SARKOZY RECULE SUR LES 35H
« Il n’est pas dans l’intention du gouvernement de supprimer la durée légale du travail » a déclaré mercredi soir Nicolas Sarkozy dans une sorte de mise au point surprenante devant les parlementaires réunis à l’Elysée. Après avoir souhaité la veille, mardi 9 janvier, lors de sa conférence de presse, la fin des 35 heures, le président de la République recule pour mettre fin à la polémique.

Nicolas Sarkozy a-t-il tenté de passer en force avant de se raviser devant la colère des syndicats et des socialistes ? C’est ce qu’affirment les leaders syndicaux qui se sont évertués à démontrer dans tous les médias que favoriser les heures supplémentaires tout en supprimant les 35 heures était parfaitement contradictoire. Ce n’est pourtant pas dans l’habitude de Nicolas Sarkozy de reculer à la première opposition.
En réalité, lors de sa conférence de presse du 8 janvier, le président de la République a cédé à un excès de franchise. Le fond de sa pensée est bel et bien de démanteler les 35 heures. Conformément à son adage de la campagne présidentielle : « faire ce que l’on dit et dire ce que l’on fait », il décide le 8 janvier d’enterrer les 35 heures en le clamant haut fort. Ni une ni deux, le 9 janvier, il juge plus avisé, et surtout plus efficace politiquement, de les enterrer tout en prétendant le contraire.
Cet embrouillamini semble ainsi relever de la simple erreur de communication, chose rare, il est vrai, chez Nicolas Sarkozy. Mais aussi, et c’est plus habituel, d’un manque flagrant de coordination avec le gouvernement, à l’image de son annonce sur la fin de la publicité sur les chaînes publiques, qui a surpris tout autant journalistes et ministres.
L’hésitation sur les 35 heures n’était finalement qu’un mauvais numéro d’improvisation qui ne changera rien au scénario : le gouvernement a effectivement l’intention d’abolir la durée légale du travail. Dans l’esprit de Nicolas Sarkozy, le plus tôt sera le mieux.
: Pierre Cheminade