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Réponse : d’autres grands patrons. Ils siègent au sein de comités de rémunérations, qui n’ont aucune existence légale, et font des propositions de salaires au conseil d’administration (CA).

 

les gros salairesSur le papier, l’idée semblait séduisante. Les salaires des PDG du CAC 40 seront contrôlés, au sein du CA, par un comité composé de membres indépendants, qui émettra des propositions de rémunérations. Pourquoi pas ? Depuis que les sociétés anonymes existent, des “bureaux de conseil” ou des “comités de direction” se chargeaient – entre autres - des rémunérations et avantages en nature. Mais ils étaient présidés par le PDG de l’entreprise.

 

Avec la vague de transparence des années 1990, ces comités de rémunérations sont apparus puis généralisés à l’ensemble des sociétés cotées. En arguant d’y installer des membres dits “indépendants”, ce que recommande le code Afep-Medef, c’est-à-dire sans fonction exécutive dans l’entreprise, ni participation significative dans le capital. On en dénombre en moyenne trois par comités, qui n’émettent que des recommandations, plusieurs fois par an. Mais s’ils restent purement consultatifs, leurs propositions sont souvent suivies.

 

“60% des entreprises du CAC 40 en avaient constitué un en 1996, contre 85% en 1999 et 97,5% en 2006″, notent, en juin 2008 dans une étude très bien documentée, Géraldine Broye et Yves Moulin, professeur et maître de conférences à l’Ecole de management de Strasbourg.

 

“On retrouve toujours les mêmes”

 

Problème, les membres sont aussi indépendants que la Bretagne en France. “C’est le président du CA qui, la plupart du temps, propose des noms au conseil. On retrouve toujours les mêmes car il pioche dans les mêmes réseaux d’anciens ou d’actuels collègues grands patrons”, explique Hervé Joly, chargé de recherche au CNRS en histoire des entreprises. Un petit tour sur les pages Internet des entreprises rendrait heureux n’importe quel adepte de la théorie du complot. Gérard Mestrallet, PDG de GDF-Suez, qui touche environ trois millions d’euros par an, est membre du comité de rémunération d’Axa et a été le président de celui du Crédit Agricole jusqu’en 2005. Chez Natixis, la banque d’investissement qui a perdu 350 millions d’euros avec Madoff, c’est Vincent Bolloré qui préside le comité de rémunération,  parmi lequel on compte comme membre… Henri Proglio, l’homme qui valait 2,6 millions d’euros. Autre exemple cocasse, Serge Tchuruk, ancien PDG d’Alcatel parti avec un parachute doré de 5,6 millions d’euros en 2008 (après avoir perdu 1,1 milliard au second semestre de la même année !), est membre du comité de rémunération de Total. Comité sous la présidence de… Michel Pébereau, président du CA de la BNP.

 

090715-charb-faut-il_encadrer_le_salaire_des_patronsIl y en a à la pelle des exemples de cet acabit. “Ce n’est pas compliqué, ils se connaissent tous ! Et entre amis, on ne se fait pas de vacheries !, ironise Pierre-Henri Leroy, président de Proxinvest, cabinet de conseil et d’analyse financière, très engagé contre les grosse rémunérations des patrons du CAC 40. Ce ne sont que des gens qui ont profité du système des gros salaires. Pourquoi changeraient-ils ?” “Le problème, renchérit Hervé Joly, c’est que s’ils sont “administrateurs indépendants”, les membres des comités de rémunération sont présentés au CA en tant qu’invités du PDG. Ces comités n’ont d’ailleurs aucune  existence légale. S’ils se montrent désagréables, ou proposent des salaires jugés trop bas, on ne les invitera plus.” Et les membres pourront dire adieu à leurs jetons de présence…

 

Ce système de cooptation est révélateur d“un marché des dirigeants qui reste, dans tous les pays, étroit” et “encastré socialement”, écrit sur son blog Olivier Bouba-Olga, maître de conférences en sciences économiques à Poitiers.

