LA TÊTE DANS LES NUAGES …

Une matinée de juillet, une montgolfière, un jeune journaliste. Résultat, un récit et un reportage photo à découvrir ici. Embarquement immédiat à l’Aérodrome des Artigues de Lussac en Gironde pour un vol magique au-dessus du Libournais et du pays de Coutras.

6h45, la campagne environnante est encore brumeuse en ce matin de juillet. L’immense ballon coloré de Luc Lambert commence tout juste à se gonfler d’air chaud. La nacelle est prête à accueillir les aéronautes en herbes pour un baptême de l’air qui s’annonce de toute beauté. Il faut encore patienter quelques minutes. Comme le dit Luc Lambert, un ballon est une vieille dame, il faut le manier avec précaution et courtoisie.

Michel et Jeannine Giraud participent aux préparatifs. Ils volent ce matin pour la première fois. Leurs trois enfants leur ont offert ce baptême de l’air en montgolfière pour le 61ème anniversaire de Michel. Le couple est visiblement impatient d’en profiter.

400 m. Une fois à bord, après avoir sagement écouté les consignes de sécurité, le brûleur réchauffe l’air du ballon et nous quittons doucement le plancher des vaches.
La voiture de Luc Lambert n’est plus qu’une fourmi tandis que l’aérodrome des Artigues de Lussac s’éloigne et disparaît bientôt à l’horizon. Une casquette vissée sur la tête nous regardons alors avec curiosité la vue qui s’offre à nous au fur et à mesure de notre ascension.

Nous atteignons rapidement une altitude de 400 mètres. Luc Lambert, en connaisseur, décrit les paysages du Libournais qui se dévoilent sous les rayons rasant du soleil levant. Nous distinguons les faubourgs de Libourne, le clocher de Saint-Emilion qui se détache sur la crète, les vignes à perte de vue, l’A 89 qui délimite visuellement le terroir de Fronsac, le cours de l’Isle, le château d’Abzac… Ces lieux qui nous sont si familiers, se montrent ce matin sous un jour inédit et enchanteur.

Liberté. Nous dérivons tranquillement vers le Nord. La montgolfière donne une étrange sensation de liberté et de tranquillité. C’est en effet le seul appareil à ces altitudes où l’on peut être debout, dans le calme, sans être attaché. Ajoutez à cela un temps splendide et vous découvrez un spectacle inoubliable.

Nous avançons au gré du vent. Luc Lambert qui pilote l’aéronef, est à l’avant. Il relâche un peu d’air pour redescendre lentement et mieux se repérer. Nous voilà rendu au-dessus des faubourgs de Coutras. Notre pilote qui fait de la montgolfière depuis une quinzaine d’années amorce l’atterrissage. A cause des vents imprévisibles, la montgolfière on sait où cela commence mais on ne sait jamais où ça s’arrête. Ce sera finalement à Coutras.

57 minutes. L’atterrissage secoue un peu mais tout se déroule sans encombres. Après 57 minutes nous voilà de retour sur terre. Trois personnes, intriguées, sortent de chez eux. Le petit Etienne, 6 ans, encore à moitié endormi, n’en croit pas ses yeux. Une immense montgolfière vient d’atterrir devant sa chambre. Curieux, il s’approche pour mieux contempler l’engin. Il repartira finalement, comme tous les passagers, avec un certificat officiel d’ascension en montgolfière.

Encore quelques minutes pour plier les 120 kilos de toile et retour au point de départ, mais en voiture cette fois. De l’avis de tous, voilà une expérience inoubliable, à renouveler même. Et chacun de rentrer chez soi avec la tête encore dans les nuages, pleine de paysages magnifiques.

: Pierre Cheminade

Renseignements : Lambert Voyages au 05 57 74 19 10 ou à lambert.voyages@wanadoo.fr
Départ des Artigues-de-Lussac ou de Saint-Emilion, tôt le matin ou en soirée.

La Montgolfière. Comment ça marche ?

1200 mètres² de toile, 10 km de coutures, 21 mètres de hauteur pour 16 mètres de diamètres, le tout pour accueillir pas moins de 3 000 mètres³ d’air. Les caractéristiques du ballon sont conséquentes. Sans compter qu’un aéronef comme celui-ci peut s’élever à plusieurs centaines de mètres de hauteur en quelques minutes. Les plus téméraires peuvent aller jusqu’à 5900 mètres d’altitude. Dans la région, les vols sont limités à 800 mètres.

Le principe est simple. Un mètre³ d’air pèse 1200 grammes. Mais, chauffé à 90°C, ce même mètre³ ne pèsera plus que 1000 grammes. Phénomène physique suffisant pour nous permettre de voler dans les airs au gré des vents. Comment chauffe-t-on l’air ? Grâce à du propane contenu dans quatre bouteilles de gaz de 40 litres chacune. Ces réserves assurent une autonomie d’environ 90 minutes pour quatre passagers.

Article également paru le 02 août 2007 dans Sud Ouest, édition Libournais et Pays Foyen.

One Response to “LA TÊTE DANS LES NUAGES …”

  1. François Says:

    blog décalé et plaisant à lire. Je compte bien y passer très régulièrement.

    F.C.

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