Dieudonné, un candidat aux européennes dont on se passerait bien

C’est à l’occasion d’une conférence de presse que le polémique Dieudonné s’est déclaré candidat aux élections européennes qui se tiendront le 7 Juin. En se posant comme victime d’injustice – il a été plusieurs fois interdit de spectacle- et défenseur de la liberté d’opinion, l’humoriste a appelé tous les “insoumis du système” à rejoindre sa liste en Ile-de-France. Sa ligne politique: être avant tout le leader de ceux qui rejettent le “sionisme” qui selon lui “gangrène la France”. Tout un programme…

 

Pour voir la vidéo de l’AFP: http://fr.news.yahoo.com/2/20090321/video/vfr-dieudonn-candidat-anti-sioniste-aux-3837155.html

Pas de crise pour Maître Noël, spécialiste du droit du travail

En France, la crise économique s’est transformée en une grave crise sociale. Les licenciements se multiplient. Dans ce contexte Maître Noël, spécialiste du droit du travail et avocat au barreau de Lyon, est de plus en plus sollicité. S’il n’a pas souhaité communiquer des données précises sur l’augmentation de son chiffre d’affaire, il reconnaît que son activité connaît actuellement un essor important. Mais refuse d’être taxé de « profiteur ». 

« Sur ces deux derniers mois, j’ai eu plus de rentrées de dossier que d’habitude », confie Maître Noël. Et pour cause : sur les 47000 chômeurs  supplémentaires annoncés par le Ministère du travail en novembre 2008, nombreux sont ceux qui ont été licenciés. Ses deux principaux types de clients : les très petites entreprises et surtout les salariés en contentieux avec leurs employeurs suite à un licenciement. Une double casquette qui peut sembler paradoxale voire choquante. « Ce n’est pas une schizophrénie » précise Maître Noël avec agacement, « la loi doit bénéficier à tous. Quand vous traitez des divorces, vous ne travaillez pas uniquement pour les maris ou pour les femmes, le client varie d’un dossier à l’autre. C’est également le cas dans mon domaine ».

Bénéficier et non pas profiter

L’avocat se défend de profiter de la situation, un terme qui l’irrite tout particulièrement : « Jamais on ne m’a reproché mon travail. Je suis là pour que la dignité des salariés soit respectée. Certaines entreprises font n’importe quoi et mon rôle est d’y remédier ». Pour lui, ses clients salariés le considèrent avant tout comme une oreille attentive. « Ces personnes sont en situation de grande fragilité, pas seulement sur le plan professionnel mais également dans leur vie personnelle » regrette-t-il. A ceux qui lui disent qu’il est inadmissible de faire payer des gens qui ont perdu leur emploi il répond : « Je n’applique pas les mêmes tarifs pour les salariés et les entreprises. Je tiens compte de la situation de chacun et j’ajuste mes tarifs. Il m’arrive parfois de ne rien faire payer du tout, quand le client n’en n’a vraiment pas les moyens », précise Maître Noël. L’article 10 du code déontologique des avocats stipule en effet que « les honoraires sont fixés (…) en fonction de la situation de fortune du client ». Selon le site du Ministère de la justice, ces adaptations peuvent faire varier les tarifs de 50% d’un client à l’autre.S’il comprend les nombreuses questions que suscite son activité, il refuse l’image stéréotypée de l’avocat intéressé. « Nous avons, collectivement, un gros problème de communication sur la profession. Mais individuellement, nous sommes avant tout au service de nos clients ». Ca tombe plutôt bien : de plus en plus de Français risquent malheureusement d’en avoir besoin dans les prochains mois.

Etudiant, juif, musulman: militer pour mieux s’affirmer

 

La guerre israelo-palestinienne a repris de plus belle. En France, on craint des répercusions sur les communautés juives et musulmanes. Yassine Abaza et Yohan Sportouche font respectivement partie des Etudiants Musulmans de France (EMF) et de l’Union des Etudiants Juifs de France (UEJF). A travers leur engagement (souvent critiqué), ils souhaitent faire tomber les préjugés. Montrer qu’on peut être attaché à la laïcité tout en revendiquant une appartenance religieuse.

 

 Yassine Abaza (EMF) et Yohan Sportouche (UEJF)

 

Qu’est-ce qui vous a poussé à vous engager dans l’EMF et l’UEJF?

Yassine Abaza : Je me suis engagé dans l’EMF en 2004. A cette époque, il y avait des tensions à cause de la loi sur la laïcité interdisant le port du voile. Je souhaitais changer l’image de l’islam dans la société française. On l’assimile encore trop souvent à la violence et la peur. M’engager dans une organisation reconnue par l’Etat, plongée au cœur de l’univers étudiant, me paraissait être une bonne solution pour faire évoluer les mentalités.

