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Guinée-Bissau : toute la misère du monde

Posted by: Maureen Grisot | janvier 13, 2010 | No Comment |

Série de cinq carnets de route pour Un dromadaire sur l’épaule, émission quotidienne de la Radio suisse romande. Un voyage en Guinée-Bissau, pour découvrir une population qui paraît mener une vie paisible malgré la situation précaire.

La Guinée-Bissau est classée par la PNUD au troisième rang des pays les plus pauvres au monde.

Une affirmation bien trop abstraite, dont on imagine mal les conséquences sur le terrain: des routes défoncées, des enfants dont la journée à l’école se résume à une matinée, d’autres enfants qui fréquentent uniquement l’école coranique car leurs parents ne peuvent payer les 1 000 F CFA (environ 2,20 CHF) mensuels de l’école portugaise, un unique hôpital bondé et où seuls les plus démunis sont contraints d’y recevoir des soins médiocres, des commerces qui disparaissent aussi vite qu’ils sont apparus, des trafiquants de cocaïne qui ont pignon sur rue, une population qui fuit inexorablement vers l’Europe, une capitale sans électricité ou presque.

Pourtant, les Bissau-Guinéens, communauté lusophone coincée entre le géant Sénégalais et les Guinéens de Conakry, semblent mener une vie paisible à l’ombre des cocotiers. Oubliée la cohue de Dakar: ici tout s’écoule, au rythme du gumbe et des Caïpirihnas.

Soucieux de prouver leur nonchalance, beaucoup d’habitants se targuent d’avoir rempli les terrasses des bars du centre-ville au lendemain de l’assassinat du président et de son chef d’Etat major en mars 2009.

Mais ce leurre cache une autre réalité: on ne retrouve dans ces endroits à la mode que les expatriés, de rares touristes, ou encore le peu de locaux employés par les agences onusiennes ou européennes.

Si quelques rares diplômés résistent à l’émigration, c’est au prix de crises de nerfs et de débrouilles en tout genre. Le reste de la population ne peut que subir les conséquences d’un Etat désorganisé, et espérer une amélioration grâce à leur nouveau président, élu en juillet 2009.

Diamanka. Les livres pour passion (11.01.10)

Diamanka au CCFAu centre culturel français (CCF), tout le monde connaît Diamanka. Posté derrière son ordinateur dans la bibliothèque, il passe son temps à archiver, classer, ranger, et conseiller les lecteurs.

Mamadou Diamanka adore son métier, mais son sourire disparaît quand il se penche sur la vie culturelle de son pays, qui se résume au CCF et à un centre culturel brésilien tout juste émergent.

Il envoie la quasi-totalité de son salaire au Sénégal, où il construit une maison pour ses parents. Il espère pouvoir bientôt s’offrir une bibliothèque en bambou pour y ranger ses livres, qui prennent la poussière dans des sacs plastiques sous son lit.

Centre culturel français de Guinée-Bissau

Invité

Gérard Chaliand est un géostratège, spécialiste de l’étude des conflits armés et des relations internationales et stratégiques. Ses axes de recherche concernent essentiellement les conflits irréguliers (guérilla et terrorisme) dont il est devenu l’un des plus éminents spécialistes et théoricien mondial.

Il s’est engagé comme observateur participant dans les guérillas de décolonisation durant plus de vingt ans. Il côtoie les combattants d’une quinzaine de maquis sur quatre continents et notamment en Guinée-Bissau portugaise, aux côtés d’Amílcar Cabral, fondateur du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert le PAIGC, qui amena à l’indépendance ces deux états colonisés par le Portugal.

Son expérience et ses réflexions sur la guerilla guinéenne ont été publiées dans Lutte armée en Afrique, 1967, Librairie François Maspero.