 

Une comparaison avec l’étranger

 

Pour juger des montants des salaires, les comités de rémunération font appel à des experts extérieurs qui leur font des propositions, elles-mêmes reprises en CA. Ces experts - des cabinets, des chasseurs de têtes - tiennent compte des standards internationaux des entreprises du même secteur et de même taille. “La comparaison avec l’étranger justifie une hausse constante des salaires, précise Hervé Joly. Et à ces critères, les membres des comités de rémunération rajoutent, selon Pierre-Henri Leroy, “du qualitatif”. “On ne juge pas selon la performance, mais selon ce que l’on a pensé de la performance.”

 

6a00d83451935369e2011168faec02970c-320wiLes résultats de l’étude de Boye et Moulin sont accablants pour les comités de rémunération. Après avoir comparé les chiffres de 88 entreprises du CAC 40 en 2005, les deux universitaires affirment que “la présence d’un comité permet au dirigeant de mieux imposer ses exigences en matière de rémunération”. Une nuance tout de même, “les résultats sont très différents selon les entreprises : dans celles au capital diffus, le comité joue un rôle effectif pour modérer la rémunération, salariale comme globale”. “En revanche, ajoutent-ils, dans les sociétés contrôlées par le CEO [Chief executive officer, le PDG ou DG], l’existence d’un comité de rémunération est associée à un niveau de rémunération salarial et global plus élevé [...]  Ces comités permettraient de légitimer plutôt que de contrôler la politique de rémunération des dirigeants.”

 

La conclusion est lapidaire : “La performance de l’entreprise n’est pas positivement liée au niveau de rémunération.”

Lancé en septembre 2008, le projet de circuit de Formule 1 des Yvelines, a été abandonné en décembre dernier. Les critiques écologiques venues de toutes parts et l’approche des élections régionales ont fait reculer le conseil général. Conséquences : de l’argent public dépensé pour rien, des terrains abîmés et un an de perdu pour le Grand Prix de France.

   
Le site de Flins-les Mureaux. 95 hectares de terres ont été endommagés par les fouilles archéologiques. Comme les études d'impact, le coût pour les contribuables n'a toujours pas été communiqué.

Le site de Flins-les Mureaux. 95 hectares de terres ont été endommagés par les fouilles archéologiques. Comme les études d'impact, le coût pour les contribuables n'a toujours pas été communiqué.

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En queue de poisson. Ainsi s’achève le projet de circuit F1 des Yvelines qui avait tant suscité le débat. « On aura dépensé beaucoup d’énergie et gâché de l’argent public », déplore Brigitte Albrieux, présidente du collectif Flins sans F1, créé dès le lancement du projet. Alain Schmitz, président UMP du conseil général, a annoncé le 3 décembre dernier l’annulation du projet de circuit.

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Yvelines – La Vallée de l’Auto continue sans circuit

envoyé par media_yvelines. – L’info video en direct.

  

A L’ORIGINE…

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C’est Pierre Bédier, alors président UMP des Yvelines, qui avait lancé l’idée, en septembre 2008, d’implanter un circuit sur les communes des Mureaux et de Flins-sur-Seine, où se trouve une usine Renault, pour un montant d’environ 120 millions d’euros. Le but, accueillir en 2011, à 40 km à l’ouest de Paris, le Grand Prix de France, qui se déroulait jusque-là à Magny-Cours (Nièvre) avant d’être annulé pour la vétusté de ses infrastructures. Autre objectif, créer une activité autour de l’automobile dans la vallée de la Seine. Rappelons qu’à l’époque, les ouvriers de l’usine Renault subissaient le chômage partiel.

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Problème : le circuit de 100 hectares devait être construit sur une nappe phréatique et donc sur des champs de captage d’eau potable. Et la Safer, un organisme chargé du foncier agricole, comptait utiliser ses terres pour de l’agriculture biologique. En décembre 2008, celles-ci sont préemptées par un établissement public. Dès lors, levée de boucliers. Écologistes et membres de partis politiques de tous bords se réunissent pour protester. Jean-Paul Huchon, président de la région Ile-de-France, s’oppose au projet. De même que Jean-Louis Borloo, ministre de l’Environnement. François Fillon, en juillet, s’y déclare favorable.

