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Les militants, des souffre-douleurs?

Posted by: Maureen Grisot | January 8, 2008 |

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Trois mois avant les municipales, les activistes retournent dans les rues pour « tracter » la bonne parole de leur parti. Quand la plupart des passants changent de trottoir, certains militants sont violemment pris à parti.

 

Emmitouflé dans son écharpe, un jeune homme distribue des tracts en face d’une rôtisserie. Les mains rougies par le froid, il tend inlassablement les papiers aux passants de la rue des Martyrs (9e arrondissement). Lassés, les promeneurs du dimanche font mine de ne pas le remarquer.

Benjamin milite depuis 2000 chez les Verts, d’abord à Anthony (92), puis dans le 9e où il s’est installé il y a quatre ans. Ce Parisien de 27 ans consacre une dizaine d’heures hebdomadaires à la direction de la campagne municipale. Pragmatique, il organise les élections, car dans la politique « on n’improvise pas, il faut connaître les réalités du terrain avant d’être élu. Et ces réalités, c’est en grande partie aller à la rencontre des électeurs ».

« Chez les Verts, on se prend souvent des gens bizarres »

« Qu’est-ce que vous racontez les mollassons? » l’interrompt un homme d’une cinquantaine d’années. L’oeil vif, il pousse un coup de gueule en agitant le tract vert. Avec véhémence, il reproche au parti écologique d’être « à la remorque du PS », « de ne penser qu’au pouvoir » et de se « droitiser ». Benjamin, mal réveillé, peine à trouver des arguments face à ce flot de récriminations. Libéré de ce citoyen désabusé, le militant confie que « chez les Verts, on se prend souvent des gens bizarres ».

« Un homme nous a accusés d’avoir brisé le col du fémur de sa femme qui avait glissé sur une crotte de chien. Dans ces cas-là, on écoute les gens qui ont besoin de parler » médite Benjamin, qui préfère sourire de ces contretemps.
Soudain un passant qui exhibe l’autocollant à la rose. Il remonte la rue pour rejoindre ses acolytes. Les deux activistes se jaugent. Benjamin esquisse un bonjour auquel le socialiste ne daigne répondre.
Ces inimitiés n’empêchent pas l’écologiste de fourrer dans la main d’une passante son prospectus. La devise « Paris a besoin des Verts » se superpose alors au « Paris, un temps d’avance » de Delanoë.

Une manière pour Benjamin de reprendre le dessus dans la lutte politique.

under: A l'école

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