Yohan Sportouche : Ca fait maintenant trois ans et demi que je suis à l’UEJF. Mon frère en faisait partie, il m’a proposé de venir pour voir à quoi ça ressemblait. A cette époque, c’était le début du programme « Coexiste », qui vise à lutter contre le racisme et l’antisémitisme dans les collèges et les lycées. J’ai aimé l’idée de servir à la fois la communauté juive, le dialogue inter – religieux, et la lutte contre toutes les formes de discriminations.

 

Vous considérez-vous comme des« militants  religieux »?

Yassine Abaza : Je pense qu’à partir du moment où on s’engage et qu’on se bat pour un monde meilleur, on est militant. Mais je ne me considère pas comme un militant religieux du tout. Je tiens à rappeler que l’EMF n’est pas une organisation religieuse. Son but premier est de faciliter la vie de tous les étudiants, qu’ils soient musulmans ou non. Yohan Sportouche : Je me considère comme militant, mais non plus pas comme militant religieux. L’UEJF souhaite véhiculer des valeurs universelles telles que l’égalité, le respect d’autrui. Ces principes s’adressent à tout le monde, et pas uniquement aux juifs.

 

En 2004, les élections du CROUS ont été très médiatisées. L’EMF comme l’UEJF, qui ont présenté des listes, ont été accusés de communautarisme par les syndicats étudiants.

Yassine Abaza : On oublie trop souvent que la France est indivisible mais plurielle. On assimile laïcité et non-religiosité, religion et communautarisme. Pour moi, militer au sein de l’EMF c’est montrer qu’on peut se sentir à la fois Français et musulman. Je considère que la laïcité, en permettant la liberté de culte, est le meilleur moyen pour moi de pratiquer ma religion. Le « M » de l’EMF est une ouverture et non pas le signe d’un repli communautaire. Ca apporte de la richesse au monde universitaire, c’est un moyen de croiser les cultures et de montrer le vrai visage de l’islam.

Yohan Sportouche : L’UEJF est communautaire par définition, mais pas communautariste. Nous le serions si nous nous tenions à l’écart de l’université. Nous sommes avant tout une union d’étudiants: nous voulons nous impliquer dans la vie de l’université, intervenir en  luttant contre tous les racismes, pas seulement contre l’antisémitisme. Notre action a une portée universaliste. De plus, je ne vois pas en quoi s’assumer en tant que Français, étudiant et juif tout à la fois relève du communautarisme.

 

 

L’existence de l’EMF et de l’UEJF ne témoigne-t-elle pas d’un certain échec des instances traditionnelles à intégrer et représenter les étudiants musulmans et juifs?

Yassine Abaza : D’une certaine manière si. Les étudiants musulmans ont des besoins spécifiques qui ne sont pas toujours pris en compte. Je pense notamment aux étudiantes à qui on interdit de passer les examens parce qu’elles portent le voile. Je trouve ça inadmissible.  Echec aussi parce que malheureusement militer au sein d’une telle organisation est un des seuls moyens pour nous d’être visibles. Mais en même temps, l’EMF permet aux étudiants musulmans de partager l’identité, la culture de leurs parents, et je pense que c’est important.

Yohan Sportouche : Un échec, je ne sais pas. C’est vrai qu’au début, l’UEJF a été créée pour permettre aux étudiants juifs rescapés de la Shoah de s’intégrer dans les universités, car ce n’était pas facile à l’époque. Mais aujourd’hui le contexte n’est plus le même. Les valeurs qu’on défend sont moins spécifiques aux personnes de confession juive. Nous revendiquons quand même certains droits, comme ne pas avoir d’examen le jour du Shabbat (http://www.calj.net/shabbat). Mais ce type de revendications n’est plus notre priorité.

 

Que répondez-vous à ceux qui vous accusent d’extrémisme ?

Yassine Abaza : Déjà il faut savoir que même des musulmans nous taxent d’extrémistes. Ils ne comprennent pas notre engagement. Mais je leur réponds que l’existence de l’EMF est justement un moyen de limiter cet extrémisme. Il permet de mieux faire connaître l’islam et  de mieux l’intégrer, grâce à une organisation reconnue par les institutions. Et cette intégration constitue une barrière au fondamentalisme, que nous craignons autant que n’importe qui.

Yassine Sportouche : Il n’est pas rare qu’on nous accuse d’extrémisme, notamment par rapport à notre position sur Israël. Dans ces cas-là, on explique en quoi les gens qui portent de telles accusations ont tort. Par exemple concernant Israël, on leur rappelle que nous sommes favorables à l’existence de deux Etats, que les Palestinien ont droit à leur propre Etat.

 

Avez-vous l’impression que votre combat porte ses fruits, que l’image des communautés juives et musulmanes évolue dans la société française ?

Yassine Abaza : On organise continuellement des conférences, des rencontres culturelles auxquelles tout le monde est convié. On a déjà franchi une première étape : les institutions ne montrent plus de méfiance à notre égard, elle nous soutiennent. C’est un grand pas en avant. C’est plus difficile de faire évoluer les mentalités dans la population, mais ça vient petit à petit.

