux deux chaînes et à ses rédactions. Le site profite ainsi de ses reportages pour agrémenter la vitrine numérique en vidéos.

Avec ses quinze journalistes d’une moyenne d’âge de 30 ans, LCI.fr propose aux internautes des informations actualisées sept jours sur sept, dès 6h du matin et jusqu’à 23h. Une course contre la montre qui demande à ses journalistes une excellente maîtrise d’outils très divers. Pascal Emond, rédacteur en chef à LCI.fr, souligne d’ailleurs que les journalistes du site « ont une culture du breaking news, les méthodes de l’agencier, et une rigueur sur le fond et la forme ».

L’année 2007 a été un tournant pour le site LCI.fr. Avec sa nouvelle version et une forte actualité franco-française, le site d’information de la chaine payante a vu son audience décoller. « En semaine, le site a multiplié sa fréquentation par deux, et le week-end par quatre ou cinq. » selon les statistiques données par Pascal Emond.

Le positionnement « info zéro délai et priorité à la réactivité » (selon les mots de Pascal Emond) a permis à LCI.fr d’intéresser les annonceurs au site web. L’équilibre budgétaire ne devrait, toutefois, être atteint que « vers la fin 2008, début 2009. »

Le web, « arrivé à maturité » pour Pascal Emond, ouvre donc ses portes aux journalistes. Avec un potentiel de couverture de 15 millions d’internautes français, LCI.fr est face à un défi : faire de son site web l’alter-égo de son grand frère TF1, un numéro 1 de l’information en ligne.

Le journalisme, un cadavre à la renverse ?

« Le journalisme d’investigation est un choix. De facto, il s’intéresse aux phénomènes extrêmes, à la marge de notre vécu quotidien. Il faut essayer de découvrir ce qui est caché par les autres journalistes. » Mohamed Sifaoui est d’emblée comme cela : franc et direct. C’est peut-être ce qui en fait un journaliste si controversé en France.

Arrivé en retard à la Conférence qu’il tenait, jeudi 10 janvier, à l’Institut Pratique de Journalisme, Mohamed Sifaoui, 40 ans, est de ceux que l’on croit prêt à tout. Réfugié politique en France depuis 1999, ce « musulman laïque et démocrate » (comme il se définit) a préféré quitté son Algérie natale pour continuer à faire son métier. Un métier qu’il aime profondément mais envers lequel il ne mâche pas ses mots : « Je pense qu’aujourd’hui en France s’installe une mentalité dans le milieu journalistique où l’on fait tout pour préserver son carnet d’adresses. »

Mohamed Sifaoui, lui, est un journaliste d’investigation qui ne se soucie guère de froisser ou pas ses contacts. Spécialisé dans l’islamisme et le terrorisme, il n’en est pas moins ouvert sur d’autres thématiques. Il a, par exemple, mené une enquête d’un an sur le milieu asiatique français pour le magazine - non moins critiqué - de TF1, « Le Droit de Savoir ».

Sa longue expérience du terrain lui confère un regard sur le métier de journaliste sur lequel il a longuement discouru pendant sa conférence. « Le journaliste doit donner une information honnête et complète au citoyen pour instaurer une relation de confiance » a, ainsi, expliqué M. Sifaoui. Une confiance qu’il est pourtant prêt à mettre en péril durant ses reportages. Il est, en effet, un adepte de la caméra-cachée. Soulignons qu’il n’a pas précisé ce qu’il pensait de cette méthode, d’un point de vue déontologique. Car pour lui, le journaliste ne doit rien caché au citoyen au risque de devenir « propagandiste » et non plus journaliste.

« Je suis pour la subjectivité, qu’il faut assumer » a-t-il poursuivi. Parole plutôt étonnante dans la bouche d’un journaliste avant d’expliquer qu’« il est normal qu’un journaliste puisse tout critiquer ». M. Sifaoui regrette, pourtant, que « personne ne critique la presse » en France et que le milieu des médias soit si corporatiste. Il illustre d’ailleurs sa pensée : « Un flic ne donnera jamais tort à un autre flic. Il y a un tel corporatisme dans les médias que l’on ne peut les critiquer. » Pour démontrer son opinion, il a pris l’exemple du pamphlet sur la rédaction de TF1 paru récemment : « si on est obligé de parler anonymement des médias, c’est grave ».

Le journaliste, également auteur de plusieurs ouvrages, a enfin prévenu son auditoire : « Il faudra se battre pour les questions d’indépendances journalistiques ». Il glisse aux étudiants intéressés par l’investigation que l’indépendance et le statut de free-lance ne sont pas négociables. « N’ayez pas peur de dire non » a-t-il conclu. Et de s’amuser de sa propre expérience : « on m’a toujours viré, je n’ai jamais pu démissionner ».

Renaître on-line, le leitmotiv des journalistes oubliés

Coup de théâtre en juin 2005. M6, la petite chaîne qui monte veut se débarrasser de son surnom et recadre sa ligne commerciale. Place à un public familial. Exit donc Culture Pub et son présentateur Christian Blachas. Deux ans et demi plus tard, l’émission vient de faire sa réapparition sur Internet. Et elle est loin d’être la seule à avoir eu l’idée.

Internet est devenu une nouvelle aire de jeu… pour journalistes. Après son départ de Libération, Serge July trouve refuge sur la Toile et signe des billets d’humeur sur rtl2007.fr, que la radio vient de lancer pour les présidentielles. Purgatoire ou espace de liberté ? Serge July ne s’est pas posé la question avant d’accepter la proposition de la station. Désormais, Internet attire des journalistes qui étaient tombés dans l’oubli.

Le 26 novembre, Christian Blachas a ainsi lancé culturepub.fr, une version gratuite en ligne de l’émission culte. « On m’interpellait souvent dans la rue, au début je ne faisais pas attention, puis en voyant les progrès technologiques qu’a fait la vidéo sur Internet, je me suis lancé admet le patron de CB News. Après de longues semaines passées à numériser un nombre incroyable de vidéos, Blachas relance son émission, et avec elle une mode. Pour Julien Mielcarek, rédacteur en chef du site imedias.biz, la seconde vie de Culture Pub est « un bon choix [de la part de Christian Blachas] car la marque est très forte et très adaptée au média web : il est facile de récupérer les vidéos et d’essayer de créer un YouTube de la publicité ».

Gratuit ou payant ?

Internet n’en est pas pour autant un Eldorado. « Je pense avant tout que c’est là que ça se passe » explique Julien Mielcarek. Mais, on ne peut pas réaliser tel quel un copier-coller d’un concept médiatique traditionnel : « La marque et le savoir-faire ne suffisent pas toujours : un produit ne se transpose pas sur le net mais se transforme. » développe-t-il. Reste le choix du modèle économique. Edwy Plenel tentera un retour en lançant au mois de mars prochain MédiaPart, un Canard Enchaîné du web. Mais pour le lire, il faudra débourser 9 euros chaque mois. « Une info de qualité, indépendante, à plus-value et sans pub, ça se paie »Daniel Schneidermann, lui aussi, donnera le coup d’envoi en janvier d’arretsurimages.net, une version payante de l’émission disparue de France 5.

Deux modèles coexisteront, et Julien Mielcarek relève amusé que « ce sont des journalistes d’une génération plus ancienne » qui font le pari du payant. L’expérience paiera-t-elle ?


1/ France Info, L’Invité du Web, David Abiker, 27/11/2002/
2/ France Info, L’Invité du Web, David Abiker, 04/12/2007