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UNE ANNULATION POLITIQUE : L’APPROCHE DES REGIONALES

 
 
« Le départ de Pierre Bédier [condamné en mai dernier à l'inéligibilité pour corruption passive, NDLR], qui portait vraiment son projet, et la forte mobilisation des opposants ont joué dans cette décision, explique Jean Mallet, maire (DVG) de Mézy-sur-Seine, une commune proche du périmètre du circuit. Mais Alain Schmitz a aussi tenu compte de la petite victoire, par seulement cinq voix d’écart à Rambouillet, en septembre, de David Douillet devant un candidat vert. Évidemment, l’approche des régionales a fini de le convaincre. »

 
« Aujourd’hui, les candidats doivent avoir une étiquette écologique », renchérit Brigitte Albrieux.
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Le président du conseil général a, lui, justifié sa décision en affirmant qu’elle ne menaçait pas « la pérennité de l’emploi sur la vallée de l’automobile ». « Le projet de circuit F1 n’était pas une fin en soi, indique-t-on dans son entourage. On souhaitait davantage que la vallée de l’automobile soit prise en compte dans le Grand Paris. » Que l’usine Renault de Flins soit boostée par la prime à la casse et la fabrication de la nouvelle voiture électrique Zoé a, bien sûr, pesé dans l’abandon du circuit F1.

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DE L’ARGENT PUBLIC GASPILLE

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Mais, plus d’un an après le lancement du projet, quid du coût des nombreuses études d’impact – acoustique, paysagère, etc.- des prestations juridiques et des campagnes de communication payées avec l’argent du conseil général ? « Tout cela reste difficile à chiffrer, affirme-t-on au conseil général, car les études sont réparties entre différents services et établissements publics, et les budgets spécifiques sont englobés dans des budgets généraux. » Les montants, demandés par des associations et des conseillers généraux, devraient être communiqués en début d’année prochaine, mais sans date fixe.

Le projet de circuit, dessiné par le célèbre architecte Jean-Michel Wilmotte.

Le projet de circuit, dessiné par le célèbre architecte Jean-Michel Wilmotte.

Un chiffre est certifié : 875 000 €, c’est le coût de l’étude sur l’enfouissement des lignes électriques  (voir le PDF) et les frais du concours d’architectes (voir le PDF). « Le conseil général reste très opaque sur ces données que nous réclamons depuis longtemps », regrette Hélène Danel, présidente de l’association Flins sans circuit F1. Les fouilles archéologiques, préalable obligatoire avant le démarrage d’un grand chantier, se sont déroulées sur plusieurs mois et n’ont pas, elles non plus, été chiffrées.

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Le gâchis ne s’arrête pas là. 95 hectares de terres, sur les 178 préemptés, ont été retournés avec les fouilles. Alain Schmitz a promis de rétrocéder celles-ci à la Safer, l’ancien propriétaire. L’organisme récupérera donc des terrains en mauvais état. « On ne peut pas repartir avec le même projet d’agriculture biologique qu’en 2008, admet Pierre Missioux, directeur de la Safer Ile-de-France. Il faudra attendre quelques années pour que les terres retournées retrouvent leur fertilité. Mais nous espérons racheter les surfaces moins chères qu’au prix vendu. »

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LA FEDERATION AUTO REMONTEE

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Si le conseil général a donc laissé quelques plumes dans l’histoire, il n’est pas le seul perdant. La Fédération française de sport automobile (FFSA) s’est estimée lésée. « C’est une décision clairement électoraliste, fulmine Éric Barbaroux, délégué général du Grand Prix de France à la FFSA. On a diabolisé le projet qui aurait aussi servi de laboratoire de recherche pour les voitures électriques. Nous soutenions Flins car le financement était totalement public et donc plus sûr. Et tout pouvait être prêt dès 2011. Si on attend trop, la France sera oubliée de la F1.  On a perdu du temps pour organiser le Grand Prix qui n’aura lieu ni en 2009, ni en 2010 ! »

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Les yeux se tournent désormais vers le projet de Sarcelles-Villiers-le-Bel (Val d’Oise). L’objectif est de créer un complexe multisports qui servirait également de salle de spectacle. En plus d’un circuit qui pourrait accueillir le Grand Prix en 2013, financés par des fonds privés cette fois.

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Survol du Circuit Pôle de France HD

envoyé par polevaldefrance. – Course et crash spectaculaires en vidéo.