Pour en savoir plus sur Gérard Chaliand

Quinhamel. Un asile sous les cocotiers. (12.01.10)

L'asile de QuinhamelLe fleuve, les palmiers, le soleil et les oiseaux, à Quinhamel, petite ville à 40 kilomètres de Bissau. Un cadre idyllique où les habitants de la capitale viennent passer leur week-end, juste à côté d’un asile pompeusement baptisé « Défi jeunes ».

Si ici échouent effectivement quelques adolescents déstabilisés, on y rencontre surtout des alcooliques, des fumeurs de joints, des déséquilibrés, et des malades mentaux.

Dans un pays où l’unique hôpital psychiatrique a été détruit pendant la guerre, cette pension de luxe (le mois coûte l’équivalent d’un salaire mensuel moyen) n’emploie pas de médecin.

Le pasteur qui gère le centre prétend soigner ses ouailles par le chant et la parole. Ils peuvent pourtant à peine parler, forcés d’ingurgiter anxiolytiques et autres antipsychotiques prescrits sans ordonnance.

Quinhamel sur Google map

Invité

Christophe Champin, rédacteur en chef adjoint du site Internet de RFI. Il travaille depuis près de 20 ans sur les questions africaines (précisément depuis 1991) et il a été correspondant régional de RFI à Dakar de 2004 à 2008. Il prépare un livre sur le trafic de cocaïne en Afrique subsaharienne.

Rapports:

Le Trafic de cocaïne en Afrique de l’Ouest, une menace pour la stabilité et le développement, UNODC (Bureau des Nations unies contre la drogue et le crime), décembre 2007 (pdf)
Criminalité et développement en Afrique, UNODC, juin 2005, (pdf)
Rapports du département d’Etat américain sur le trafic de stupéfiants dans le monde

Articles récents sur le sujet:

Sur les traces de l’avion de la cocaïne, par Serge Daniel,
La véritable histoire de l’avion de la cocaïne
, par Serge Daniel,

Articles de l’auteur:

La plaque tournante ouest-africaine, par Christophe CHAMPIN, 25 février 2009
Afrique du Sud/Drogue: Une nouvelle plaque tournante de la cocaïne, par Christophe Champin, 18 février 2009,
L’Afrique de l’Ouest, paradis des Narcotrafiquants, Christophe Champin, le Figaro, 15 octobre 2007

Réfugié casamançais. Quatorze ans d’exil… à trente kilomètres de chez soi. (13.01.10)

Yuba et sa famille devant leur maison, à quelques kilomètres du SénégalYuba a fui les bombardements de l’armée sénégalaise sur son village en 1995. Depuis il vit avec ses filles et sa femme à quelques kilomètres de sa Casamance natale mais de l’autre côté de la frontière, en territoire bissau-guinéen.

Yuba et les milliers d’autres réfugiés casamançais devraient avoir accès à un lopin de terre pour y exercer leur métier de cultivateur, mais beaucoup se heurtent aux résistances des autorités et des populations locales.

Le Sénégal ferme les yeux sur ce « conflit casamançais ». Les réfugiés eux défrichent et cultivent des champs qui ne leur appartiennent pas. Un travail de Sisyphe qui les empêche de s’installer alors que leur pays d’origine refuse de donner un nom à la cause de leur exil.

Invité

Vincent Foucher, chargé de recherche au CNRS, spécialiste du conflit en Casamance et travaille maintenant sur la crise de l’Etat en Guinée Bissau.

Il a codirigé le groupe de recherche Conflits armés en Afrique subsaharienne du CEAN entre 2004 et 2009. Vincent Foucher a également été rédacteur en chef de la revue Politique africaine entre 2006 et 2008, il en anime maintenant la revue des livres.

Groupe de recherches Conflits armés en Afrique subsaharienne sur le site du CEAN

Revue Politique africaine

Pas d’alternance en Casamance. Le nouveau pouvoir sénégalais face à la revendication séparatiste casamançaise, Vincent Foucher, Politique africaine, n° 91, 2003. (pdf)

Les talibés. Les petits mendiants d’Allah. (14.01.10)

Ahmadou dans la case qu'il partage avec son frèreAhmadou, Mamadou et Abdoulaye ont été envoyés loin de leurs familles pour recevoir l’enseignement de marabouts sénégalais.

