Le blog de Marie-Laure

« Vous êtes Monsieur G., Michel de votre prénom ? » Les affaires s’enchaînent. Le quatrième prévenu de l’après-midi vient d’entrer dans le box des prévenus. Face au juge Jean-Paul Albert, qui préside ce jour-là les audiences de comparutions immédiates de la 23ème chambre du tribunal correctionnel de Paris, se trouve un restaurateur de 52 ans.
Il est accusé d’avoir menacé avec un couteau, trois jours plus tôt, un homme dans l’ascenseur de son immeuble de l’avenue de Ségur, dans le chic 7ème arrondissement, pour lui voler sa montre et un porte-cartes. Lors de son arrestation, la police a trouvé de la cocaïne sur lui. Les préventions de détention et d’usage de cocaïne se sont donc ajoutées à celle de vol avec violence. Mais le prévenu, s’il reconnaît la détention et l’usage de stupéfiants, nie toute agression. Son avocate fait d’ailleurs remarquer que ni les objets volés ni le couteau, qui a servi à l’agression, n’ont été retrouvés.
Pourtant à la barre, la victime, qui s’est constituée partie civile, le reconnaît formellement. Cet américain d’une soixantaine d’années s’exprime dans un français parfait. « Sans la moindre ambiguïté, c’est cette personne et nulle autre », déclare-t-il avec son accent américain, en pointant le prévenu qui se tient debout dans le box des accusés. « J’ai vu son visage de manière absolument parfaite. Il n’y a pas la moindre possibilité d’erreur, à moins qu’il ait un frère jumeau qui s’habille et se tienne exactement de la même façon que lui. Ce n’est pas vraiment de genre de personnes que l’on voit dans notre quartier », ajoute-t-il encore. L’accusé aurait également été reconnu par la fille de la concierge de l’immeuble, qui rentrait les poubelles au moment de l’agression. C’est d’ailleurs elle qui a permis son arrestation en le désignant aux policiers lors du tour du quartier qu’ils ont effectué quelques minutes après leur arrivée sur les lieux. Malgré ces deux témoignages concordants, le prévenu continue de nier. Il raconte être allé fêter l’anniversaire d’une amie habitant la même rue. Puis avoir marché pour trouver un taxi avant de s’asseoir sur un banc et de s’assoupir. « C’est curieux quand même, deux personnes qui vous reconnaissent », interpelle le Président.
« C’est un coup monté pour de l’argent ! », lui répond vivement l’accusé, sortant de sa réserve. Car en plus d’une valeur sentimentale, puisqu’elle a été offerte à la victime par son père, la montre semble être de grande valeur. L’avocat de la partie civile dit attendre les résultats d’une expertise demandée à un joaillier suisse mais indique que des montres similaires ont été vendues récemment entre 50 et 60 000 euros.
Lors de son réquisitoire, la procureur Annick Joncour ne s’attarde pas sur la possession de drogue mais insiste sur le choc psychologique ressenti au cours d’une telle agression : « On arrive dans son immeuble où l’on croit trouver le repos et on se retrouve sous la menace d’une arme. »
L’avocate du prévenu concède : « Il est ennuyeux d’aller vers la relaxe quand il y a deux reconnaissances formelles. » Mais elle s’attache tout de même à démontrer plusieurs incohérences dans le dossier : la victime qui ne relève pas l’état d’alcoolémie avancé de l’accusé et le décrit au contraire comme « maître de son corps », les deux barquettes de moules, pourtant encombrantes, que portait l’accusé et que ne mentionne pas la victime et enfin son client qui aurait « attendu paisiblement la police sur un banc ».
« J’espère qu’il retrouvera sa montre et l’agresseur et qu’il viendra me faire des excuses. Je les accepterai. J’ai honte pour vous », conclue l’accusé avant de repartir attendre le délibéré à la « souricière ».
Huit affaires et une panne informatique plus tard, le tribunal rend sa décision. Il déclare M. G. coupable des faits qui lui sont reprochés. Il est condamné à un an de prison avec sursis et une mise à l’épreuve de deux ans. Il devra soigner son problème de drogue, continuer de travailler, indemniser la victime et ne pas entrer en contact avec elle.
Coupable, mais libre, M. G. pourra rejoindre dès le lendemain ses employés qui s’inquiétaient de son sort.