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La demande d’inscription auprès de la Fédération internationale de l’automobile ne peut être faite que par la FFSA, qui devrait donner sa réponse dans deux ou trois mois. Un collectif anti-F1, composé d’associations environnementales et citoyennes, s’est déjà constitué. Bis repetita ?

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ET SINON, OU EN EST LE GRAND PRIX DE F1 AUJOURD’HUI ?

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Jusqu’en 2008, le Grand Prix de France se déroulait sur le circuit de Magny-Cours (Nièvre). Mais le lieu ne plaît pas à Bernie Ecclestone, l’argentier de la F1, par qui toute fédération est obligée de passer pour organiser un Grand Prix (avec la Fédération internationale de l’automobile). La raison ? L’argent, tout simplement. Les tribunes sont trop petites, les hôtels alentours peu nombreux, le circuit vétuste et trop éloigné de la région parisienne, un potentiel monétaire de 12 millions de personnes…

Aujourd’hui, aucun Grand Prix n’est rentable. Pour l’édition 2009, la FFSA ne pouvait donc se permettre d’en être le promoteur à Magny-Cours comme en 2008. Un autre circuit aurait pu à la limite l’accueillir : Paul-Ricard (Var). Seulement là aussi, mêmes problèmes : infrastructures vétustes, accès difficile (pour cause de montagnes) et des chambres d’hôtels qui frôlent les 300€ la nuit.

Le circuit de Flins aurait été desservi par l'A13, une gare de RER et, via la Seine, par des bateaux.

Le circuit de Flins aurait été desservi par l'A13, une gare de RER et, via la Seine, par des bateaux.

Le circuit de Flins présentait l’avantage, pour ses thuriféraires, d’être bien desservi  : situé à 40 km de Paris, il aurait été connecté à une gare de RER, à la Seine, où un transport fluvial aurait été mis en place et à une autoroute, l’A13. De plus, les tribunes auraient pu accueillir 100 000 personnes, cinq fois plus qu’à Magny-Cours. Et Lagardère était pressenti pour en être le promoteur. De quoi faire rêver la FFSA…

Faute de promoteurs et de circuit adéquat, la France n’hébergera donc aucun Grand Prix en 2009 et 2010. Flins aurait été opérationnel en 2011 mais il a été abandonné. Le projet de Sarcelles serait quant à lui prêt en 2013. L’équipe qui mène le projet, en tête Jean-Pierre Beltoise, ancien coureur de F1, et François Pupponi, député-maire (PS) de Sarcelles, propose un “ticket” Magny-Cours-Sarcelles : le pôle Val de France s’engage à devenir le promoteur du Grand Prix à Magny-Cours en 2011 et 2012 pour qu’il revienne ensuite à Sarcelles. Cela afin que la France ne soit pas oublié de la F1.

intra

 

Quel rapport entre la chanteuse pop débridée Lady Gaga, le gangsta rappeur Dr Dre et feu ce cher Miles Davis ? L’héroïne ? Non. Tous viennent de lancer leur modèle d’écouteurs intra-auriculaires, Dr Dre en janvier 2009, Lady Gaga en septembre dernier – Miles, de sa tombe, aurait eu un peu de mal, c’est la marque  Monster qui s’est servi de sa signature pour un modèle sorti en octobre à 399€. Ces stars profitent du succès des écouteurs intra-auriculaires qui envahissent depuis trois ans les rayons hi-fi et se sont largement démocratisé depuis un an.

 

Des écouteurs intra quoi ? Ressemblant à des écouteurs classiques, les « intra » sont en fait pourvus, à l’extrémité, d’un embout, la plupart du temps en silicone. Et – grosse différence – ils se glissent à l’intérieur du conduit auditif pour isoler totalement l’oreille. Pour schématiser, ce sont des bouchons avec lesquels on écoute de la musique. Avantage : de meilleurs graves et une qualité sonore qui change des médiocres performances des écouteurs vendus avec les baladeurs et les téléphones portables.

