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C’est quoi au juste un débat sur l’identité nationale?
Un exutoire de Français mal dans leur peau? Une discussion de fond sur l’avenir de la société française? Pour en avoir le coeur net, je décidais de m’y rendre.

Mardi 15 décembre. Eric Raoult, député-maire du Raincy, connu pour ses multiples sorties verbales, organise le débat dans sa ville. Rendez-vous est donné à la salle des fêtes Thierry Le Luron.
Quelques centaines de personnes se pressent à l’entrée, des personnes du troisième âge pour la majorité.  A l’entrée de la salle, les contrôles d’identité et les palpations font partie du cadre. Eric Besson, le ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale est attendu. En vain. Trop occupé à expulser des Afghans, il décline finalement l’invitation au grand dam du public auprès duquel Eric Raoult explique que ce « n’était pas de la publicité mensongère ».

La discussion débute par un premier tour de micro à la tribune. Sont présents les maires UMP des communes voisines (Pavillons-sous-Bois, Villemomble, Coubron) ainsi que le sous-préfet du département. Eric Raoult justifie ce débat parce qu’il « en a marre  (en tant que Français) de se faire culpabiliser ».
Philippe Dallier, sénateur-maire de Pavillons-sous-Bois, entame un récapitulatif historique de l’immigration en France empli de raccourcis. (extraits sur la vidéo) Il insiste néanmoins sur « ces gens venus parfois d’un autre continent » : « Aujourd’hui, ils sont là, ils sont français, je crois qu’il faut se le dire, se le répéter, s’en imprégner…et pourtant la forme d’intégration n’a pas été la même que par le passé. »

Les interventions sont très diverses. Le premier quidam, (qui donne du « mon cher Eric » au maire du Raincy), rappelle la définition de De Gaulle et se plaint d’être le « seul Gaulois dans le bus ». Un autre rappelle que si les étrangers ont des « droits, ils doivent aussi avoir des devoirs ». On s’y perd parfois, mais de qui parlent-ils donc? Un élu lui répond et évoque des jeunes issus de l’immigration (de surcroît des Français donc..) qui « ne connaissent pas le système et à qui nous (les élus) devons tout apprendre. » (voir vidéo)

Les élus tentent de désamorcer la bombe, les interventions du public se focalisant exclusivement sur la place des immigrés en France.

A ceux qui attendent beaucoup de ce débat, la déception risque d’être grande. Loin de provoquer de l’enthousiasme au sein de la population, les discussions font la part belle aux idées du Front National et ravivent la flamme d’individus en quête de tribune pour exprimer leur désespoir d’un pays « qu’ils ne reconnaissent plus ».

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Santos: coupable ou bouc émissaire?

Posted by: msandid | 6 novembre 2008 | No Comment |

Santos Mirasierra est incarcéré en Espagne depuis le 3 octobre. L’un des procureurs chargé de l’enquête a requis 8 ans de prison à son encontre. Le supporter marseillais est accusé de “trouble de l’ordre public” et “d’attentat contre l’ordre public” après les heurts dans les tribunes lors du match entre l’Olympique de Marseille et l’Atletico Madrid. Le franco-espagnol nie en bloc et affirme être une “tête de turc”.

34 jours. Depuis le 1er octobre, Santos Mirasierra est emprisonné en Espagne. Membre du commando Ultra de l’Olympique de Marseille, le jeune homme d’origine espagnole est accusé de violences contre les forces de l’ordre qui voulaient retirer une banderole des supporters marseillais.
Ce fut le début des incidents (voir vidéo)

Les événements se sont rapidement emballés. Aux violences policières, ont succédé des jets de chaise et une rixe sur le parking du stade et cerise sur le gâteau, l’arrestation manu militari de Santos Mirasierra, “capo” des Ultra.
8 ans de prison ont été requis contre lui, les procureurs retenant deux chefs d’accusation : “trouble de l’ordre public” et “attentat contre l’ordre public”, ce qui fait 4 ans pour chacun.

Dans un entretien au quotidien sportif madrilène AS, le supporter à la queue de cheval clame son innocence.
“J’ai été arrêté parce que les policiers connaissaient mon visage, j’avais longuement parlé avec eux”, déclare-t-il depuis sa prison dans le nord de Madrid. Il remet en cause les théories des policiers espagnoles.
“Je n’ai commis aucun délit. Je suis en prison depuis le 3 octobre en raison de déclarations de policiers qui se contredisent”, insiste-t-il, tout en affirmant être resté “en bas des gradins” au début des incidents. “Je suis le coupable idéal, la tête de turc”.
Les supporters marseillais ont depuis manifesté leur soutien avec leur “collègue” enfermé. Les joueurs lui ont également rendu hommage en revêtant un tee-shirt avant un match de championnat de France à Valenciennes.
«Il n’y a pas un jour où son nom n’est pas prononcé dans les vestiaires ou dans les salles de soin. J’ai vu des gens qui n’ont vraiment rien fait se faire frapper comme des animaux. En tant qu’entraîneur sportif, j’ai honte”, s’est indigné Eric Gerets, l’entraîneur de l’OM.
Les recours et les pétitions envoyés au ministère des Affaires étrangères et à l’Elysée sont pour le moment restés sans suite..
A suivre