Une pratique courante en Afrique de l’Ouest, où les musulmans considèrent que c’est au Sénégal qu’on divulgue le meilleur savoir coranique. Et pour bien comprendre les textes sacrés, les élèves talibés doivent mendier, le seul moyen d’intégrer l’humilité indispensable à tout bon musulman.

Mais sur les milliers d’enfants qui affluent dans les dara (écoles coraniques) des grandes villes, des centaines se font abuser par des marabouts qui ont flairé le bon filon.

Obligés de rapporter une somme d’argent définie par leur maître, les talibés arpentent les rues toute la journée et reçoivent des coups s’ils ne rapportent pas la somme exigée.

Aujourd’hui de retour chez eux, Ahmadou, Mamadou, Abdoulaye et leurs familles témoignent.

Invité

Nicolas Gans, jeune réalisateur et scénariste, qui a tourné en juillet 2007 un documentaire sur les Talibés de Saint-Louis du Sénégal
Son documentaire A la rencontre des Talibés peut être visionné sur dailymotion.

Site de Nicolas Gans

Dina, ou la nouvelle femme africaine. (15.01.10)

Dina sur sa motoActrice, directrice de son hôtel, assistante politique à l’ambassade américaine, étudiante en droit, chanteuse, épouse et mère de deux enfants. Dina multiplie les casquettes et mène ses vies avec autorité mais bonne humeur.

Cette self-made woman est insaisissable, car dès qu’elle le peut elle s’échappe sur sa nouvelle moto. Mais elle est aussi une femme amoureuse, et lorsque son mari chanteur revient de ses tournées en Europe, ils s’assoient dans le salon de leur nouvelle maison pour interpréter les compositions de Dina.

Invité

Idrissa Diallo, homme d’affaire et politicien, fondateur et président du parti d’opposition, le Parti de l’Unité Nationale. Idrissa Diallo nous donne les dernières nouvelles de la capitale.

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Katanga, le coffre-fort percé de l’Afrique

Posted by: Maureen Grisot | octobre 7, 2009 | No Comment |

Série de cinq carnets de route pour Un dromadaire sur l’épaule, émission quotidienne de la Radio suisse romande. Un voyage au coeur du Katanga, une région minière florissante avant que les cours mondiaux chutent fin 2008.

Le voyage commence à Lubumbashi, capitale du Katanga, la deuxième ville du pays, plus calme que Kinshasa. Les habitants du Katanga et des provinces avoisinantes ont pendant longtemps convergé vers ce qui fut le poumon économique du pays :  on y trouve 30 % des réserves mondiales en cuivre et 10 % du cobalt.

Focalisée sur l’exploitation des minerais, la province a négligé l’agriculture. Lorsque les cours mondiaux ont chuté à la fin 2008, ce sont des centaines de milliers de personnes qui se sont retrouvées au chômage.

L’impression qui domine est celle d’un grand gâchis. Les bâtiments tombent en ruine, les trains ne circulent plus ou difficilement, les usines qui autrefois faisaient vivre tout le pays sont presque à l’abandon.

Rongée par les années de dictature de Mobutu, minée par une guerre qui dure depuis plus de dix ans à l’est, la RDC vit aujourd’hui sous la perfusion des ONG internationales.

L’Etat profondément corrompu est absent, et les services publics inexistants. Ainsi, malgré un sous-sol extrêmement riche, la majorité des Congolais meurent de faim.

Malgré tout, l’ambiance est chaleureuse. Chacun se débrouille pour s’en sortir, en chantant, troquant, cumulant les heures de travail. Si un constat froid sur la situation du pays inspire le fatalisme, partager la vie quotidienne des Congolais laisse espérer que les choses pourraient s’améliorer si le peuple était écouté par ses dirigeants.