 

« A la base, les intra étaient utilisés sur scène par les musiciens, raconte Tristan François, spécialiste son sur le site lesnumériques.com. La légende veut que ce soit le groupe de hard rock, Led Zeppelin, qui ait demandé, au milieu des années 1970, à ce qu’on leur fabrique des retours son qui leur permettent de se déplacer sur scène, sans être gênés par les retours au sol. On s’est donc servi des connaissances en prothèses auditives pour leur mouler des oreillettes. Les constructeurs ont développé le produit, mais cela restait pour un public de professionnels. »

 

Petit tour du phénomène en quatre questions.

 

Quand est-ce que les intra ont été lancés ?

 

Au début des années 2000, plusieurs fabricants sortent leurs premiers écouteurs intra-auriculaires professionnels, similaires à ceux que l’on connaît aujourd’hui. « Nous nous sommes lancés dans le marché des écouteurs intra car on sentait une demande croissante en qualité, notamment de la part du milieu musical intéressé par l’aspect isolant », explique François Declais, assistant produit chez Shure, constructeur américain de matériel audio, spécialisé dans les intra haut de gamme.

 

En 2006, Sennheiser, entreprise allemande réputée pour ses produits audio, lance les premiers écouteurs intra grand public sur le marché, suivie de quelques fabricants. A l’époque, on reste dans le haut de gamme, aucun intra ne descend en-dessous des 150€. Mais, comme tous les produits de haute-technologie, les prix baissent rapidement, au bout d’un an et demi. Aujourd’hui, on en trouve de 10€ à 2 000€, certains d’assez bonne qualité pour environ 60€, 70€ (voir ci-dessous le Petit guide).

 

« Avec ça sur les oreilles, vous n’entendez plus les rails du métro ou les klaxons des bus, se targue-t-on chez Sennheiser. En plus, ils tiennent mieux sur l’oreille que les écouteurs classiques. »

 

Est-ce que ça marche ?

 

Les intra connaissent aujourd’hui un vrai boom. Impossible de connaître précisément les chiffres, mais, d’après Tristan François, la progression des ventes d’années en années, varie, selon les marques, de 50% à 150%. « Maintenant, le public connaît le produit, il sait que ça existe, assure-t-il. C’est encore assez nouveau, mais il bénéficie d’une bonne image, jeune et high tech. »

 

A terme, les écouteurs intra-auriculaires pourraient prendre le devant sur les écouteurs classiques. Seulement, la technologie coûte encore cher, et les gammes sont loin d’être complètes. « Il y a eu le même phénomène que pour les GPS. De nombreux fabricants se jettent dessus, puis reviennent à leur métier de base, constate Tristan François. Il faut que le marché, encore en explosion, se stabilise. Comptez deux, trois ans. Pour l’instant, les fabricants continueront de produire des écouteurs classiques. Ça ne coûte rien à fabriquer, ils se font des marges énormes dessus et les gens en achètent très facilement. » Quitte à délaisser la beauté du son.

 

Sont-ils plus dangereux pour la santé que des écouteurs classiques ?

 

Du fait de l’isolation presque totale, le principal danger consiste à rester dans sa bulle, sans entendre le monde extérieur. Les constructeurs et les sites spécialisés recommandent donc de ne pas utiliser les écouteurs intra-auriculaires lorsque l’on fait du sport, pendant une course par exemple. Vous n’entendriez même pas une voiture arriver sur vous ! D’un point de vue médical, les intra ne présentent aucun danger, du moment que l’hygiène de l’oreille est bonne.

 

Ils s’avèrent même moins nocifs que les écouteurs classiques : comme aucun bruit ambiant ne passe, on baisse le son, donc on diminue la pression acoustique, et ainsi, on réduit les risques pour les tympans. Bémol tout de même, en postulat de base, il faut baisser le son… Autre limite, tout le monde n’apprécie d’avoir de la silicone enfoncée dans l’oreille. Et les intra ne s’adaptent pas à tous les conduits auditifs, certains trop gros – ou trop petits – ne retiennent pas les écouteurs, qui tombent.

 

Petit guide des écouteurs intra-auriculaires

 

g_03386735Philips SHE9600, 9,86€ :

Ne vous attardez même pas sur ce modèle. Si vous les avez achetés, servez-vous en comme lacet, ou n’écoutez que des artistes n’ayant d’un point de vue son aucun intérêt, Mariah Carey ou MGMT. Les constructeurs se servent des écouteurs classiques auxquels ils rajoutent de la silicone. Du coup, vous avez l’impression d’un meilleur son simplement parce que vous avez les oreilles bouchées et donc coupées du monde extérieur. A moins de 20€ – 25€, difficile de trouver des intras restituant une bonne qualité sonore.