Pour Olivier Dussopt, benjamin de l’Assemblée Nationale, les élections municipales sont avant tout un enjeu national.
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Les municipales doivent-elles être un enjeu national ou local ?
C’est une élection donc c’est forcément un enjeu national. C’est une élection qui se déroule le même jour partout en France et qui se fait sur la base, en tout cas dans les plus grosses communes, d’orientations politiques pour la définition des programmes donc c’est forcément une élection nationale. Le facteur local entre également en compte puisqu’on parle de projet local, de gestion de commune, de sanction positive ou négative de bilan ou de projet. Il y a donc les deux, mais c’est une bonne occasion de donner un message politique au niveau national.
Est-ce que ca peut être un vote sanction ?
Ca ne sera pas que ça, heureusement d’ailleurs. Mais ça peut l’être aussi. C’est l’occasion pour les Français de dire, par les choix qu’ils font aux municipales, que ça suffit. Sur les questions du pouvoir d’achat, les questions de sécurité sociale, aujourd’hui c’est le temps de la désillusion. Les Français qui ont cru aux prommesses de Nicolas Sarkozy en sont pour leurs frais. C’est aussi l’occasion de le dire et de le regretter. Le gouvernement doit écouter ce que disent les Français. Par conséquent, il faut que les Français lui disent des choses.
Quelle peut être l’influence des municipales sur les partis ?
Pour le PS, si nous gagnons les municipales nous serons dans une dynamique plus positive et nous sortirons de nos affrontements de tribus, de tout ce qui nous ravage ces derniers temps.
Qui a plus à perdre ou à gagner lors de ces élections ?
Il suffit de regarder les déclarations de tel ou tel responsable national. C’est la droite qui a tout à perdre. Puisqu’ils s’évertuent à nous dire, à nous répéter que ça ne doit plus être, contrairement à il y a dix jours d’ailleurs, un enjeu national mais un enjeu local. Je crois qu’ils ont pris conscience des limites de leur politique, des limites de l’acceptation de leur politique et des risques qu’ils prennent lors des municipales.
Les municipales sont-elles l’occasion de plus d’ouverture ?
Les municipales doivent se faire sur des valeur et des programmes. Je suis candidat aux municipales, soutenu par le MoDem mais sans qu’il y ait un d’accord politique et programmatique parce que les différences étaient encore trop fortes. Le MoDem considère simplement dans ma ville que le projet que je porte répond mieux, en tout cas moins imparfaitement, à leurs attentes que celui porté par l’UMP donc je n’ai pas à craindre l’ouverture. Là où je la crains c’est quand on renonce à nos valeurs pour aller ratisser, non pas des électeurs, mais des candidats issus d’un peu partout sous prétexte de stratégie.
Elu député en juin 2007 à 28 ans, Olivier Dussopt est le benjamin de l’Assemblée Nationale. Opposé au député UMP sortant, Gérard Weber, dans une circonscription qui avait majoritairement voté pour Nicolas Sarkozy, il l’emporte pourtant.
Malgrés son jeune âge, Olivier Dussopt n’est pas novice en politique. Entré au Parti socialiste en 2000, il devient l’année suivante l’assistant du sénateur Michel Teston, également Président du Conseil général de l’Ardèche. Dès 2004, il se présente sur la liste socialiste des élections régionales mais n’est pas élu. Il multiplie alors les engagements au sein du Parti socialiste au niveau local en Ardèche et devient le numéro 2.
Olivier Dussopt a été élu secrétaire de l’Assemblée Nationale et siège à la Commission des Affaires économiques, de l’environnement et du territoire.
En décembre dernier, il a annoncé sa candidature aux élections municipales de mars 2008 dans la ville d’Annonay.
« L’homme qui valait 5 milliards »… Depuis le 24 janvier, le monde de la finance ne parle que de lui. Lui ? Jérôme Kerviel, le trader accusé par la Société Générale de lui avoir fait perdre 4,9 milliards d’euros.
Et pourtant depuis la révélation de la fraude, Jérôme Kerviel est devenu invisible. De lui, on connaît peu de choses. Hormis son visage et sa troublante ressemblance avec l’acteur Tom Cruise, mais aussi un parcours universitaire et professionnel classique.
