Archive for Travaux pour l'IPJ

Vendredi, décembre 5th, 2008

“Nous préconisons un vrai débat public sur l’avenir de la Poste”

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Jean-Paul Bailly, directeur de La Poste, souhaite avec le soutien du gouvernement la transformation du statut de La Poste en société anonyme et l’ouverture de son capital pour affronter la libéralisation totale du courrier en 2011. Les syndicats s’opposent massivement à cette initiative. Une journée de mobilisation est organisée samedi, à l’appel des cinq syndicats majoritaires.

3 questions à Nicolas Galepides, administrateur salarié du groupe La Poste PTT et co-animateur du Comité national de mobilisation contre la privatisation de La Poste, pour un débat public et un référendum sur le service public postal.

Cinq syndicats appellent à la mobilisation. Comment expliquer ce combat unitaire ?

C’est une réaction unanime face à une tentative d’intimidation, un culte du secret de la part du gouvernement. Fin 2007 a eu lieu la présentation du plan financier 2008 – 2012. En juillet (ndlr : 2008), Jean-Paul Bailly et le gouvernement annoncent qu’ils réfléchissent à la privatisation de La Poste. On a voulu nous prendre pour des idiots en votant un budget qui ne veut plus rien dire avec le changement de statut. Alors les syndicats font bloc.

La direction soutient que l’ouverture de son capital est indispensable pour une modernisation estimée à 3 milliards d’euros environ. Quelle alternative préconisez-vous ?

D’abord, un vrai débat public qui réunirait les usagers, les salariés, les professionnels. FO propose d’aller plus loin encore en ouvrant un référendum d’initiative populaire. Mais ces 3 milliards je les conteste, il faudrait plutôt 15 à 20 milliards. Des nouveaux bureaux de poste avec des points Internet, plus de gens derrière les guichets, tout cela coûte cher.

Quelles sont les conséquences néfastes que l’on peut attendre sur les services de poste ?

Consultez le site de la commission européenne ! Elle reconnaît elle-même que les prix ont augmenté dans les pays où les services de Poste ont été libéralisés. Et puis la qualité du service stagne car des licenciements sont à prévoir. L’Autriche prévoit 34% d’emplois en moins et la disparition de la moitié des bureaux en cinq ans.

Lundi, novembre 24th, 2008

Droit au logement condamné à 12 000 euros d’amende pour son occupation rue de la Banque

PARIS, 24 nov 2008 (AFP) – L’association Droit au logement (DAL) a été condamnée lundi après-midi à 12 000 euros d’amende par le tribunal de police de Paris pour l’installation de tentes rue de la Banque dans le IIe arrondissement de Paris durant l’automne 2007 a-t-on appris auprès du collectif.

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Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole et président de l’association a déclaré que le tribunal de proximité du XIXe arrondissement a infligé « quatre amendes de 3 000 euros au DAL et la confisquation du matériel pour dépôt ou abandon d’objets embarassant la voie publique ». C’est inférieur aux réquisitions du procureur qui avait réclamé 100 euros par tente, soit 32 000 euros en tout.

Malgré tout, « nous dénoncons cette attaque contre DAL qui a permis de reloger des centaines de familles. Après 18 ans d’actions à Paris et en province, c’est la première fois que l’association est poursuivie et condamnée » a-t-il regretté. Le DAL a annoncé son intention de faire appel. Selon le collectif, seul un tiers des 374 familles à reloger le sont effectivement, « malgré l’engagement écrit de l’Etat. C’est le monde à l’envers puisqu’un an après, c’est l’Etat qui poursuit l’association ».

Jean-Baptiste Eyraud a aussi prévenu que cette décision pouvait faire jurisprudence: « s’ils le font à DAL, ils peuvent le faire à n’importe qui. Il va falloir que les sans-abris se cachent dans les caves, les bois, les voitures pour ne pas être poursuivis » a menacé le porte-parole de l’association.

DAL rue de la Banque

Du 3 octobre au 15 décembre 2007, 374 familles sans-logis ou très mal logées avaient installé un campement de tentes rue de la Banque, dans le IIe arrondissement de Paris, pour obtenir un logement décent. Un accord de relogement avait été signé avec le ministère du Logement mais le tribunal de police avait demandé des comptes à l’association.