 

 

166_2545_2Shure SE110, 19,90€ :

Ce modèle du constructeur américain offre une bonne alternative aux écouteurs classiques. Les basses sont bien présentes mais les aigus manquent de précision. L’isolation phonique est, en outre, totale.

 

 jays djaysJays D-Jays, 48,03€ :

Un son détaillé, légèrement chaud, malgré des basses en retrait. On ne trouve, à ce prix-là, pas de concurrence égale. Un bon moyen de rentrer dans le monde des intras. Une limite peut-être, il faut en prendre soin car les câbles sont assez fragiles.

  

radiopaq rockRadiopaq rock, 69,99€ :

Avec des basses pêchues et un son linéaire, le rock n’offre rien de transcendant mais restitue précisément les sons pop et rock.

 

 

 

bose intraBose intra, 99,99€ :

Un look décalé, des intras confortables et des basses et bas-medium mis en avant, ce modèle va vous plonger définitivement dans votre bulle.

 

 

Pour un comparatif exhaustif, cliquez ici.

On s’en doutait un peu mais l’Insee nous le confirme. Les immigrés sont davantage touchés par le chômage que les non-immigrés. Dans une étude très instructive, publiée vendredi, les chercheurs de l’Insee se sont intéressés à l’accès à l’emploi des immigrés.

Petite définition avant de se plonger dans le détail des chiffres : les immigrés, selon l’Insee, ce sont “des personnes nées à l’étranger sans avoir la nationalité française”. L’étude s’est centrée sur les immigrés arrivés en France après 18 ans, et âgées de 18 à 74 ans (soit, tout de même, en 2008, une personne sur dix en France).

Plusieurs chiffres de cette publication méritent, selon moi, d’être mis en valeur : ainsi, 57% des immigrés âgés de 18 à 64 ans ont un emploi, contre 69% des non-immigrés. On pourrait expliquer ce fait par un manque de qualifications. Car “près de la moitié des immigrés ont un diplôme de niveau enseignement primaire (ou aucun diplôme), contre un sur cinq chez les non-immigrés”. Pourtant, un quart des immigrés ont un diplôme d’enseignement supérieur. Dans la même proportion que les non-immigrés.

 

Taux d’activité, d’emploi et de chômage en 2008 selon le niveau de diplôme (en %)  
                                                                                                          
  Taux d’emploi (1)  Taux de chômage (2)   
Hommes  Femmes  Hommes  Femmes   
Enseigne-ment primaire Immigrés 65,1 37,8 11,8 17,7  
ou aucun diplôme Non-immigrés 60 46 10,9 13,2  
Odds ratio   1,3  0,8  -1,2  1,5    
Enseigne-ment secondaire Immigrés 70,2 51,9 13,5 12,5  
Non-immigrés 72,6 62,5 6 8,1  
Odds ratio  -0,9  0,8  2,4  1,6    
Enseigne-ment supérieur Immigrés 72,4 57,7 12,9 11,8  
Non-immigrés 85,4 81,4 3,7 4,4  
Odds ratio   0,5  0,4  4  3,2    
Ensemble  Immigrés  68,6 46,9 12,7 14,3  
Non-immigrés  73,4 64,8 6,2 7,6  
Odds ratio  0,8 0,5 2,3 2,1  
             
1. Proportion de la population totale ayant un emploi.  
2. Proportion de chômeurs dans la population active (actifs occupés + chômeurs).  
Source : Insee, enquête Emploi 2008, champ du module complémentaire (sixième interrogation).  
             

Grâce à ce tableau, on voit clairement que les traitements entre immigrés et non-immigrés ne sont pas les mêmes à diplôme équivalents. Ce sont les “odds ratio” qui en fournissent la plus belle preuve. Qu’es-aco ? Selon Olivier Bouba-Olga, professeur d’économie à Poitiers, “les odds rations sont définis comme le rapport des chances qu’un évènement arrivant à un groupe A (ici les non-immigrés) arrive également à un groupe B (ici les immigrés). Si le odds ratio est de 1, l’évènement est indépendant de l’appartenance au groupe. S’il est supérieur à 1, l’appartenance au groupe B augmente la probabilité de subir l’évènement”.