Avant de travailler, dix heures par jour, rivé à ses quatre écrans et ses deux téléphones, Jérôme Kerviel a grandit en Bretagne, à Pont-l’Abbé. Sa mère y tient un salon de coiffure et son père est forgeron. Chez les Kerviel, on a l’esprit d’entreprise et Jérôme rêve de réussite financière.
Se faire une place, un nom
Après un Master en finance de marché à l’Université de Lyon II, où il n’a pas marqué les esprits, Jérôme est embauché à la Société Générale. Mais pas comme trader. Il travaille d’abord dans le «middle office », où il acquiert la connaissance « aussi intime que perverse » des procédures de contrôle de la banque, confie Jean-Pierre Mustier, le patron de la division banque d’investissement et de financement de la SG.
En 2005, Jérôme Kerviel passe du côté des traders. Il ne pense plus alors qu’à se faire une place, un nom. Et pour y arriver, une seule solution : se démarquer en gagnant beaucoup d’argent. Ainsi, peut-être, se dévoile le mobile. Mais Kerviel est un trader « sans génie particulier ». Sa rémunération s’élève à moins de 100 000 euros par an, bonus inclus, ce qui le situe dans les tranches les plus basses du métier. 100 000 euros, c’est aussi le prix que sont prêts à payer les journaux du monde entier pour avoir une photo exclusive du trader.
Kerviel et frère
Dans la famille Kerviel, Jérôme n’est pas le seul à faire parler de lui. Son frère aîné, Olivier, a été poussé à démissionner, il y a un an, de son poste de courtier pour une filiale de BNP-Paribas pour avoir détourné des plus-values à son profit. Jérôme a-t-il voulu imiter et dépasser son frère ?
Quels que soient ses motifs, Jérôme Kerviel est aujourd’hui un homme traqué, mais populaire. 87% des Français pensent qu’il n’est pas le premier à incriminer dans les pertes subies par la SG.
Après 10 jours de vente, les 40 000 exemplaires du magazine XXI sont déjà épuisés. Un démarrage sur les chapeaux de roue pour un journal qui sort des sentiers battus.
(photo DR)
198 pages d’actualité tous les trois mois, des photos, de la bande dessinée, pas de publicité… un ovni est arrivé en librairies le 17 janvier. XXI se veut « 100% de création et 0% de publicité ».
Face au constat que les formats des articles sont de plus en plus courts, Laurent Beccaria, co-fondateur du journal et directeur de la publication, souhaite prendre le contre-pied de la tendance. « C’est parce que la presse délaisse les formats longs et s’épuise dans la course à la publicité et à Internet que nous pensons avoir un espace éditorial devant nous », explique-t-il. XXI propose donc de « l’information grand format » avec des articles de 15 pages.
Un concept qui va certes à l’encontre de toutes les tendances de la presse. Mais Laurent Beccaria et Patrick de Saint Exupéry, également co-fondateur et rédacteur en chef, sont confiants car selon eux ce genre a fait ses preuves à l’étranger. Vanity Fair ou The New Yorker en sont les modèles.
“Des histoires qui nous emportent”
Pour Laurent Beccaria, XXI répond à un besoin des lecteurs d’aller au plus profond de l’actualité. « Le temps où l’on ouvrait un journal pour apprendre des nouvelles du monde est révolu. Il faut retrouver ce frisson-là. Sous l’écume, il existe une actualité profonde, qui n’est pas ou peu explorée », regrette-t-il.
Le « narrative writing », c’est ce que vise XXI. Un journalisme de récit, et non d’analyse, « qui prend le temps d’aller voir », explique Laurent Beccaria. «Pas de commentaires, mais des choses vues, des couleurs, des odeurs, de l’humanité, des histoires qui nous emportent. »
Les journalistes ne sont pas non plus oubliés. Selon Patrick de Saint Exupéry, « tous les envoyés spéciaux ont le même problème : on leur demande de faire court, ils se retrouvent obligés de synthétiser et de résumer. Notre volonté c’est de raconter une histoire de dedans, où le journaliste voit, entend et raconte de dedans. »
Des journalistes qui viennent de tous horizons. La rédaction leur ouvre « les portes et les fenêtres », lance Laurent Beccaria. Une diversité qui fait aussi l’originalité et la force de XXI. Car pour Laurent Beccaria, « l’important c’est la qualité du regard. »
« Mon rêve serait de créer ma propre entreprise de commerce équitable. » A 24 ans, Hélène Grossetie sait qu’elle ne changera pas le monde mais elle fait tout de même des efforts à son échelle. Faire évoluer les mentalités, c’est la mission qu’elle s’est fixée.