Un hôpital provincial de «référence» délabré. (07.09.2009)

Francine et son pèreQuand la Générale des carrières et des mines, la fameuse Gécamines, faisait vivre le pays entier, l’hôpital Jason Sendwe de Lubumbashi traitait les patients gratuitement, et même les notables venaient s’y faire soigner.

Aujourd’hui ce sont seulement ceux qui n’ont plus le choix qui y échouent. Le docteur Dieudonné Ngwej est le chef du service pédiatrique. Nous le retrouvons au chevet de Francine, une petite fille de 8 ans atteinte de malnutrition sévère.

L’invité

Thierry Michel, réalisateur, photographe et journaliste belge.

Thierry Michel a réalisé de nombreux documentaires internationalement reconnus, primés et diffusés dont Mobutu, roi du Zaïre (1999) et Congo River (2005). Il vient nous parler de son dernier film Katanga Business, un voyage au coeur du Congo minier.

Madeleine: vivre pour chanter, cuisiner pour vivre. (08.09.2009)

Madeleine pile le maniocMadeleine chante dans trois ou quatre groupes différents. Toujours occupée, elle partage sa vie entre la Halle de l’étoile (le centre culturel français), la salle de répétition de la chorale de la Gécamines, le marché, et sa grande maison à côté de l’usine de bières.

Artiste dans l’âme, elle aimerait vivre de son talent. Mais pour l’instant elle prépare tous les jours le déjeuner des travailleurs du quartier.

L’invité

Vladimir Cagnolari, journaliste, co-producteur de l’émission L’Afrique enchantée sur France Inter, vient nous parler de la musique congolaise, celle du Katanga et de ses artistes. Il a notamment enregistré le CD “Lubumbashi 2005, musiques du Katanga“.

Voyager en train: une prévisibilité toute africaine. (09.09.2009)

Les singes, une marchandise qui se vendra à LubumbashiImpossible de prévoir quand un train partira, encore moins en combien de temps il arrivera. Si les plus riches méprisent ce moyen de transport, les petits commerçants et les populations plus modestes n’ont pas le choix.

Vétustes, pas entretenus, les chemins de fer congolais sont malgré tout un moteur économique vital pour tous les villages isolés qu’ils traversent. Mais voyager en train est une épreuve épuisante, où un trajet de quelques centaines de kilomètres demande plusieurs jours.

L’invité

Pie Tshibanda est un psychologue, écrivain et conteur congolais né à Kolwezi, dans la région du Katanga en 1951.

Sa famille est originaire du Kasaï. En 1995, une épuration ethnique à l’encontre des Zaïrois du Kasaï éclate au Katanga. Pie Tshibanda dénonce les massacres. Il est obligé de fuir et de demander l’asile à la Belgique où il est aujourd’hui installé.

Auteur de nombreux livres, de CDs, Pie Tshibanda s’est aussi fait connaître internationalement avec son spectacle Un fou noir au pays des blancs, qui l’a emmené en tournée dans toute l’Europe, au Québec et en Afrique.

Etudier le ventre creux. (10.09.2009)

Blaise a mis du temps à trouver l’argent nécessaire pour intégrer l’université de médecine. Originaire d’un village à plus de 300 kilomètres de Lubumbashi, il n’a pas vu sa famille depuis deux ans. Il survit dans une chambre universitaire délabrée, tente de suivre ses cours dans un amphithéâtre bondé, et ne mange pas à sa faim tous les jours. Mais il reste pourtant positif, grâce à Dieu.

L’invité

Marcel Mbangila, est né à Lubumbashi en 1953 et il vit en Suisse depuis 27 ans.

Faustin, pilote à plein temps. (11.09.2009)

Les pilotes de la CAAFaustin est partout. Le matin à Kinshasa, il dort le soir à Goma (à 1′500 kilomètres, près de la frontière rwandaise) pour repartir le lendemain à Kananga, dans le centre du pays. Son téléphone sonne sans arrêt, même en l’air.

