LA FINLANDE PREMIERE DE LA CLASSE

EDUCATION. Selon une étude de l’OCDE sur le niveau des élèves dans de nombreux pays, la Finlande fait la course en tête. Autonomie et flexibilité sont les ingrédients de ce succès.

En matière d’éducation, le modèle finlandais serait-il le meilleur au monde ? Les résultats d’une récente étude internationale menée par l’OCDE, l’enquête PISA 2006 publiée au mois de novembre (1), ne disent pas le contraire : à 15 ans, le niveau des élèves finlandais surpasse de loin celui de tous leurs camarades issus de 57 pays d’Europe et d’ailleurs.
S’il n’y pas de recettes miracles dans ce domaine, l’exemple finlandais propose des pistes intéressantes notamment au sujet de la place et des outils de l’Etat dans la politique d’éducation. En Finlande, l’école est obligatoire et gratuite, pour chaque tranche d’âge, de 7 à 16 ans. Ce bloc de neuf années d’enseignement scolaire n’est sanctionné par aucun examen formel comme on a l’habitude d’en voir sous nos latitudes.
Mais que font donc les élèves finnois à l’école ? En réalité, cela dépend de chaque établissement. Le système finlandais repose sur deux piliers : autonomie et flexibilité. Si 99% des écoles finlandaises sont publiques, chaque établissement dispose d’une autonomie inimaginable en France.
L’enseignement scolaire est bien supervisé par le ministère de l’Education et le bureau national de l’Education mais, depuis 1972, il est à la charge des communes. L’Etat se contente d’élaborer un plan d’orientation pour l’Education, l’Université et la Recherche, validé tous les quatre ans par le gouvernement, qui vise à assurer un enseignement égal et de haute qualité pour tous, au-delà de l’origine sociale ou du handicap.

Un programme adapté à chaque école

Les municipalités ont alors la lourde tâche de le mettre en pratique pour garantir à tous les enfants résidants sur leur territoire un enseignement intégralement gratuit. La gratuité comprend l’inscription, l’ensemble du matériel scolaire, le repas de midi et le transport entre l’école et le domicile s’il dépasse 5 kilomètres.
A l’échelon municipal l’autonomie est également très importante. Chaque chef d’établissement se voit adresser par l’Etat une feuille de route à respecter en termes d’objectifs mais pas en termes de méthodes. Ainsi, le programme pédagogique et le nombre d’heures de cours consacrées à chaque matière sont définis école par école en fonction des difficultés particulières rencontrées par les élèves. En clair, si au sein d’une classe, les objectifs sont atteints plus tôt que prévus dans une matière, l’enseignement de celle-ci peut être stoppé au profit d’une autre matière jugée plus compliquée.
Tous comme les programmes pédagogiques, c’est le chef d’établissement qui gère le budget de manière autonome et qui recrute les enseignants en concertation avec les parents d’élèves. Cette concurrence entre les professeurs a tendance à tirer le niveau de savoir-faire pédagogique vers le haut. Ceci pour le plus grand profit des élèves finlandais.
Un fonctionnement efficace mais relativement peu onéreux. Le système finlandais affiche l’un des meilleurs rapports qualité prix par élève d’Europe. En 2006, l’Etat finlandais a consacré 6,1% de son produit intérieur brut à l’Education contre 6,3% pour la moyenne des pays de l’OCDE et 6,9% pour la France.
: Pierre Cheminade

(1) Tous les 3 ans depuis 2000, le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) de l’Organisation pour la Coopération et le Développement Economique évalue la compréhension de l’écrit, la culture mathématique et la culture scientifique des élèves des pays membres de l’OCDE ou non (57 pays et 400.000 adolescents au total pour PISA 2006).

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