(photo DR)
Après deux ans d’études à l’Institut Etudes Politiques d’Aix-en-Provence, Hélène, aînée de trois enfants, décide d’apprendre le chinois – effet de mode, confesse-t-elle – et part effectuer son année de césure à Pékin. Sur place, c’est le choc pour la jeune aixoise. « La Chine, ça n’est pas le tiers-monde. Mais tu vois vraiment les conséquences de la pollution », raconte Hélène, un bol de thé équitable à la main. De retour en France, elle décide de s’investir dans le développement durable.
Deux stages plus tard, dont un auprès d’Elisabeth Laville, la papesse du développement durable en France, Hélène est convaincue qu’elle veut en faire son métier. Malgré un prêt étudiant à rembourser, elle refuse de sacrifier son projet pour un métier « emmerdant mais bien payé ». Mais elle sent qu’il manque quelque chose à sa formation. Elle choisit alors l’ESSEC et sa Chaire d’entreprenariat social pour continuer sur sa voie.
« Personne ne se soucie de l’impact écologique de ce yaourt ! »
Elle s’y épanouit dans les cours sur le commerce équitable ou lors des journées d’insertion chez Emmaüs. Mais elle est choquée par l’absence de réflexion éthique et écologique des élèves et des professeurs dans les matières communes. « En cours de marketing, on nous demande de développer un nouveau yaourt. Tout le monde pense aux coûts et aux bénéfices, mais personne ne se soucie de l’impact écologique de ce yaourt ! », s’écrie Hélène. Pourtant, rien ne la destinait à un tel parcours : elle vient d’une famille aisée mais pas spécialement sensibilisée à l’écologie.
Mais après avoir « baigné » dans le développement durable pendant un an, toutes ces réflexions lui paraissent évidentes et Hélène a du mal à concevoir que les autres ne se posent pas les mêmes questions. « Malgré le Grenelle et Al Gore, les gens ne voient pas l’urgence », regrette-t-elle.
Alors elle s’investit dans l’association Oikos dont l’objectif est de faire changer les comportements en matière de développement durable au sein de l’école. Mais là encore, ça n’est pas simple. « On essaie de toucher des gens qui ne sont pas sensibilisés. Il faut les flatter pour qu’ils nous accordent leur attention », poursuit Hélène amèrement.
« Le développement durable, ça n’est pas encore sexy »
En parlant de développement durable dès qu’elle le peut, elle espère influencer peu à peu ses amis. Mais « le développement durable, ça n’est pas encore sexy », regrette-t-elle. Auprès de ses amis, Hélène a la réputation d’être une « bobo ». « Elle mange du topinambour ! », se moquent souvent Vivien et Arnaud, deux amis de l’ESSEC.
Pourtant Hélène ne leur en veut pas. Elle sait que mettre ses idées en pratique n’est pas toujours évident. Si elle trie ses déchets, évite de prendre des bains, fait des efforts pour acheter des produits bio ou porte des baskets Veja équitables, tout n’est pas vert chez elle. « Le jour où les ampoules basse consommation ne feront plus une lumière glauque j’en achèterai ! », promet-elle en souriant.
Lyon, 28 février 2008 (AFP) - L’explosion d’une canalisation de gaz en centre ville a fait un mort et 26 blessés, dont 2 graves, ont annoncé les pompiers et la Préfecture du Rhône jeudi à la mi-journée.

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Une fuite de gaz a été signalée Cour Lafayette, en centre ville, à 11h30, ont précisé les pompiers. L’explosion a eu lieu une heure plus tard, à 12h20. L’alimentation en gaz a été coupée à 12h50 mais du gaz continuait de s’échapper de la canalisation et obligeait les pompiers à poursuivre les opérations d’arrosage.
Selon les services de secours, « la fuite de gaz est probablement due à une mauvaise manipulation des ouvriers qui réalisaient des travaux sur la voie publique ».
« Une entreprise de travaux publics a endommagé une canalisation de gaz naturel », a confirmé Gaz de France (GDF).