Il connaît son avion par coeur et veille à ne pas trop user les freins. Quand une escale lui laisse un peu de temps, ce père de famille achète oranges, tomates, haricots et ananas, introuvables ou trop chers dans la capitale congolaise.

L’invité

Gody Ngosa, directrice de la Radio communautaire du Katanga.

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Les enfants des rues de Lubumbashi

Posted by: Maureen Grisot | septembre 25, 2009 | No Comment |

Albert, 17 ans, a vécu trois ans dans la rue avant d'être recueilli au Centre Bakanja

Ils sont des dizaines de milliers à errer dans les rues en République démocratique du Congo. Les enfants « vagabonds » qui fuient les violences familiales, ou sont rejetés par leurs familles, se regroupent dans les grandes villes du pays.

Les enfants du centre Bakanja

Ecouter sur le site de RFI

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RDC : direction le Katanga pour une visite du Zoo de Lubumbashi

Posted by: Maureen Grisot | septembre 25, 2009 | No Comment |

Les élèves d'une école de Kipushi visitent le zoo de Lubumbashi

Après avoir été laissés à l’abandon pendant plusieurs années, les 45 hectares du zoo retrouvent une nouvelle vie et sont devenus un véritable espace dédié à l’éducation des enfants et à la protection des animaux.

Ecouter sur le site de RFI

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Les Jécokés, chanteurs et danseurs infatigables

Posted by: Maureen Grisot | septembre 25, 2009 | No Comment |

Les Jecokes
envoyé par Manueva42.

Les Jeunes de la Commune de la Kenya ont connu leur heure de gloire en même temps que la Gécamines. Aujourd’hui il manque quelques cordes à leurs guitares, mais leurs chants et leurs danses sont toujours aussi entraînants.

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Voyage en train au Katanga

Posted by: Maureen Grisot | septembre 25, 2009 | 1 Comment |

24 heures pour parcourir 100 km, dans ce train ordinaire au Katanga

Après trois mois de grève à la Société nationale des chemins de fer congolais, le trafic reprend peu à peu en République démocratique du Congo. Dans ce pays grand comme quatre fois la France le train est un moyen de transport indispensable pour les populations les plus pauvres et les commerçants. Pourtant les conditions de voyage sont plus que précaires.
Difficile pour les passagers d’accepter ces retards, pannes et autres voitures délabrées, comme en témoigne notre reporter, Maureen Grisot.

Ecouter le reportage sur le site de RFI

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Priorité santé au Katanga

Posted by: Maureen Grisot | septembre 25, 2009 | No Comment |

Plongée dans le système médico-social du Katanga. Ce reportage de Maureen Grisot propose tout d’abord la visite de la maternité de l’hôpital provincial de référence Jason Sendwe. Le docteur Cham, gynécologue, avoue que par manque de place certaines femmes doivent partager le même lit. Nous rencontrons ensuite une jeune fille de 15 ans et son bébé, en pleine santé tous les deux mais bloqués depuis deux mois sur un lit d’hôpital. Impossible pour la mère de payer ses frais d’accouchement. Ce qui nous conduit tout droit au problème du planning familial. Seules 5% des femmes utilisent une méthode de contraception dite moderne. En cause, les rumeurs, le manque de formation des médecins et d’infrastructures.

Nous terminons avec la polio. Si aucun cas de poliomyélite sauvage n’a encore été confirmé au Katanga cette année, il est indispensable de rappeler la nécessité de la vaccination. La chanson du groupe d’handicapés kinois Staff benda bilili illustre ce combat pour la sensibilisation à cette maladie.

Ecouter l’émission sur le site de RFI

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Mourir de faim à Lubumbashi

Posted by: Maureen Grisot | septembre 25, 2009 | No Comment |

Dans la capitale du Katanga, deuxième ville de la République démocratique du Congo, des enfants malnutris côtoient l’abondance des minerais. Alors que la province n’a pas connu de violences depuis plus de quinze ans, la malnutrition reste une réalité : 14,2 % de la population étaient touchés en 2007. Un chiffre qui pourrait bien avoir augmenté.

