Réforme ou pas réforme ? Le sort du statut de l’AFP, inchangé depuis 1957, sera discuté au printemps prochaine par l’Assemblée nationale.

L’Agence France Presse va-t-elle mal ? C’est ce que les dernières péripéties traversées par l’agence internationale laissent supposer. Son PDG, Pierre Louette, a engagé un processus de réforme du statut de l’agence qui en modifierait sensiblement l’organisation. Le statut actuel, qui date de 1957, en a fait une agence sans actionnaires ni capital, gérée par un conseil d’administration constitué de représentants de la presse française, de l’AFP et des services publics. « C’est un statut assez bâtard, qui a ses avantages et ses inconvénients », explique Eric Lagneau, sociologue des médias, spécialiste du journalisme d’agence et journaliste au service Sports de l’AFP.
Des inconvénients bien pesés par Pierre Louette. Pour ce dernier, la transformation de l’AFP en agence multimédia est devenue une priorité. Une priorité dont le coût est estimé à 40 millions d’euros, une somme que l’agence, endettée au près de l’Etat et tout juste bénéficiaire pour l’année 2009, ne peut avancer.
« Le Conseil d’administration de l’AFP est en grande partie constitué de représentants de la presse française qui n’ont pas intérêt à voir l’agence devenir une agence multimédia qui s’adresserait au grand public et les concurrencerait. Ils veulent que l’agence reste un « grossiste » de l’information, » ajoute Eric Lagneau.
Une agence « service public »
Un constat qui a donc poussé Pierre Louette à proposer un projet de réforme qui transformerait l’agence en société nationale à capitaux publics. Ainsi l’agence bénéficierait d’un meilleur financement, mais public. Un projet que Louette a légitimé en avançant que l’AFP est un service public qui ne peut être rentable, car il se doit de couvrir des zones géographiques où presque personne n’envoie de journaliste. Un argument qui ne semble pas avoir convaincu les employés de l’AFP.
« La crainte des syndicats par rapport à ce projet de réforme est double, explique Eric Lagneau. D’une part, il y a la crainte d’une perte d’indépendance liée à une nationalisation. D’autre part, même si cela peut paraître contradictoire, il y a la crainte de la privatisation, par une nouvelle loi qui ferait suite à la réforme et qui ouvrirait le capital, comme cela s’est passé pour EDF GDF ».
Dans ce cas, l’acheteur de l’AFP aurait tout intérêt à se concentrer sur le développement unique des activités rentables de l’agence, au détriment de celles moins rentables, comme une couverture trop importante du globe.
Pour autant, le projet de réforme est défendu bec et ongles par l’actuel PDG de l’agence qui emploie 935 journalistes en CDI à travers le monde.
Un référendum sera organisé par les syndicats en son sein au cours du mois de janvier alors qu’une pétition sur internet pour l’indépendance et la survie de l’agence a déjà récolté plus de 20 000 signatures. « Cette réforme est encore trop floue et offre trop peu de garanties, assure Eric Lagneau. Les journalistes de l’AFP sont prêts à évoluer, mais pas au prix de leur indépendance. »
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C’est la toute première perception du dimanche matin : un air de jazz, souvent inconnu. Aigu et doux à la fois. Puis le soleil sur les paupières encore closes, cette vision rose-orangée veinée qui nous fait prendre conscience d’un monde extérieur, de l’autre côté de la douceur des couettes. Vient ensuite le réveil de ce corps lourd et engourdi, portant le poids de la nuit et de la semaine qui vient de s’écouler. Et l’incapacité à soulever les couettes, toujours jugées trop lourdes sur un corps toujours jugé trop faible. C’est la main droite, encore étourdie d’avoir agrippé l’oreiller une nuit entière, qui bouge la première. Elle effleure le sol, comme pour nous faire retomber sur terre, et le contraste entre le coton chaud de l’oreiller et le linoléum froid est salvateur. On reprend ses esprits peu à peu, en tentant d’éviter de retomber dans un rêve presque aussi doux que cet instant, chaud, indolent, prometteur. Prometteur par la douce couleur du soleil qui frappe les paupières encore à demi closes et annonce une belle journée. On cherche les fausses notes dans l’air de jazz qui ne nous a pas quitté depuis le réveil et on imagine peu à peu les musiciens de la rue Mouffetard, entourés de touristes. On se lève avec résignation pour traverser la pièce et ouvrir les volets, toucher des doigts de pied le carrelage gelé du balcon, saluer le Panthéon, et entamer un dimanche, qui pourrait bien vite nous ramener sous les couettes.
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Il est de ces rues de Paris où l’on aime à cultiver le côté pittoresque un peu cliché du Paris d’antan. Dans la rue Montorgueil (IIe), les fromagers, bouchers, poissonniers, fleuristes aux enseignes volontairement vieillies se succèdent le long de la rue pavée et côtoient les boutiques branchées plus récemment installées. Un contraste particulièrement apprécié des bobos qui peuplent le quartier. À La Grappe d’Orgueil, Une brasserie de la rue qui ne paye pas de mine, on ne se vante pas d’avoir été le décor d’une scène du Bal des Actrices, un film de Maîwenn sorti en janvier dernier. « Je crois que c’est une scène avec Jeanne Balibar, mais je n’ai pas vu le film » affirme d’ailleurs le patron du bar, un petit blond à la barbe de trois jours entretenue, qui ne quitte pas des yeux son Monde 2. Dans un coin, un homme venu lire le journal commande un martini dry “parce que James Bond c’est moi” dit-il, sans quitter non plus son journal des yeux.
Ce samedi après-midi là à La Grappe d’Orgueil, on est préoccupé par les histoires de cœur de Gaspard, le peintre de 27 ans aux yeux qui brillent qui, accoudé au zinc, sirote sa bière tranquillement. « Elle m’a promis de passer ici ce soir, » dit-il nonchalamment à l’attention des quelques clients du bar qui semblent tous bien se connaître. « Mais je sais qu’elle finit tard donc si elle vient vraiment ce serait magique.» Pour l’occasion, le vieux loup de mer à casquette qui vend des huîtres « de l’île de Ré » devant le troquet a délaissé sa vente pour en apprendre plus. Les clients venus par hasard sauront tout de la « charmante » Camille, passée il y a une semaine boire un verre et qui a laissé un souvenir brûlant à Gaspard l’habitué. Car ici on se raconte tout sans pudeur, comme dans un café de village, comme au café des Deux Moulins du Fabuleux destin d’Amélie Poulain et de son Paris peut-être pas tant que ça de carte postale.
Mélissa Boufigi
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Un aperçu du quartier Mouffetard/Contrescarpe/Panthéon où je vis, où j’ai étudié et que je ne quitterai jamais, même sous la contrainte.
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Il est bientôt 14 heures à l’espace de vente aux enchères Richelieu – Drouot. Au premier étage, les gens se pressent autour des portes de la salle 1 qui vont bientôt s’ouvrir. D’imposants buffets en bois aux poignées d’or et soigneusement étiquetées les entourent. Un petit homme rondouillard qui attend dans la file murmure à son voisin à la veste en cuir : « Il est en quel bois ce buffet selon toi ? » L’autre lui répond, un petit sourire aux lèvres : « Il faudra demander pendant la vente, tu lèveras le doigt ! » puis ils imitent tous deux un commissaire-priseur qui abat son maillet : « adjugé ! »
Autour d’eux, des acheteurs catalogue à la main qui tapent du pied, impatients de voir pour de vrai les œuvres sur lesquelles ils ont déjà leurs vues. Dans l’espace exigu, un ballet incessant de collectionneurs et de flâneurs qui semblent tout droit sortis de la campagne anglaise d’un roman d’Agatha Christie. Un moustachu en veste de tweed ajuste son foulard, un homme au complet gris, son mouchoir rose, assorti à sa chemise. Les catalogues qui présentent une succession d’huiles, d’estampes, de céramiques et d’eaux-fortes sont transformés en éventails sous l’effet de la chaleur.
Soudainement, dans un « oh » très théâtral, une femme à la choucroute grisonnante, le cou recouvert de perles, s’effondre au milieu de la file. Par flegme ou par peur de perdre sa place, personne ne s’affole. L’homme au complet gris lance un timide « Quelqu’un est-il médecin ? » qui ne reçoit aucun écho. Alors qu’une vieille dame toute ratatinée évente nonchalamment la victime sans que cela n’ait guère d’effet, deux employés en costumes noirs font leur apparition pour l’évacuer, calmement. Mais incapables de se frayer un chemin à travers la foule, ils finissent par la transporter dans la salle de vente, suscitant enfin l’émoi de l’assistance qui tente alors d’apercevoir les œuvres par les portes entrouvertes. Ne lui déplaise, ce sera la victime du malaise qui aura cette chance la première.
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Le IXème arrondissement de Paris est riche en passages, parfois presque entièrement abandonnés des commerçants

