LA METALLURGIE TIENT TETE A LAURENCE PARISOT
March 5, 2008L’épreuve de force continue entre les deux fédérations patronales. Le Medef cherchant à accroître son contrôle sur l’UIMM qui résiste.
Vingt-cinq minutes auront suffi pour constater le désaccord. La rencontre, mardi matin, entre Laurence Parisot, présidente du Medef, et Frédéric Saint-Geours, patron de l’Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM), est restée stérile. À l’exception des départs définitifs de l’ancien président de l’UIMM, Denis Gautier-Sauvagnac, de son adjoint, Dominique de Calan et de Michel de Virville qui a quitté la présidence de l’Unedic ; le Medef n’a pas réussi à faire plier la puissante fédération de la métallurgie.
L’UIMM refuse de rendre la centaine d’autres mandats qu’elle détient au nom du Medef. Ces mandats nationaux concernent notamment des postes à l’ANPE, à l’Unedic ou au Conseil économique et social. Or par la voix de son président, l’UIMM souligne le caractère indispensable de l’expertise qu’elle détient en matière de relations et de négociations sociales et appelle à stopper l’hémorragie de postes laissés vacants par MM. Gautier-Sauvagnac, Calan et Virville.
Mais plus que la question des mandats, c’est une lutte de pouvoir qui se joue au sein du patronat français, Laurence Parisot essayant d’étendre son influence sur l’UIMM, premier contributeur financier du Medef. Frédéric de Saint-Geours a annoncé que les comptes de sa fédération pourraient être certifiés dès cette année. Une manière de montrer patte blanche au Medef quand Laurence Parisot réclame davantage de « transparence et de clarté » et n’entend pas en rester là.
Ces dissensions interviennent en pleine négociation entre syndicats et patronat sur la représentativité et le financement des syndicats et sur la convention d’assurance chômage.
: Pierre Cheminade
Article publié le mercredi 05 mars 2008 dans Ouest France
Posted by Pierre Cheminade