Lyon, 28 février 2008 (AFP) – L’explosion d’une canalisation de gaz en centre ville a fait un mort et 26 blessés, dont 2 graves, ont annoncé les pompiers et la Préfecture du Rhône jeudi à la mi-journée.

Explosion à Lyon

(photo DR) 

Une fuite de gaz a été signalée Cour Lafayette, en centre ville, à 11h30, ont précisé les pompiers. L’explosion a eu lieu une heure plus tard, à 12h20. L’alimentation en gaz a été coupée à 12h50 mais du gaz continuait de s’échapper de la canalisation et obligeait les pompiers à poursuivre les opérations d’arrosage.

Selon les services de secours, « la fuite de gaz est probablement due à une mauvaise manipulation des ouvriers qui réalisaient des travaux sur la voie publique ».

« Une entreprise de travaux publics a endommagé une canalisation de gaz naturel », a confirmé Gaz de France (GDF).

Un pompier de 35 ans est mort. Il se trouvait au sous-sol de l’immeuble au moment de l’explosion pour déterminer l’origine de la fuite de gaz et a été enseveli par l’effondrement du bâtiment. Gérard Collomb, le maire de Lyon, s’est rendu sur place et a annoncé qu’il n’avait pas pu être réanimé.

Deux personnes souffrent de graves lésions pulmonaires dues au souffle de l’explosion, dont un ouvrier de GDF, a précisé l’équipe médicale sur place.

Trois policiers ont également été blessés et transportés à l’hôpital. Une cellule de crise a été mise en place pour venir en assistance aux victimes de l’accident.

Un périmètre de sécurité a été établi et 500 à 1000 personnes ont été évacuées des immeubles environnants. Le souffle de l’explosion a provoqué un déut d’incendie dans un bâtiment voisin.

La ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, est attendue sur place dans la journée.

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2008, année du rat 

Le 7 février 2008, les asiatiques entrent dans l’année du rat. Pour fêter la nouvelle année, ils organisent des défilés en Asie mais aussi dans toute la diaspora. La danse du lion, qui chasse les mauvais esprits et apporte la prospérité pour toute l’année, est le point d’orgue des festivités qui durent une semaine. Dans le XIIIè arrondissement de Paris, les jeunes asiatiques du quartier chinois préparent cet événement dès le mois de décembre.

« Lâchez et envoyez ! Je veux du mou ! Pensez à une trompe d’éléphant ! » Drôles d’exercices sous les paniers de basket du gymnase de la rue Caillaux, dans le XIIIè arrondissement de Paris. Le cours de kung-fu de Maître Quach vient de commencer. Une trentaine d’élèves, de 7 à 25 ans, enchaîne les mouvements que montre le Maître. Dans un coin de la salle, huit garçons s’entraînent à part avec un professeur. Ils préparent la danse du lion.

La danse du lion est un art martial pratiqué dans les écoles de kung-fu traditionnelles. « Tous les pas de base de la danse du lion sont dérivés du kung-fu. » explique Sébastien, 19 ans, dont quatre de danse du lion. Il faut donc maîtriser parfaitement la technique. Et gare à celui qui n’est pas assez précis dans ses mouvements. « Ce n’est pas le cours de tecktonik ici ! », s’écrit le professeur en se moquant de ceux qui ont plus l’air de se recoiffer que de combattre.

Pour Sébastien, faire la danse du lion s’est imposé comme une évidence. « Je n’ai pas l’esprit communautariste, mais quand même, c’est important que ça soit asiatique » explique l’étudiant d’origine vietnamienne. L’école de danse du lion, c’est aussi une seconde famille pour tous les danseurs. « Il y a une bonne ambiance, on fait des soirées » apprécie le jeune homme. La troupe passe effectivement beaucoup de temps ensemble. Les répétitions du samedi après-midi se prolongent parfois jusque dans la soirée et finissent souvent autour d’une soupe de nouilles au restaurant voisin.

Chance et prospérité

Pour Nach, 17 ans, la danse du lion « c’est un sport comme les autres. Certains font du volley, moi j’ai choisi la danse du lion. » Et c’est effectivement sportif. Force et précision sont les éléments de base de la danse du lion. Deux danseurs sont nécessaires pour animer l’animal : un pour la tête et un pour la queue. Le premier, debout, manœuvre la tête du lion, fait bouger ses yeux, ses oreilles et sa bouche. Le second, recouvert de tissu, est courbé et tient son partenaire par la taille. Il doit aussi porter le premier danseur pour réaliser des figures. Il lui faut donc suffisamment de force pour supporter le poids de son camarade et de la tête du lion qui pèse environ trois kilos. Les danseurs évoluent au rythme d’un tambour, d’un gong et des cymbales qui rappellent une musique de guerre.

La danse du lion symbolise une légende ancestrale chinoise. On raconte que dans les temps anciens, un lion affamé descendit d’une montagne pour se nourrir. Il arriva dans un village où ne se trouvaient que des enfants, dont les parents étaient partis aux champs. Le lion fouilla les maisons mais ne trouva que de la salade à manger. Pour alerter leurs parents, les enfants firent le plus de bruit possible avec ce qu’ils pouvaient trouver : des tambours, des pétards, … Effrayé par le bruit, le lion s’enfuit.