Passage des Panoramas, au 53, le salon de thé L'arbre à cannelle s'est installé dans les anciens locaux du chocolatier du XIXe siècle "Marquis" et en a gardé le toit, les miroirs et les colonnes.

à l'entrée du passage Verdeau, une confiserie à l'ancienne attire les touristes.

Beaucoup de bouquinistes, antiquaires, philatélistes sont installés dans les passages qui aiment à jouer sur le côté "Vieux Paris".

Les galeristes sont également très présents dans les passages. Certains comme celle-ci exposent leurs oeuvres dans des bacs dans la galerie même.
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C’est une « guerre » bien peu banale qui s’est engagée ces derniers jours Outre-Atlantique. La Maison Blanche, lasse des critiques continuelles lancées à l’encontre de Barack Obama dans les médias, et notamment sur Fox News, a décidé de riposter. Dans une interview publiée dans le New York Times du 12 octobre, Anita Dunn, la directrice de communication de la Maison Blanche déclarait que celle-ci traiterait désormais Fox News « comme elle traite ses adversaires ».
Le blog de la Maison Blanche n’y allait d’ailleurs pas de main morte le 30 septembre dernier contre Glenn Beck, animateur polémique vedette de l’émission « We the people » sur Fox News : « l’émission de glenn Beck a encore prouvé que rien ne méritait le respect quand cela pouvait servir à booster l’audimat »
Dans un article publié sur le site inrocks.com aujourd’hui, le magazine culturel, sous la plume du journaliste Fabien Cante, s’interroge sur cette bataille pouvoir versus médias. « En « perdant son sang froid », la Maison Blanche n’est-elle pas en train de conforter Fox dans un rôle d’opposant numéro un qui lui va comme un gant ? »
Une question qui peut paraître légitime en visionnant l’émission de Glenn Beck après les attaques de la Maison Blanche. L’animateur s’y « délecte » de cette polémique, pour reprendre l’expression des Inrocks, qui semble bien faire ses affaires. Il se moque ouvertement des attaques de la Maison Blanche, qu’il dit « plus préoccupée par sa guerre contre Fox News que sa véritable guerre en Afghanistan » et déploie même des petits soldats et un tank en plastique sur une carte de New York, à l’emplacement du siège de la Fox.
L’article des Inrocks cite également le journaliste Jason Linkins du Huffington Post, qui, dans sa tribune du 25 octobre soulignait que la Maison Blanche n’était pas en mesure de combattre Fox, indéboulonnable chaîne historiquement pro-républicaine dont l’audience n’est pas en berne.
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