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Les sifflets du Stade de France ont suscité de nombreuses réactions politiques en France. La polémique a pris une ampleur considérable. Les quotidiens du Maghreb se sont aussi penchés sur ces faits, s’interrogeant sur les condamnations exprimées à Paris. Tour d’horizon des médias en ligne de l’autre côté de la Méditerranée.

“Les Maghrébins sont-ils allergiques à La Marseillaise?”. Une question à laquelle Franck Salin du quotidien en ligne afrik.com (http://www.afrik.com/article15453.html) a tenté de répondre. Selon l’auteur, la réaction politique est légitime : “Il est nécessaire, et de bon ton, pour les élus et représentants français, de s’élever contre cet acte.”
Toutefois, le journaliste ironise sur la proposition « radicale » du secrétaire d’Etat aux sports, Bernard Laporte, de “ne plus disputer de matchs contre l’Algérie, le Maroc et la Tunisie au Stade de France”. Une manière, toujours selon l’ancien entraîneur de l’équipe de France de rugby, de ne plus donner « “le bâton pour se faire battre.” Les précédents cas de non-respect de l’hymne français – face à l’Algérie en 2001 et face au Maroc en 2007 – ont échaudé les responsables qui semblent décider à ne plus connaître pareille mésaventure.

Une proposition qui ne manque pas d’étonner dans les pays concernés. Pour Raouf Khalsi du quotidien tunisien Le temps.com.tn, les réactions suscitées sont “parfaitement compréhensibles” même si “la tentation xénophobe est latente.” Le journaliste reconnaît qu’à Tunis, “nous nous sommes sentis désolés jusqu’à une certaine limite”, car selon lui, les médias français “n’avaient cessé de surchauffer l’ambiance misant sur ces sifflements.”

Les journalistes s’accordent sur plusieurs points: tout d’abord, la volonté du gouvernement français de politiser cette question. Selon le journaliste d’afrik.com, “la crise aidant, faire assaut de nationalisme et évoquer des sanctions disproportionnées en réponse à cette phénoménale agression est la réponse la plus facile que peut donner un politique.” Le journaliste tunisien Raouf Khalsi surenchérit: “le problème n’est pas franco-maghrébin, mais bien franco-français.” Et de rappeler que La Marseillaise avait aussi été copieusement couverte par les huées d’une partie du public corse, lors de la finale de la Coupe de France opposant Bastia à Lorient en 2002. Le Président Chirac avait même quitté la tribune officielle à ce moment-là.

Ensuite, l’acte en lui-même est discuté pour en saisir la cause. Le même terme revient pour caractériser cet acte: “malaise”. Pour Raouf Khalsi, “ce genre de débordement se produit parce que les Français d’origine maghrébine ont un sérieux problème identitaire.” Franck Salin, quant à lui, parle d’”un passé colonial mal digéré et toujours douloureux.” Il ajoute que “le racisme et la discrimination à l’emploi et au logement envers les Maghrébins et les Français d’origine maghrébine continuent de sévir en France, que les immigrés africains sont stigmatisés dans les médias et les discours politiciens, ceux qui se sentent humiliés, dénigrés, réagissent en s’attaquant aux symboles de la Nation qui les rejette.”

Les sifflets seraient donc une manifestation de l’intégration manquée pour de nombreux Français d’origine immigrée? Pour Franck Salin, le problème n’est pas “irrémédiable.” “La lutte contre les discriminations doit s’intensifier (…) pour qu’un jour, aucun Maghrébin ne songe plus à souiller les symboles de la République française, et que tous les enfants de la Patrie chantent en cœur La Marseillaise.”

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Jacques, le fermier des cités

Posted by: msandid | 16 octobre 2008 | No Comment |

C’est l’histoire d’un personnage anonyme. Son rôle est pourtant primordial à Clichy-sous-bois et Montfermeil, en Seine-Saint-Denis, tristement connue pour avoir été le théâtre d’émeutes urbaines en novembre 2005. Jacques est agriculteur à Vaujours. Depuis plus de 25 ans, il livre du lait au domicile des habitants des quartiers. Portrait d’un homme hors du commun.


tdf 2.0
envoyé par le-jipez
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