Episode 2 : Décalage horaire
Le décalage horaire est un problème bien connu mais vicieux…
Tout le monde vous en parle : “alors pas trop fatigues? vous vous reposez bien?”
On nous avait dit le premier jour ”vous vous reveillerez à quatre heures du matin, vous serez morts des 6heures du soir…”
et point du tout…
Première nuit, couchés a 9 heures, levés a 8 heures: pas mal, franchement on était pas peu fiers de se jouer avec dextérité des pièges de Chronos…
par la suite, c’est très vite devenu tranquille, bon en général, j’étais HS a 9 heures, mais ca va… le matin 8/9 heures, de vrai Canadiens quoi…même hier j’ai fini sans fatigue ma fiche de lecture de Nico à 1 heures du matin soit 7 heures du matin en France: pas mal, non ? (j’espère juste que nico considèrera pas que j’ai un jour de retard…)
en fait, le pbm c’est que la bête est vicieuse.
je me sens en forme, mais je perd la tête…
si, si
genre premier jour, on prend le taxi pour changer d’hôtel. Une fois à l’auberge,… euh où est mon sac à main? bon, alors j’appelle la tante de Mat pr savoir si c’est pas chez elle… bien entendu, elle panique un peu, ça, c’est les vieux, ils sont un peu à cheval, sur les sac à mains, les choses de valeurs, la propriété privée, quoi…) bon, j’essaie de la (et de me) rassurer, pas grand chose dans ce sac, qui bien sûr n’était pas chez elle… tout va tres bien madame la marquise a part mon appareil photo tout neuf…
Branle-bas de combat, sur la base de trois indices et une intuition, je tente une recherche internet pour retrouver la compagnie de taxi, que j’appelle en tentant tant bien que mal de découvrir le taxi et le taximan et le type me dit qu’il commence les recherches.
Bref, tout ça pour découvrir que j’avais simplement oublié mon sac dans l’entrée de l’auberge. Il m’attendait bien gentiment accroché au porte-manteau, avec mes vieilles chaussures dont je n’avais pas même remarqué l’absence (elles étaient un peu vexées d’ailleurs).
Je voulais faire comme si de rien était mais Matthieu a fait son rabat-joie genre on est sérieux et gentils et m’a forcée à rappeler la compagnie de taxi, m’excuser tout ça. Relou.
N’empêche que bien mal lui en pris parce que quelques heures plus tard on s’apercevait qu’on avait oublié ses chaussures à lui dans le taxi. Et toc.
Le lendemain, après un mail de Nico (Nico, c’est mon prof d’événement et événement, c’est une matière à Sciences po, si, si je vous expliquerai une autre fois) pour refuser ma demande de délai supplémentaire pour la fiche de lecture, ce qui me laissait donc à peine deux jours chrono pour trouver le livre, le lire et faire la fiche (sans compter le décalage horaire… le revoilà celui-là) , je passais donc ma matinée à courir les rues par un temps des plus frais pour trouver une librairie, puis une librairie francophone, puis une librairie francophone qui vende plus de trois livres dans son rayon philo… enfin je me retrouve apres trois heures de marche à rentrer bredouille trois numéros de tel en poche et après cinq coup de fil je trouve la seule librairie de Montréal qui a l’unique exemplaire de PENSER L’EVENEMENT de Arendt. Je m’y rend le soir, je ramène le bouquin (rappelons, que je n’avais dès lors plus que le lendemain pour le lire et tout). Et qu’est-ce que je fais ? Je l’oublie chez la tante de Matthieu! Pas conne, la fille… Et puis je suis pas passé pour l’abrutie de service qui oublie tout avec rigueur et acharnement auprès de sa tante, et ça c’est bien… Bref, on retourne le chercher et tout va bien.
Ce matin rebelote impossible de retrouver la clé du casier avec toutes nos affaires dedans…
je cherche partout et le pire c’est que je n’ai absolument aucune idée de l’endroit où cette foutue clé peut bien être. Comme à chaque fois, le pire n’est pas tant de perdre mais de n’avoir aucun souvenir d’avoir eu les choses, de les avoir rangées…
Donc, tout ça pour dire, que si on se sent pas trop fatigués, samerlipopette, j’oublie tout…je perds tout et ça c’est usant. J’ai l’impression d’avoir à nouveau quatre ans et quand Matthieu s’énerve, j’ai l’impression d’entendre mes grands-parents.
D’où le fait que je n’ai envoyé ce mail qu’aux amis, j’avais trop peur que la famille me chambre pendant trois ans a venir. Vous, au moins, vous n’allez pas en parlez au discours à mon mariage ? Non ?
Bon allez, je m’arrête là, je commence a etre longue. sinon, on a trouvé un appart, un appart très agréable, avec tout l’équipement moderne, bien situé… cool, quoi. Et surtout, un coloc trop sympa, il s’appelle Sean, il est étudiant en droit à Mac Gill (-c’est bien apparemment), il est grand, gentil, anglophone, je suis folle de lui (dirait Matthieu), mais c’est un garçon pas comme les autres, dirait-on dans star mania. Plus de nouvelles bientôt.