 

Cet “odds ratio” révélateur

  

Et qu’observe-t-on dans le tableau précédent ? Le odds ratio sur le taux de chômage est égal à 1,2 pour les non diplômés et qu’il est non significatif. Si l’on comprend bien, la probabilité d’être au chômage quand on est non diplômé n’est guère différente, que l’on soit immigré ou non. Par contre, le odds ratio monte ensuite à 2,4 pour les diplômés de l’enseignement secondaire et à 4 pour les diplômés de l’enseignement supérieur…

Pour ceux qui n’ont pas suivi, l’Insee constate en fait que les immigrés ayant un équivalent bac+2, +3, +5, voire plus, ont beaucoup plus de chances d’être au chômage que les non-immigrés à même diplômes : 11,8% contre 4,4% ! 

Autre chiffre intéressant de l’étude, “les modes d’obtention de l’emploi” :

 graph 1Les non-immigrés, dans la majorité, trouvent un emploi sans aide, notamment par des candidatures spontanées. Tandis que les Maghrébins, entre autres, comptent parmi ceux qui passent le plus souvent par la case “agence”, boîtes d’intérim et Pôle emploi.

Enfin, l’étude ne pouvait faire l’impasse sur la discrimination à l’embauche. L’Insee révèle que “8 % des immigrés estiment qu’un emploi leur a déjà été refusé de façon injuste en raison de leur origine étrangère”. Sentiment particulèrement ressenti chez “les immigrés originaires d’Afrique subsaharienne (15 %)”.

Y’a du boulot, comme dirait l’autre.

Dix ans après avoir été abrogé, on le remet sur le tapis. Le Glass-Steagall Act réapparaît dans les discussions comme une solution aux risques de spéculation des banques. Est-ce le cas ? “Les banques sont vouées à servir le public, et elles doivent se focaliser sur ces activités.” C’est Paul Volcker, l’ancien président de la Réserve fédérale de 1979 à 1987 et actuel conseiller de Barack Obama, qui a prononcé ces mots réclamant “une séparation entre les activités bancaires pour les particuliers et le négoce spéculatif”. Le 20 octobre, Mervyn King, gouverneur de la Banque d’Angleterre, a renchéri, jugeant cette séparation “indispensable”.

Petit retour en arrière pour bien comprendre de quoi il est question. Le Glass-Steagall Act a été adopté en juillet 1933 aux Etats-Unis. Cette loi, votée sous Roosevelt en réaction au krach de 1929, sépare les métiers de banque commerciale et banque d’investissement. Les banques commerciales servent à gérer les dépôts et crédits consentis aux particuliers. En gros, les opérations courantes de n’importe quel citoyen. Les banques d’investissement, elles, émettent des actions et des obligations (c’est-à-dire des dettes) sur le marché et gèrent les fusions et acquisitions d’entreprises. Jusque-là rien de bien compliqué.

Tout colère des spéculations de 1929, les congressmen obligent les banques à choisir entre ces deux métiers. JP Morgan décide ainsi de devenir une banque commerciale, contrairement à Lehmans Brothers, qui se spécialise dans l’investissement.

Voici un bref résumé de cette loi (en Anglais), tiré du film Fall of the Republic de Max Keiser et William Black.


 

Abrogé sous la pression des lobbies

 

Le Glass-Steagall Act a survécu jusqu’en novembre 1999. Il est abrogé cette année-là, sous la pression des lobbies du Fire (terme regroupant les secteurs de la finance, de l’assurance et de l’immobilier : ”finance, insurance and real–estate”). Pourquoi ? Régis de Laroullière, ancien directeur général de Crédit foncier de France, le résume simplement :

“Le Glass-Steagall Act avait été progressivement contesté à partir du milieu des années 1970, car ne permettant pas de créer de grands établissements, analogues aux banques universelles européennes, notamment françaises.

De plus, la distinction entre activités de prêteur et d’investisseur s’estompait avec la titrisation. Les innovations et les nouvelles pratiques étaient réputées stabilisatrices en permettant une large dispersion des investissements et des risques.