Un pompier de 35 ans est mort. Il se trouvait au sous-sol de l’immeuble au moment de l’explosion pour déterminer l’origine de la fuite de gaz et a été enseveli par l’effondrement du bâtiment. Gérard Collomb, le maire de Lyon, s’est rendu sur place et a annoncé qu’il n’avait pas pu être réanimé.
Deux personnes souffrent de graves lésions pulmonaires dues au souffle de l’explosion, dont un ouvrier de GDF, a précisé l’équipe médicale sur place.
Trois policiers ont également été blessés et transportés à l’hôpital. Une cellule de crise a été mise en place pour venir en assistance aux victimes de l’accident.
Un périmètre de sécurité a été établi et 500 à 1000 personnes ont été évacuées des immeubles environnants. Le souffle de l’explosion a provoqué un déut d’incendie dans un bâtiment voisin.
La ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, est attendue sur place dans la journée.
Le 7 février 2008, les asiatiques entrent dans l’année du rat. Pour fêter la nouvelle année, ils organisent des défilés en Asie mais aussi dans toute la diaspora. La danse du lion, qui chasse les mauvais esprits et apporte la prospérité pour toute l’année, est le point d’orgue des festivités qui durent une semaine. Dans le XIIIè arrondissement de Paris, les jeunes asiatiques du quartier chinois préparent cet événement dès le mois de décembre.
« Lâchez et envoyez ! Je veux du mou ! Pensez à une trompe d’éléphant ! » Drôles d’exercices sous les paniers de basket du gymnase de la rue Caillaux, dans le XIIIè arrondissement de Paris. Le cours de kung-fu de Maître Quach vient de commencer. Une trentaine d’élèves, de 7 à 25 ans, enchaîne les mouvements que montre le Maître. Dans un coin de la salle, huit garçons s’entraînent à part avec un professeur. Ils préparent la danse du lion.
La danse du lion est un art martial pratiqué dans les écoles de kung-fu traditionnelles. « Tous les pas de base de la danse du lion sont dérivés du kung-fu. » explique Sébastien, 19 ans, dont quatre de danse du lion. Il faut donc maîtriser parfaitement la technique. Et gare à celui qui n’est pas assez précis dans ses mouvements. « Ce n’est pas le cours de tecktonik ici ! », s’écrit le professeur en se moquant de ceux qui ont plus l’air de se recoiffer que de combattre.
Pour Sébastien, faire la danse du lion s’est imposé comme une évidence. « Je n’ai pas l’esprit communautariste, mais quand même, c’est important que ça soit asiatique » explique l’étudiant d’origine vietnamienne. L’école de danse du lion, c’est aussi une seconde famille pour tous les danseurs. « Il y a une bonne ambiance, on fait des soirées » apprécie le jeune homme. La troupe passe effectivement beaucoup de temps ensemble. Les répétitions du samedi après-midi se prolongent parfois jusque dans la soirée et finissent souvent autour d’une soupe de nouilles au restaurant voisin.
Chance et prospérité
Pour Nach, 17 ans, la danse du lion « c’est un sport comme les autres. Certains font du volley, moi j’ai choisi la danse du lion. » Et c’est effectivement sportif. Force et précision sont les éléments de base de la danse du lion. Deux danseurs sont nécessaires pour animer l’animal : un pour la tête et un pour la queue. Le premier, debout, manœuvre la tête du lion, fait bouger ses yeux, ses oreilles et sa bouche. Le second, recouvert de tissu, est courbé et tient son partenaire par la taille. Il doit aussi porter le premier danseur pour réaliser des figures. Il lui faut donc suffisamment de force pour supporter le poids de son camarade et de la tête du lion qui pèse environ trois kilos. Les danseurs évoluent au rythme d’un tambour, d’un gong et des cymbales qui rappellent une musique de guerre.
La danse du lion symbolise une légende ancestrale chinoise. On raconte que dans les temps anciens, un lion affamé descendit d’une montagne pour se nourrir. Il arriva dans un village où ne se trouvaient que des enfants, dont les parents étaient partis aux champs. Le lion fouilla les maisons mais ne trouva que de la salade à manger. Pour alerter leurs parents, les enfants firent le plus de bruit possible avec ce qu’ils pouvaient trouver : des tambours, des pétards, … Effrayé par le bruit, le lion s’enfuit.
