LA RUE SE MOBILISE CONTRE LA POLITIQUE DU GOUVERNEMENT
SOCIAL. Plusieurs milliers de manifestants ont défilé hier dans le centre ville de Bordeaux pour protestercontre la réforme des régimes spéciaux de retraite et bien d’autres dispositions gouvernementales.
Ils étaient entre 3000 et 10000 manifestants, hier, dans les rues de Bordeaux.
Retraites, salaires, santé, immigration, éducation ou encore chômage : les motifs de mécontentement étaient nombreux hier dans les rangs des manifestants bordelais. L’appel à la mobilisation des syndicats de cheminots et d’agents EDF-GDF a rassemblé, selon les sources, entre 3000 et 10000 personnes à la mi-journée dans le centre ville.
Mot d’ordre du jour: « grève contre la réforme des régimes spéciaux de retraite et pour la défense de l’emploi et du fret ferroviaire ». Mais au delà, c’était l’occasion pour beaucoup de manifestants - salariés du privé ou du public, retraités, commerçants ou étudiants - de protester ensemble contre la politique de Nicolas Sarkozy dans sa globalité.
A Bordeaux, un symbole fort : pour afficher la solidarité entre secteur privé et secteur public, le défilé en faveur des régimes spéciaux de retraite était mené par des employés soumis au régime général. C’est la délégation des salariés de Ford (Blanquefort) et de Solectron (Canéjan) qui a ouvert le cortège. « Même si nous venons d’une boîte privée, nous voulons aussi un système de protection sociale solidaire : que le régime général s’aligne sur les régimes spéciaux, et pas l’inverse » explique Eric, délégué CGT chez Ford.
Un avis partagé par la plupart des manifestants comme Danielle, une commerçante, militante au PCF, et qui vient défiler par solidarité : « C’est honteux de qualifier les régimes spéciaux de privilèges, le gouvernement veut tout niveler par le bas».
« Tout le monde est concerné »
Le cortège cristallise aussi une somme de revendications sociales plus large que le seul problème des régimes spéciaux de retraite. Des infirmières du CHU de Bordeaux sont venues pour dénoncer la réforme des régimes spéciaux mais aussi et surtout le projet du gouvernement d’instaurer des franchises médicales.
Juste derrière, ce sont les étudiants et la Ligue communiste révolutionnaire qui se font entendre en réclamant le retrait de la loi Pécresse sur les universités. Quelques mètres plus loin, c’est au tour des personnels de l’ANPE et des Assedic de protester contre le projet de fusion de leurs services.
Les cheminots et les agents EDF-GDF, à l’origine de cette journée de manifestation, sont satisfaits par la mobilisation. Selon, Florent, 25 ans, syndiqué à Sud Rail « le gouvernement s’en prend frontalement à nous parce que nous sommes le dernier bastion syndical. Mais si nous cédons, il aura les mains libres et c’est tous les travailleurs qui paieront l’addition. Tout le monde est concerné par les mesures prises par ce gouvernement sauf quand il s’agit des cadeaux fiscaux ».
Les principaux syndicats se sont donnés rendez-vous lundi 22 octobre pour décider de la suite à donner à leur action.
: Pierre Cheminade
Encadré:
Il y a eu trois manifestations, hier, dans le centre ville de Bordeaux, réunissant entre 3000 et 10000 personnes. Les cheminots, partis de la gare Saint Jean vers 10h, ont rejoint, en fin de matinée, les retraités et les autres salariés place de la République. L’important cortège s’est ensuite dirigé, dans le calme malgré quelques fumigènes, vers la place de la Bourse. Lancée, à l’appel de huit syndicats de cheminots (CGT cheminots, CFDT, FO, CFTC, Sud Rail, CFE-CGC, l’Unsa et la Fgaac), cette journée a réuni de très nombreuses organisations syndicales ou associatives opposées à la politique du gouvernement de François Fillon.