Jeudi, octobre 30th, 2008

Une sans-papiers dénoncée après son passage en mairie

Une sans-papier d’origine équatorienne, résidant dans le Ve arrondissement, a été convoquée au commissariat, un mois après avoir inscrit son fils à l’école. On lui avait demandé son titre de séjour, titre qu’elle ne possède pas. La mairie l’aurait alors dénoncée aux services de police. L’affaire a été rendue publique par Libération. Bénédicte Kermadec, membre du collectif vigilence RESF du XIIe arrondissement, dit avoir été extrêmement choquée.

Jeudi, octobre 16th, 2008

En race campagne

Si le sujet a été évité lors du débat d’hier soir, la campagne présidentielle américaine est de plus en plus dominée par la question raciale. Ils sont nombreux, comme David Greenberg, professeur de journalisme et d’histoire à l’Université Rutgers (New Jersey), à estimer que la couleur de peau de Barack Obama puisse jouer en sa faveur. Les derniers sondages ont donné jusqu’à quatorze points d’avance au candidat noir. Les électeurs auraient ainsi la possibilité de réaliser le rêve de Martin Luther King. Oui mais… Oui mais depuis une semaine, les attaques personnelles contre Barack Obama se multiplient dans le camp républicain.

L’usage répété de son deuxième prénom, Hussein, fait appel aux vieux stéréotypes du « musulman et de l’étranger à la patrie » souligne Libération. Pap Ndiaye, historien et professeur d’histoire à l’EHESS, y rappelle qu’un rapport de chercheurs de l’université de Stanford fait état d’une perte de 6% des votes pour Obama en raison de sa couleur de peau. C’est « l’effet Bradley », en référence à Tom Bradley, maire noir de Los Angeles de 1973 à 1993, qui échoua de très peu à devenir gouverneur de Californie en 1982, alors que les sondages l’avaient placé loin devant son adversaire. Pas sûr en effet que ceux qui assurent aujourd’hui voter pour Barack Obama ne doutent et changent d’avis une fois dans l’isoloir. Sauf si le vote par correspondance venait à son secours, réplique Robert Melcher sur son blog.

Autre question, posée sur le blog “Elections US” de Libération, le coup de fouet de McCain (dont on peut voir la vidéo ici) est-il vraiment raciste? Certains s’insurgent. D’autres soutiennent que, si cette expression est familière et vulgaire, elle n’est pas raciste en soi. Cette phrase fait néanmoins revenir en arrière. Le souvenir du passé esclavagiste de l’Amérique est encore bien présent. Pierre Lagayette, professeur de littérature et civilisation américaines à la Sorbonne, pense pour sa part qu’il est « plus facile de parler du racisme aux Etats-Unis quand on est en France ». Toutefois, les médias américains ont aussi pris le sujet à bras le corps: même la très conservatrice chaîne Fox News relate son « whip his you-know-what ».

Mais un autre débat met le feu aux poudres. Barack Obama est-il noir, métis, Afro-américain? La force d’Obama est « d’établir un pont entre vote blanc et vote noir » semble répondre Orlando Patterson dans les colonnes du Monde. Fils d’un père kényan et d’une mère blanche, il est métis et rassemble. Les avis divergent sur la possiblité de lui attribuer, ou non, le statut d’Afro-américain. Cependant, il se définit comme noir et veut même incarner le premier candidat “post-racial”, souligne Philippe Gélie dans son “Billet de Washington” pour Le Figaro. Les mots pèsent lourd et doivent être maniés avec précaution. Néanmoins, la sémantique a la vie dure aux Etats-Unis.

En témoigne cette vidéo où une supportrice de John McCain semble confondre « Arabe » et musulman.

Mercredi, octobre 15th, 2008

Indigeste

Bénabar a sorti hier “Infréquentable”, son cinquième album. Il a aussi tourné, en 2008, dans le film Incognito, avec Franck Dubosc. Cet indéboulonnable de la scène retourne donc à sa première passion, le cinéma. Malheureusement pas incisif pour un sou, cet indolent de la nouvelle scène française nous laisse bien indifférent. Insipide qu’il le reste, invisible qu’il le devienne.