JUGEMENT CLEMENT POUR KARIM, TOXICOMANE SEROPOSITIF

JUSTICE. Au cours d’une session de comparutions immédiates ponctuée d’une panne informatique, la 23ème chambre correctionnelle a rendu un jugement très humain à l’encontre d’un tunisien homosexuel tombé dans la cocaïne.

Trahi par ses relevés téléphoniques. C’est grâce à la liste d’appels du portable d’un de ses amis que les enquêteurs l’ont retrouvé. Karim R. comparaît devant la 23ème chambre du tribunal correctionnel de Paris pour détention et complicité d’offre et de cession de cocaïne. Il est un peu plus de quinze heures ce vendredi 14 mars quand le président Jean-Paul Albert appelle le dossier numéro treize des comparutions immédiates. Derrière ce simple numéro de matricule se cache une histoire tragique.


Karim R., un tunisien de 31 ans, cheveux coupés très courts et visage fatigué, a été interpellé le 9 mars alors qu’il détenait 1,8 gramme de cocaïne. Mais il est surtout suspecté d’avoir jouer le rôle de rabatteur pour le compte d’un ami dealer. Le prévenu a l’air profondément anxieux. Déjà condamné pour des faits similaires en 2006, il risque gros.
« Pourquoi vous mettre dans ce genre d’affaire ? » demande le président. « J’ai pris de la cocaïne une seule fois il y a deux jours pour l’anniversaire d’un ami, j’ai fait une connerie, je reconnais ma faute» se défend le prévenu. « Je travaille douze heures par jours comme boucher, je ne peux pas me droguer, je n’en ai pas les moyens. Je vous demande pardon » ajoute-t-il aussitôt dans un sanglot. « Vous êtes en récidive légale Monsieur R. » répond le président du tribunal sur un ton sévère, « vous risquez quatre ans de prison ferme, c’est la peine plancher » continue le juge Albert. Pour toute réponse Karim s’effondre en larmes dans le box des prévenus : « je suis désolé ».

« Il ne pouvait pas vivre sa vie en Tunisie »

L’étude de personnalité révèle une histoire difficile. Arrivé en France il y a 13 ans, Karim est homosexuel. Il a du quitter la Tunisie et toute sa famille pour pouvoir vivre une vie normale. En France, il apprend qu’il est malade du Sida et doit suivre une trithérapie lourde doublée d’un traitement psychiatrique.
Annick Joncour, le procureur, prend en compte ce parcours particulier. « Je ne veux pas de peine plancher, mais il doit l’avoir à l’esprit » explique-t-elle. Se tournant vers le prévenu, elle insiste, les yeux dans les yeux : « monsieur R. doit comprendre que c’est la dernière fois pour lui ». Le procureur préfère requérir une peine alternative de huit mois de prison avec sursis assortis d’une mise à l’épreuve et d’une obligation de soins et de travail.
Pendant sa plaidoirie, l’avocate de Karim souligne « le concours de circonstances » qui a placé son client dans la dépendance : « il ne pouvait pas vivre sa vie en Tunisie ». Avant de demander la relaxe de Karim, elle insiste sur la maturité de son client qui « montre qu’on ne risque pas de le revoir devant ce tribunal ou un autre ». « Voulez-vous ajouter quelque chose demande » le président au prévenu. « Je vous demande une nouvelle fois pardon, je suis prêt à faire des tests tous les jours » glisse Karim d’une voix faiblarde. « Arrêtez la cocaïne monsieur R. » rétorque sèchement le juge Albert.
22 heures, debout dans le box des prévenus, Karim attend, le regard inquiet. Le jugement est finalement rendu après deux heures de délibéré et une panne informatique : six mois avec sursis avec mise à l’épreuve pendant deux ans et assortis d’une triple obligation de soins, de travail et de domicile. « Merci » lâche simplement Karim.

: Pierre Cheminade

One Response to “JUGEMENT CLEMENT POUR KARIM, TOXICOMANE SEROPOSITIF”

  1. CAROLE WEBER Says:

    http://tunisie-harakati.mylivepage.com

    Une histoire tragique pour Karim mais s’est une mauvaise publicité pour l’image de la Tunisie qui n’a pas besoin de cette nouvelle histoire. Les faits divers en Tunisie ne cessent de nuire au tourisme, l’affaire de madame Sameh Harakati est devenue l’exemple de l’injustice en Tunisie.
    Cette jeune femme est loin d’être aussi coupable que Karim, l’innocence de cette animatrice de tourisme a même été démontrée par ses avocats et pourtant elle a été condamnée à onze années de prison ferme.
    Réclamer justice pour Sameh est la moindre des choses, elle n’a pas à présenter ses excuses comme Karim, vue l’innocence de cette dernière.
    Une histoire choc à découvrir sur ses sites Internet, des vidéos clips à visionner pour soutenir sa libertée, Sameh mérite l’attention de tous car elle n’a fait qu’être au mauvais endroit au mauvais moment.
    Une histoire qui peut-être la votre demain. La Tunisie est en la réalité une prison à ciel ouvert où personne n’est en sécurité et même pas le touriste.
    Et même lorsque l’on ne veut pas critiquer la Tunisie pour son manque de respect des droits de l’homme, on ne peut s’empêcher de lire à nouveau des faits divers qui nous conduit à nouveau à la réalité.
    En Tunisie, Karim n’aurait pas quitté la prison.

    http://tunisie-harakati.mylivepage.com

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