Francine, 8 ans, meurt à l'hôpital. Elle pèse alors moins de 13 kilos.

Quand elle arrive à l’hôpital universitaire Jason Sendwe, dans le centre de Lubumbashi, Francine, une petite fille de huit ans, pèse 15 kilos. Francine vient d’un village reculé, situé à quelque 90 kilomètres de là. Après deux semaines dans l’unité nutritionnelle de cet hôpital provincial de référence, elle n’en pèse plus que 13. Incapable de s’alimenter, l’enfant termine ses jours sur un matelas en mousse nauséabond d’à peine 15 centimètres de large. Son lit de mort.

Avec plus de 14 % de la population touchés au Katanga, la malnutrition est devenue structurelle.

- En lien direct avec le chômage (plus de 300 000 emplois perdus depuis un an), la population peine à s’assurer une alimentation équilibrée : les enfants manquent de vitamines et d’aliments dits « constructeurs », comme la viande animale source de protéïnes.

- Les efforts économiques de toute la province ont convergé vers le secteur minier, au détriment de l’agriculture. Celle-ci reste très locale. Et, quand il faut acheminer la production vers les zones urbaines, les denrées subissent les avatars du transport (mauvais état des routes qui retarde l’acheminement, manque de logistique réfrigérée etc) si bien que les fruits et légumes pourrissent fréquemment avant d’arriver à destination!

Plumpynut et Pronanut … entre ce qui est dit et ce qui est fait

Certains bébés sont sevrés trop tôt et lorsque leur mère n’a pas les moyens d’acheter du lait maternel, ils sont nourris au lait en poudre ordinaire, développant alors des carences. Dans un pays sans politique publique efficace, les hôpitaux et autres centres de santé dépendent donc entièrement des Organisations non gouvernementales internationales (ONG) :« La malnutrition est un indicateur de pauvreté, nous prenons donc en charge la gratuité des soins », assure Sabin Ogoussan, responsable nutrition pour l’Unicef au Katanga.

L’organisation fournit donc des intrants [médicaments, lait thérapeutique et balance] aux unités nutritionnelles thérapeutiques intensives, destinées aux cas sévères. Une fois que l’enfant est stabilisé, il reçoit du Plumpynut. Sa mère vient une fois par semaine chercher ce complément alimentaire à base d’arachides, dans un centre de santé communautaire où elle suit par ailleurs une éducation nutritionnelle. Read More…

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La contraception, entre tabous et rumeurs

Posted by: Maureen Grisot | septembre 25, 2009 | No Comment |

Rumeurs, manque de formation des médecins, sensibilisation trop rare : en République démocratique du Congo, la contraception médicamentée est soit inconnue, soit taboue.

Les femmes du Village de Luwowoshi, à la lisière de Lubumbashi

A l’entrée du village de Luwowoshi, aucune des femmes ne parle le français. Issues de familles pauvres, elles ont souvent opté pour le mariage faute de pouvoir payer l’école. Mariées parfois dès l’adolescence, ces épouses enfantent rapidement après les noces. Jamais elles n’ont entendu parler de contraception. « J’ai eu mon premier enfant à 21 ans ; aujourd’hui j’en ai six, témoigne cette maman de 38 ans. Je n’ai pas les moyens de les éduquer convenablement donc j’essaie d’attendre trois ans entre chaque grossesse. J’aimerais ne plus tomber enceinte mais j’ignore comment faire. »

Nous ne sommes pas en pleine brousse mais à quelques minutes de Lubumbashi, capitale du Katanga. Ici pourtant, l’information sur le planning familial se fait rare car, sur sept districts sanitaires dans la province, seuls trois font de la sensibilisation (manque de médecins formés, et faute de contraceptifs disponibles). Le docteur Sylvain Kongolo, médecin-inspecteur de la ville de Lubumbashi, le regrette vivement : « L’approvisionnement dépend de partenaires qui n’alimentent pas tous nos centres de santé ».