La danse reproduit cette légende du lion à la recherche de nourriture. Il se nourrit des offrandes qui sont faites aux dieux et de la salade qu’il trouve sur son chemin. Une fois rassasié, il est surpris par les pétards et s’enfuit après avoir apporté chance et prospérité. Le lion, que nombre de spectateurs prennent pour un dragon, ressemble plutôt à un gros chat avec de grands yeux et une bouche barbue. Il se caractérise aussi par une corne pointue sur le front, symbole de puissance. A l’origine, les couleurs des lions étaient codifiées : jaune pour la majesté et la bienveillance, rouge pour la bravoure et l’intelligence, noir pour le physique et vert pour la jeunesse.

« Les Chinois gardent toujours leur culture »

Patrick, un fervent admirateur des danseurs, assiste à toutes les répétitions, aux démonstrations et donne parfois un coup de main pour jouer du tambour ou des cymbales. Originaire du Vietnam, mais né au Cambodge, il est arrivé au début des années 1970 à Paris. « J’aurai bien aimé faire la danse du lion. Mais à cette époque, il n’y avait pas encore vraiment de communauté asiatique ici. Maintenant je suis trop vieux » raconte-t-il. Au fur et à mesure de l’arrivée des boat people, le quartier chinois du XIIIè arrondissement est né. Et les traditions ont pu se perpétuer. Selon Patrick, « les Chinois gardent toujours leur culture, où qu’ils soient et qu’elle que soit la modernité qui les entoure. Ils peuvent rouler en Mercedes, prier les dieux devant l’autel ou assister à la danse du lion sera toujours très important pour eux. »

Pour les répétitions de la danse du lion, point de tutus ou de ballerines. Tous les élèves portent un pantalon sombre, une ceinture noire et le T-shirt à l’effigie de l’école : sur la poitrine trois idéogrammes chinois pour le nom de l’école, Yeng Mow Tang (littéralement, « l’école des héros en arts martiaux ») et dans le dos, un tigre et la constellation du Tigre qui représentent la force.

Après une heure et demi d’entraînement, les élèves doivent libérer le gymnase. Mais le cours n’est pas terminé pour autant. Les danseurs continuent dehors, devant le local de l’école. Malgré le froid cinglant qui touche Paris depuis deux jours, ils enchaînent portés et sauts. Ils ont enfilé les bas de costume du lion, des pantalons orange à fourrure blanche ou argenté à fourrure rouge. Sébastien a même apporté ses chaussures recouvertes de fourrure rouge. C’est lui qui les a fabriquées, raconte-t-il fièrement. Les costumes de l’école ont été fabriqués en Malaisie. « Il y a beaucoup de gens qui nous demandent si on les vend », s’amuse Patrick, « mais non, ils sont tellement beaux qu’on les garde ! Et puis ça coûte cher.»

« Les conditions de répétitions ne sont pas faciles ici »

Les mouvements des lions s’apparentent à de vraies chorégraphies que les danseurs répètent sans relâche. Le moindre faux-pas peut entraîner une chute. Lorsqu’ils dansent au sol, ça n’est pas très grave. Mais il leur arrive aussi de danser sur des poteaux de 1 mètre à 1,70 mètre de hauteur, qui représentent les obstacles que le lion rencontre sur son chemin. Les élèves de Maître Quach s’entraînent particulièrement à danser sur les poteaux car l’année dernière, lors de leur démonstration devant le magasin Tang Frères, le plus important du quartier, ils sont tombés. Le patron, Bounmy Ratanavan, n’était visiblement pas content, se souvient Patrick. « Ca porte malheur ! », explique-t-il. Il faut dire que les Chinois sont très superstitieux. Selon une autre croyance, les lions doivent être en nombre impairs sinon cela porte également malheur.

« L’écart de niveau entre les danseurs français et asiatiques est de plus en plus grand », regrette le Maître, « car les conditions de répétition ne sont pas faciles ici. » « En Asie, il fait plus chaud, et ici nous n’avons pas l’autorisation de jouer du tambour », poursuit-il. L’école participe tous les deux ans aux championnats mondiaux de danse du lion en Malaisie, mais les résultats ne sont pas brillants. En revanche, les danseurs de l’école Yeng Mow Tang sont champions de France de leur discipline. Leur renommée leur a valu la visite du Maire de Paris, Bertrand Delanoë, mais aussi de Nicolas Sarkozy, alors ministre et même de François Mitterrand lorsqu’il était Président. Ce dernier a baptisé la tête d’un lion noir, qui trône aujourd’hui au dessus de la porte du local de l’école.

Demain, tous les danseurs se retrouveront pour une démonstration à la sortie de la messe en chinois de l’église Notre-Dame de Chine qui jouxte l’école. Malgré la température glaciale et l’interdiction de porter des gants, ils seront tous là, plus motivés les uns que les autres. « Ils sont amoureux de la danse du lion ! », résume Patrick.

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Filed Under (Diaporama, Découverte, Paris, Photos) by Marie-Laure on 03-02-2008

L’un inauguré en 1875 , l’autre en 1989. Baroque et éclectisme à l’Opéra Garnier, modernité à l’Opéra Bastille, choisissez votre camp…