La danse reproduit cette légende du lion à la recherche de nourriture. Il se nourrit des offrandes qui sont faites aux dieux et de la salade qu’il trouve sur son chemin. Une fois rassasié, il est surpris par les pétards et s’enfuit après avoir apporté chance et prospérité. Le lion, que nombre de spectateurs prennent pour un dragon, ressemble plutôt à un gros chat avec de grands yeux et une bouche barbue. Il se caractérise aussi par une corne pointue sur le front, symbole de puissance. A l’origine, les couleurs des lions étaient codifiées : jaune pour la majesté et la bienveillance, rouge pour la bravoure et l’intelligence, noir pour le physique et vert pour la jeunesse.
« Les Chinois gardent toujours leur culture »
Patrick, un fervent admirateur des danseurs, assiste à toutes les répétitions, aux démonstrations et donne parfois un coup de main pour jouer du tambour ou des cymbales. Originaire du Vietnam, mais né au Cambodge, il est arrivé au début des années 1970 à Paris. « J’aurai bien aimé faire la danse du lion. Mais à cette époque, il n’y avait pas encore vraiment de communauté asiatique ici. Maintenant je suis trop vieux » raconte-t-il. Au fur et à mesure de l’arrivée des boat people, le quartier chinois du XIIIè arrondissement est né. Et les traditions ont pu se perpétuer. Selon Patrick, « les Chinois gardent toujours leur culture, où qu’ils soient et qu’elle que soit la modernité qui les entoure. Ils peuvent rouler en Mercedes, prier les dieux devant l’autel ou assister à la danse du lion sera toujours très important pour eux. »
Pour les répétitions de la danse du lion, point de tutus ou de ballerines. Tous les élèves portent un pantalon sombre, une ceinture noire et le T-shirt à l’effigie de l’école : sur la poitrine trois idéogrammes chinois pour le nom de l’école, Yeng Mow Tang (littéralement, « l’école des héros en arts martiaux ») et dans le dos, un tigre et la constellation du Tigre qui représentent la force.
Après une heure et demi d’entraînement, les élèves doivent libérer le gymnase. Mais le cours n’est pas terminé pour autant. Les danseurs continuent dehors, devant le local de l’école. Malgré le froid cinglant qui touche Paris depuis deux jours, ils enchaînent portés et sauts. Ils ont enfilé les bas de costume du lion, des pantalons orange à fourrure blanche ou argenté à fourrure rouge. Sébastien a même apporté ses chaussures recouvertes de fourrure rouge. C’est lui qui les a fabriquées, raconte-t-il fièrement. Les costumes de l’école ont été fabriqués en Malaisie. « Il y a beaucoup de gens qui nous demandent si on les vend », s’amuse Patrick, « mais non, ils sont tellement beaux qu’on les garde ! Et puis ça coûte cher.»
« Les conditions de répétitions ne sont pas faciles ici »
Les mouvements des lions s’apparentent à de vraies chorégraphies que les danseurs répètent sans relâche. Le moindre faux-pas peut entraîner une chute. Lorsqu’ils dansent au sol, ça n’est pas très grave. Mais il leur arrive aussi de danser sur des poteaux de 1 mètre à 1,70 mètre de hauteur, qui représentent les obstacles que le lion rencontre sur son chemin. Les élèves de Maître Quach s’entraînent particulièrement à danser sur les poteaux car l’année dernière, lors de leur démonstration devant le magasin Tang Frères, le plus important du quartier, ils sont tombés. Le patron, Bounmy Ratanavan, n’était visiblement pas content, se souvient Patrick. « Ca porte malheur ! », explique-t-il. Il faut dire que les Chinois sont très superstitieux. Selon une autre croyance, les lions doivent être en nombre impairs sinon cela porte également malheur.
« L’écart de niveau entre les danseurs français et asiatiques est de plus en plus grand », regrette le Maître, « car les conditions de répétition ne sont pas faciles ici. » « En Asie, il fait plus chaud, et ici nous n’avons pas l’autorisation de jouer du tambour », poursuit-il. L’école participe tous les deux ans aux championnats mondiaux de danse du lion en Malaisie, mais les résultats ne sont pas brillants. En revanche, les danseurs de l’école Yeng Mow Tang sont champions de France de leur discipline. Leur renommée leur a valu la visite du Maire de Paris, Bertrand Delanoë, mais aussi de Nicolas Sarkozy, alors ministre et même de François Mitterrand lorsqu’il était Président. Ce dernier a baptisé la tête d’un lion noir, qui trône aujourd’hui au dessus de la porte du local de l’école.
