L’histoire commence le 26 juillet 1987. Pour la première fois, des créations de Christian Lacroix arpentent un podium. Depuis, le rythme s’est accéléré, les créations accumulées. 2007 fut l’année de l’anniversaire. 2O ans que l’arlésien fantasque, couturier de la couleur comme le veulent les rédactrices de mode, fait tourner son imagination à plein régime.
Cette année, l’anniversaire a été célébré. Mais, peut-être parce que ce trop simple, Christian Lacroix ne s’en est pas contenté. Il a multiplié les collaborations et les créations dans différents domaines. Théâtre, danse, exposition… 2008 sera sans doute plus relâchée. Mais, pour ceux qui veulent plonger dans une partie de l’imaginaire du couturier, il reste jusqu’au 20 avril 2008, l’exposition du Musée des Arts décoratifs. Petite déambulation à travers les salles.
Néons rouges, murs blancs : la première salle est presque inattendue, un peu froide. On imaginait du baroque, de la couleur, tout sauf cette ambiance presque clinique. Un panneau explique que la conservation des pièces exige ces conditions de lumière. Dans des vitrines de verre, une tringle, des cintres, parfois des mannequins sur lesquels reposent les fameuses robes et autres capes, jupes et bibis en tout genre qu’on se languit de découvrir.
Secrètement, pendant plusieurs semaines, Christian Lacroix -heureux privilégié - a plongé dans les caves du musée de la mode. Une véritable caverne d’Ali baba où le couturier a pu choisir des pièces, pour certaines jamais exposées au public. Il en sort une exposition mêlant pièces inédites et créations personnelles.En regroupant par thèmes les vêtements, les pois, le blanc, le noir : le couturier originaire d’Arles montre à voir ses marottes. Personne ne s’étonnera d’une vitrine entière consacrée à l’arlésienne.
L’exposition commence par deux vitrines sur le blanc « une couleur qui m’est étrangère » affirme pourtant le couturier. Peut-être pour ne plus y revenir. Robes en voile de lin, de plumetis, en voile de coton : toutes les tendances de la dernière collection printemps-été y sont ! Car de Vanessa Bruno à Céline en passant par Chloé, quelle maison de couture n’a pas remis au goût du jour la robe baby-doll plus ou moins longue avec manches ballons ou plastron en dentelle ?
La mode donc n’invente rien. Mais, les 23 thématiques choisis par Lacroix montrent qu’elle traverse les âges. Et les couturiers la revisitent, s’essaient aux mélanges de genre et imposent leur patte. Celle de Christian Lacroix vaut le coup d’être vue.
Plus qu’un couturier, un créateur Il habille les trains comme les mannequins ou les chanteurs d’opéra. Christian Lacroix, artiste poétique et prolifique, adapte son imaginaire à différents domaines et supports. En 2003, il relooke les hôtesses d’Air France. L’année suivante, il s’attaque aux TGV qu’il pare de rouge et violet. Toujours en matière de transport, Christian Lacroix a été retenu pour l’aménagement intérieur et extérieur de la ligne 3 du tramway de Montpellier qui entrera en service en 2012.On pourrait également citer le dictionnaire Larousse customisé en 2005, les collections pour la Redoute et ses nombreuses collaborations avec les arts de la scène. Les planches qui lui auront valu, cette année, le Molière du créateur de costumes pour Cyrano de Bergerac. Cet été, il a également participé aux costumes des Noces de Figaro pour le festival d’art lyrique d’Aix-en-Provence.Populaires ou nobles, il a dessiné pour de nombreuses disciplines et pour une foule d’artistes. Par exemple, le justaucorps de la patineuse Surya Bonaly aux JO d‘Albertville, c‘était déjà Christian Lacroix. Christian Lacroix, Histoires de mode. Du 8 novembre 2007 au 20 avril 2008. Musée des arts décoratifs 107 rue de Rivoli 75 001 Paris.