Enfin, les banques d’investissement, moins régulées et soumises à de moindres exigences de fonds propres, apparaissaient plus rentables.”

Le Glass-Steagall Act est abrogé – sous la présidence Clinton, rappelons-le - pile lors de la fusion de Citicorps et Travelers pour créer le géant Citigroup.

 

“Une banque doit faire des crédits. Les autres activités sont parasitaires !”

 

Alors, le retour de cette loi s’avérerait-elle utile aujourd’hui pour lutter contre la spéculation ? Dans un long article du Monde, paru vendredi, les thuriféraires de ce choix arguent que “pour éviter que l’histoire ne se répète [comme en 1929], [pour] empêcher que les pertes de marchés ne “contaminent” la banque de détail, il serait donc nécessaire d’appliquer un nouveau Glass-Steagall Act”. Pour Jean-Paul Pollin, professeur d’économie à l’université d’Orléans, “une banque doit faire des crédits, collecter les dépôts, gérer des comptes. Les autres activités sont parasitaires !”

A contrario, ses détrateurs repoussent cette idée avec deux arguments majeurs :

- les banques d’affaires peuvent proposer aux entreprises des produits sophistiqués pour les protéger des variations des matières premières ou des devises.

- les banques d’affaires ne font pas “que spéculer”. Selon Michel Pébereau, PDG de la BNP Paribas, “l’essentiel de nos activités de marché sont dédiées aux clients”.

D’autant que, comme le rappelle les Echos, la faillite de la banque de détail britannique Northern Rock, en septembre 2007, est là pour prouver que “ce n’est pas parce qu’une banque n’exerce pas des activités de marché qu’elle est forcément vertueuse et ne présente aucun risque pour le système.”

Plutôt que le retour du Glass-Steagall, qui peut s’avérer une fausse bonne idée, Challenge recommande l’instauration de la taxe Tobin :

“Ce retour au Glass-Steagall Act de 1933, souhaité aussi par George Soros dans le Financial Times, ne se réalisera pas, tant est intense la pression des lobbies bancaires sur le monde politique, et ce pas seulement aux Etats-Unis.

C’est pour cela que le grand retour de la taxe Tobin est si intéressant, à condition que son assiette et son objectif soient redéfinis.”

Des caricatures en veux-tu, en voilà. Les deux géants de la presse satirique, Le Canard Enchaîné et Hara-Kiri – l’ex Charlie-Hebdo – sortent simultanément deux rétrospectives. Hara-Kiri revient sur sa courte vie avec “Hara-Kiri, les belles images 1960-1985″ et propose une grosse sélection de dessins, unes ou fausses pubs. A ce subversif et anarchique journal, -dont la devise “bête et méchant” en résume l’esprit-, créé par Cavanna et le professeur Choron, participent de grands noms de la caricature, tels Cabu, Wolinski, Reiser ou (le limogé) Siné. Sa formule? De l’anticléricalisme, anti-gaullisme, et humour-noirisme qui mena souvent le journal devant les tribunaux. Sa célèbre “une” lors de la mort de De Gaulle, “Bal tragique à Colombey: un mort” en référence à un incident la semaine passée, qui entraîna l’interdiction de l’hebdo, en est le plus bel exemple.

Le volatile lui consacre son ouvrage à la Ve République, “La Ve République en 2000 dessins (1958-2008)”. Une forme d’hommage. 2000 dessins c’est peu comparé aux 75 000 publiés durant ce demi-siècle. Moisan, génial caricaturiste de De Gaulle, apparaît, de même que Lap, Cabu, Pétillon ou Lefred-Thouron. Des dessins, mais aussi des textes sur les grandes affaires, “les diamants de Giscard” et autres broutilles, ainsi que des portraits des dessinateurs.

Deux beaux bouquins sur une presse sans tabous, à la grande liberté de ton, qui ose l’humour et vit sans publicités.

Wikipédia, l’Encyclopédie Internet, se veut sérieuse. La Désencyclopédie non. Calquant la première, cette Désencyclopédie, créée en 2005, ne fournit pas une once d’information, mais un ramassis de délires, bêtises et autres jeux de mots de mauvais goûts.