Les femmes peuvent acheter leur pilule sans ordonnance

En ville également, l’information fait défaut. Cette fois c’est la rumeur qui a raison de la volonté des femmes. « J’ai eu quatre enfants en cinq ans de mariage et puis j’ai arrêté. Pour ne pas tomber enceinte, je pratique la méthode naturelle : j’observe les glaires et le calendrier, explique une étudiante à l’université. Il n’est pas question que je prenne la pilule : cela donne des maladies et a de graves conséquences sur la santé, certaines développent même des myomes. (*) »

Le marché des contraceptifs étant peu encadré, les femmes peuvent acheter leur pilule sans ordonnance. Si le médicament qui ne leur est pas adapté provoque des effets secondaires, elles arrêtent leur traitement et propagent l’information que les contraceptifs sont nocifs pour la santé.

Le manque de personnel qualifié et ces rumeurs n’encouragent pas la planification familiale. Quelque 19% des femmes du Katanga exercent un contrôle sur leurs grossesses, le plus souvent par les méthodes naturelles. Seules 5% utilisent des médicaments : parmi ceux disponibles sur le marché, les injectables comme le dépoprovéra sont les plus répandus et les plus disponibles, faute d’implants.

La naissance synonyme de richesse

Pourtant, les villages constituent le plus gros chantier. Dans les milieux ruraux le mariage précoce fait des ravages. « Se marier est considéré comme l’issue évidente pour une jeune fille dès qu’elle a eu ses premières règles. C’est un cercle vicieux : elle se marie tôt, elle est trop jeune pour négocier le rapport sexuel. Cela la prédispose à faire des complications pendant la grossesse et l’accouchement », analyse le docteur Robert Kanke, coordinateur provincial de la santé de la reproduction dans le Katanga. Read More…

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Umoja : plongée dans le monde zoulou

Posted by: Maureen Grisot | décembre 14, 2008 | No Comment |

Des Zoulous en chair, en os et en peau de bête au théâtre des Folies Bergère, en plein Paris. L’image est surprenante, mais a déjà conquis des dizaines de milliers de spectateurs à travers le monde.
Umoja – ensemble en Zoulou – retrace l’histoire de la musique sud-africaine. 35 chanteurs, musiciens et danseurs déploient leur énergie fulgurante pendant plus de deux heures : un raz-de-marée de couleurs et de rythmes pour familiariser les néophytes à leur culture. Un vieil homme aux airs de Nelson Mandela monte régulièrement sur scène pour expliquer son histoire, dont le spectacle s’est inspiré.
Tous originaires de townships, les artistes incarnent à merveille cette fresque renversante. Souriants et passionnés, ils n’hésitent pas à descendre entre les rangées de spectateurs : les Zoulous sont un peuple fier, ils ne se laisseront pas impressionner par les Parisiens. Fiers de leur passé, ils le sont aussi de leurs corps.
Les danseuses, souvent petites et trapues, revendiquent leurs formes dans des solos trépidants.
Les danseurs, imposants et agiles, se mettent dans la peau des guerriers puis des mineurs, qui n’ont plus que leurs bottes en caoutchouc pour faire de la musique.

Et le dynamisme de la troupe est communicatif.

Si la scène des Folies Bergère est parfois trop étroite pour l’énergie des danseurs, les sièges embarrassent souvent l’enthousiasme du public. Les spectateurs sautent sur chaque occasion pour participer, des chants gospel aux encouragements sur les tam-tam. Et pour la fin, tout le monde entonne Pata Pata, en hommage à la légendaire Miriam Makeba, morte récemment.

A l’écoute : reportage diffusé sur France Inter le 14 décembre 2008

Umoja sur France Inter

Jusqu’au 4 janvier 2009 aux Folies Bergère, puis en tournée mondiale. Retour en France prévu fin 2009.

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