Des centaines de soldats, des camions anti-émeutes, plus de cent journalistes. Nous ne sommes pas en marge d’un sommet du G8, mais bien sur les lieux de la manifestation des opposants de l’Autre Russie à Moscou interdite par le Kremlin.
Au lendemain du scrutin présidentiel russe, des dizaines de membres du parti libéral se sont réunis place Tourguenevskaia pour s’opposer à l’élection de Dmitri Medvedev, candidat adoubé par Vladimir Poutine. Ils font écho au rassemblement autorisé de deux mille personnes à Saint-Pétersbourg autour de Garry Kasparov, porte-parole de l’Autre Russie.Les journalistes ne veulent rien manquer. Sorte de mascarade médiatique, où les correspondants étrangers attendent caméra et appareil photo au poing que les quelques agitateurs se fassent arrêter brutalement. Une foule compacte entoure les jeunes gens. Après avoir scandé “Nous voulons une autre Russie”, ils dégainent une fusée de détresse rouge, et attendent la charge policière. Peu pourront s’exprimer devant les caméras, trop rapidement neutralisés par les forces de sécurité, en uniforme ou en civil. Dans une rue adjacente, des bus les emmènent au poste.
Ce jeu du chat et de la souris disproportionné durera à peine trente minutes. Une fois tous les manifestants embarqués, ne restent que les journalistes et quelques Russes qui apostrophent les policiers. Les photographes profitent de ce retour au calme pour s’approcher des jeunes en uniforme et les mitrailler en gros plan. Tout le monde est ensuite fermement poussé vers le métro.
Le nom du président a changé, mais pas ses habitudes.
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