Yohan Sportouche : Même s’il a régressé ces dernières années, il existe encore un antisémitisme populaire, banalisé, contre lequel il est difficile de lutter. D’une manière générale, il y a encore en France un usage décomplexé de nombreux préjugés sur diverses minorités. C’est pourquoi nous poursuivons le programme « Coexiste », qui va certainement s’étendre à tous les collèges et les lycées, afin de lutter contre le racisme à sa source.

 

 

                                  

 

Lumières sur Lyon

Ce lundi 8 Décembre marque la fin de la fête des Lumières de Lyon. Environ quatre millions de visiteurs, deux millions de budget…La ville a vu les choses en grand. Le thème de cette année: “rêveries enfantines”.


Le dépistage, priorité en France

Au lendemain de la 20e journée mondiale de lutte contre le sida le docteur Alain Wajsbrot, spécialiste de la question, fait le bilan de l’évolution de l’épidémie en France.

1-À la veille de la 20e journée mondiale de lutte contre le sida, l’épidémie continue de progresser en France, malgré des campagnes de sensibilisation très visibles. Comment l’expliquer ?

Le sida est une maladie sexuellement transmissible,et les comportements sexuels humains sont complexes. Nous savons comment le sida se transmet, comment on peut se protéger. Mais certaines composantes émotionnelles et inconscientes nous conduisent à prendre des risques malgré tout .

2-La nature des groupes de population les plus touchés par le sida en France a-t-elle évolué ces dernières années ?

Oui, il y a eu une évolution très marquée. Au début, c’étaient surtout les toxicomanes et les homosexuels qui étaient touchés par le VIH, ainsi que les transfusés. Mais aujourd’hui, les hétérosexuels, et surtout les femmes, sont de plus en plus contaminés. Pendant longtemps le sida était une maladie assimilée aux homosexuels. Les autres groupes se sont donc, à tort, sentis protégés et on eu des comportements risqués.

3- Malgré la mise en place du dépistage anonyme et gratuit, on estime qu’en France environ 40 000 personnes ont le sida mais l’ignorent. Pourquoi une telle situation ?

Une partie de l’explication se trouve dans ce que j’ai dit précédemment. Les hétérosexuels, ne se sentant pas concernés par la maladie, se sont moins fait dépister. Il peut aussi y avoir un blocage psychologique important. Pour se faire dépister, il faut faire le test, aller chercher le résultat avec le risque qu’il soit positif. Ce n’est pas facile à faire et à accepter.

Militants PS cherchent leader

Aubry ou pas Aubry, telle est la question. Quatre jours après le premier tour de l’élection du premier secrétaire du Parti Socialiste, on ne sait toujours pas qui, du maire de Lille ou de Ségolène Royal, a remporté la victoire. L’affaire pourrait désormais se terminer devant les tribunaux. Face à cette impasse, les militants, eux aussi très divisés, ne cachent pas leur désarroi.

« C’est la pagaille intégrale, la pire que j’ai connue ! ». Dans un café du 9e arrondissement de Paris M. Lévy, militant socialiste depuis plus de dix ans, ne décolère pas face à un «  parti devenu ingouvernable ».

Depuis le Congrès de Reims, le PS ressemble à un bateau à la dérive, sans capitaine à son bord et surtout plus divisé que jamais. « Pour moi, cette unité a été perdue depuis la défaite de Lionel Jospin en 2002 » confie Marie, 23 ans, militante socialiste à Lyon. M.Lévy redoute quant à lui une « guerre ouverte de trois ans », et ce quelle que soit la gagnante. « Même au sein des militants l’ambiance est à couteaux tirés » se désole-t-il.

Comme les autres, ils dénoncent des querelles de personnes qui « ont 25 ans de politique derrière elles » et qui ne « laissent pas la place ». Pour Marie, si de nouvelles têtes « comme Delphine Batho » émergent au sein du parti, « la parole reste monopolisée par les anciens ».

Tous les deux ont soutenu Benoît Hamon, par conviction certes, par désir de renouvellement surtout. Marie le considère comme « plus consensuel », et M. Lévy voit en lui « l’avenir du parti : il est jeune, il a des idées ». Ce qui, à en juger la situation actuelle, n’était pas l’avis de la majorité des militants.

Malgré tout, il n’est pas question pour eux de rendre leur carte, comme l’ont déjà fait certains. « Je n’ai plus le sentiment d’appartenir à un ensemble cohérent, qui avance », reconnaît Marie, « mais cette situation ne m’éloigne pas de mes convictions » ajoute-t-elle. Son espoir : « un Congrès duquel émergerait enfin celui ou celle capable de rassembler le Parti », comme ce fut le cas de François Mitterrand en 1971.