Revue de presse
« Prise de bec » pour le Figaro ou « affrontement verbal » pour Le Monde, l’altercation entre Hugo Chavez et José Luis Zapatero à l’occasion du 17e sommet ibéro-américain au Chili a fait couler beaucoup d’encre (la voir ici). L’admonestation du roi Juan Carlos fait même un tabac sur internet. Depuis samedi, jour de l’incident, vidéos détournées et sonneries de téléphone portable du désormais célèbre « Por que no te callas ? » circulent à tout va, racontait mardi le quotidien espagnol El País.
Les vifs propos du président vénézuélien qualifiant l’ancien chef du gouvernement espagnol, José Maria Aznar, de « fasciste » ont suscité d’acerbes commentaires dans la presse latino-américaine, le plus souvent contre Chavez.
Selon El Nacional, « le tempérament agressif » du président expliquerait ses « réactions imprévisibles ». Il serait même incapable de « comprendre le protocole, les normes et le langage de réserve et de respect » des sommets internationaux, poursuit le journal vénézuelien anti-chaviste.
Dessin de Rayma paru lundi 12 novembre dans El Universal , quotidien vénézuelien profondément anti-Chavez. (Référence au fameux vers de Pablo Neruda, poète chilien “Me gusta cuando callas porque estas como ausente”)
Mais ne condamnons pas Chavez trop vite, réplique le quotidien de gauche argentin Pagina 12 pour qui le président vénézuelien n’a pas eu tort de pointer du doigt certaines entreprises espagnoles. « L’Espagne, à partir du gouvernement de Felipe Gonzalez, a fait bloc pour défendre ses entreprises, raconte le journal, malgré des accusations – fondées - de corruption.» Quant à la complicité d’Aznar dans le coup d’état d’avril 2002, dénonçée par le président vénézuélien, la journaliste de Pagina 12 rappelle que « le ministre des Affaires étrangères espagnol, M.A. Moratinos, avait reconnu en novembre 2004 qu’Aznar avait légitimé le putch qui a brièvement évincé Chavez du pouvoir ».
Pour Osvaldo Tcherkaski, écrivain et journaliste, correspondant du Nouvel Observateur à Buenos Aires, il est fort possible que Chavez ait cherché « à occuper la première page des journaux par cette mise en scène pour se montrer fort à un moment où il est en réalité aux prises avec des problèmes internes importants ». Il aurait « utilisé la Couronne d’Espagne pour renforcer le camp du oui » pour le référendum de décembre prochain qui devrait lui attribuer davantage de pouvoirs, affirme Ernesto Ekaizer, éditorialiste del Pais.
Pour autant, l’image de Chavez en Amérique Latine ne devrait pas être très affectée car, comme le rappelle Oswaldo Tcherkaski, « envoyer dans les roses les anciens colonisateurs n’est pas sans déplaire aux latino-américains ». Idem pour l’image de Juan Carlos d’ailleurs, puisque son invective à Santiago « nourrit même l’actuelle vague de sympathie des Espagnols à son égard», rapporte le journal espagnol, la Vanguardia.
Lucile Gimberg
Dessin de Rayma paru lundi 12 novembre dans El Universal , quotidien vénézuelien profondément anti-Chavez. (Référence au fameux vers de Pablo Neruda, poète chilien “Me gusta cuando callas porque estas como ausente”)
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