Demain, tous les danseurs se retrouveront pour une démonstration à la sortie de la messe en chinois de l’église Notre-Dame de Chine qui jouxte l’école. Malgré la température glaciale et l’interdiction de porter des gants, ils seront tous là, plus motivés les uns que les autres. « Ils sont amoureux de la danse du lion ! », résume Patrick.
Une fois n’est pas coutume, un article sport…
L’Open d’Australie n’a d’yeux que pour lui. Avec son mètre 97, ses 90 kg et une ressemblance troublante avec le boxeur Mohammed Ali, Jo-Wilfried Tsonga ne passe pas inaperçu. Révélé au cours de l’année dernière, Jo n’a cessé de progresser depuis. Et s’il savoure chaque victoire, c’est qu’il a traversé des moments difficiles. Pour Frank Lefay, son ancien entraineur, les blessures de Tsonga ont ralenti sa carrière.
Tsonga a donc percé plus tard que ses confrères du même âge: Gaël Monfils ou Richard Gasquet, déjà bien connus sur les circuits.
Depuis le tournoi de Wimbledon au printemps dernier, Jo-Wilfried Tsonga est devenu un tout autre joueur. A l’époque Richard Gasquet lui avait barré la route des quarts de finale. Six mois plus tard, Jo a pris sa revanche. « Son plus gros progrès, c’est qu’il ne fait plus de fautes » souligne Richard Gasquet. Et effectivement, Tsonga est d’une étonnante régularité sur les cours. Ce n’est pas Mikhail Youznic qui dira le contraire. Alors que les résultats de Monfils jouent au yoyo et que Gasquet peine à briller, Tsonga ne cesse d’enchaîner les performances, attirant la curiosité de tous. A peine ¼ d’heure après sa victoire sur le Russe, sa fiche biographique sur Wikipédia était déjà mise à jour.
Prochaine étape et non des moindres, Rafael Nadal. Cette fois ce n’est pas de constance dont aura besoin Tsonga, mais de talent et d’un brin de chance…
Vier Minuten. Das ist nicht die Dauer dieses Kommentars, sondern der Titel eines neuen deutschen Films, der morgen auf die französischen Leinwände ankommt. Der Film, der schon 30 Preise erhalten hat, ist repräsentativ für den erneuten Erfolg des deutschen Kinos.
Alles fing 2003 mit dem Erfolg von Good Bye Lenin! an. Die ganze Welt entdeckte das deutsche Kino wieder. Seit langem hatte das nämlich den Ruf, langweilig zu sein. Der letzte Grosserfolg eines deutschen Films in Frankreich war 1983 Wim Wenders Der Himmel über Berlin.
Jetzt ist eine neue Generation von Regisseuren angetreten. Tom Tykwer mit Lola rennt war schon 1998 der Vorläufer dieser Bewegung. Der Untergang, von Oliver Hirschbiegel und Das Leben der anderen von Florian Henckel von Donnersmarck, haben sie bestätigt. Diese Filme gehen an die jüngste deutsche Vergangenheit ohne Hemmungen heran. Das Leben des Führers, der Widerstand gegen die Nazis, die dunklen Zeiten der DDR… die neuen Generationen, die die Krieg- und Nachkriegszeit nicht erlebt haben, wagen sich an diese Theme heran.
Die Schauspieler geraten nicht ins Hintertreffen und begeistern das Publikum sowohl in Deutschland als auch im Ausland. Franka Pottente, Daniel Brühl oder Moritz Bleibtreu sind heute sehr berühmt und bekommen nun Angebote aus aller Welt.
Die Wiedervereinigung hat frischen Wind ins deutsche Kino gebracht. Und das gefällt dem Publikum und den Kritikern. Das Leben den anderen hat letztes Jahr den Oscar für den besten nicht-englischsprachigen Film bekommen.
Das symbolischste Beispiel für diese Erneuerung ist die Auferstehung der Babelsberger Studios. Vorsicht Hollywood, Berlin ist zurück !