« Une étoile au Michelin, c’est suprême »
Le fameux guide culinaire sort aujourd’hui en librairie. L’occasion d’aller à la rencontre de futurs cuisiniers, pour qui les étoiles restent la référence.

« Au menu aujourd’hui, croustade d’oeufs brouillés, filet de sole et crème brûlée ». Une odeur de caramel flotte dans la cuisine. Quinze apprentis en première année de BEP s’activent aux fourneaux pour réussir le menu du jour, au centre de formation des apprentis des 3 Villes.Au programme du cours : la pâte feuilletée. « La faire, c’est simple. La réussir, c’est autre chose », plaisante le chef Delhommeau. Rouleau à la main, il montre à ses apprentis la technique de la pâte feuilletée. « En première année de BEP, les élèves apprennent les bases, ainsi que la cuisson et l’assaisonnement, les deux clés de voûte de la cuisine », explique-t-il. Une fois les bases assimilées, les apprentis peuvent rêver aux étoiles du Guide rouge. Pour Adeline Jeanneau, 15 ans, « le Michelin, c’est suprême. Je veux rentrer dans un grand restaurant étoilé. C’est ce que je veux faire, et je ne vais pas m’arrêter. »
Et Adeline a de quoi espérer. Deux élèves du CFA travaillent actuellement dans des restaurants une étoile, aux Jardins de la Forge à Champtoceaux et au Bistro de Paris à Laval. Les apprentis rencontrent également dans l’année des chefs étoilés, comme David Etcheverry du restaurant Le Saison à Rennes.
Un rythme de travail effréné
Soudain, l’odeur du poisson se mêle à celle du caramel. Il est l’heure pour les apprentis de passer au « filetage » du poisson, avec pour cobayes une sole et un merlan. Bien que le rythme de travail soit soutenu, « le CFA permet de souffler un peu. C’est plus cool qu’en entreprise », explique Matthieu Labarre, 15 ans, apprenti à L’Edelweiss à Laval.
Durant leur scolarité, les élèves de BEP sont en apprentissage : trois semaines en entreprise et une à l’école. Pour Matthieu, « l’entreprise est la meilleure des écoles ». Mais il avoue que « c’est un peu dur au restaurant. Je travaille plus de 35 heures ! »
Penchée sur son poisson, Ophélie Roudier, 17 ans, n’a pas peur de la cadence effrénée des cuisines étoilées. « Les étoiles, c’est la classe », s’exclame-t-elle. Apprentie à La Bonne auberge de Laval, sa passion pour la cuisine lui a été transmise par son arrière-grand-père. Les yeux remplis de fierté, elle explique qu’« il a travaillé pour le roi du Maroc et sur le bateau France ». Son but ? « Ouvrir son propre restaurant et être un chef reconnu… Et étoilé si possible ! ».
Olivia AUDEMAR.
Ouest-France (6 mars 2008)