RECULER POUR MIEUX SAUTER
ECONOMIE. L’industrie de l’internet est en ébullition. L’annonce faite le 1er février par Microsoft de racheter Yahoo! a entraîné des rumeurs de rapprochements stratégiques. Le combat à venir implique tous les acteurs majeurs du secteur et pourrait recomposer le marché actuel de l’internet. D’autant que Yahoo! n’est pas en position de force pour négocier.

« Microsoft et Yahoo! partagent la même vision de la publicité en ligne » affirme, le 1er février, Steve Ballmer, PDG de Microsoft, comme pour justifier son offre de racheter Yahoo!. La même vision de la publicité, certes, mais une perception différente du prix du célèbre portail internet. Yahoo! qui a signifié, en février et en avril, deux refus successifs à Microsoft, s’efforce de trouver des alliés de poids pour résister aux appétits de la firme de Redmond. En deux petits mois, à grands coups de rumeurs, d’annonces et de fuites dans la presse, deux camps se sont formés.
Dans le coin droit du ring, Jerry Yang, le PDG et co-fondateur de Yahoo!, tente une alliance avec AOL, la branche internet du groupe de médias Time Warner. Le duo est épaulé par Google qui voit d’un mauvais oeil le rachat par Microsoft de son rival sur le marché publicitaire. Dans le coin gauche, Steve Ballmer soutenu par la puissante News Corp de Rupert Murdoch.
Le casting est impressionant mais Yahoo! apparaît déjà comme le grand perdant. Avec des résultats en berne et le licenciement récent d’un millier de salariés, Yahoo! est plus que jamais fragilisé. Si Jerry Yang juge l’offre de Microsoft trop faible, ses actionnaires pourraient en décider autrement. Avec 29,24 $ par action, l’offre de Microsoft (42 milliards de dollars) reste supérieure au cours du titre Yahoo! qui se situe, au 15 avril, autour de 28 $.
Se laisser avaler par Microsoft ou demander la protection de Google, son rival historique, aucune issue ne satisfait vraiment Yahoo!. Jerry Yang entend donc au moins choisir la sauce à laquelle il sera mangé. Le rapprochement avec AOL est ainsi un moyen de surenchérir pour forcer Microsoft à relever son offre à 35 $ par action au minimum selon les dirigeants de Yahoo!.
: Pierre Cheminade
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Un marché colossal
44,6 milliards de dollars en 2008. 80 milliards de dollars en 2010. Le marché de la publicité sur internet est faramineux et connaît une croissance exponantielle. De quoi aiguiser l’appétit des géants de l’internet bien décidés à déloger Google, numéro 1 de la publicité en ligne, qui capte 25% des recettes publicitaires. Ses poursuivants,Yahoo!, précurseur de l’internet, et Microsoft, premier éditeur mondial de systèmes d’exploitations et de logiciels, sont loin derrière avec respectivement 12% et 6% des revenus publicitaires en ligne (source : ZénithOptimédia).