Nouvelle étape de franchie dans l’imbroglio politique dans lequel est plongée la Belgique depuis maintenant plus de cinq
mois. Lundi soir, les élus francophones de Wezzembeek-Oppem, commune située en territoire flamand, viennent de voter une motion permettant d’usage de leur langue maternelle lors des conseils municipaux. Cette décision à été prise dans un contexte très tendu, puisque, selon le newsmag belge Le Vif , « une bonne centaine d’extrémistes flamands avaient fait le déplacement à Wezembeek-Oppem (…) A chaque intervention d’un conseiller communal en français, des manifestants se levaient pour crier “Nederlands, Nederlands”.»
Preuve de la complète irrationalité du système politique belge, le ministre flamand des Affaires Intérieures, Marino Kelen, a assuré mardi vouloir supprimer cette disposition.
Ce nouveau conflit intervient après plusieurs décisions controversées, comme l’interdiction, dans la commune de Hal, des panneaux de signalisation en français. « C’est dire si le nationalisme va se nicher dans les moindres détails », écrit Jean Quatremer sur son blog. A tel point que la situation tourne parfois à l’absurde, comme le démontrent ces reportages de LCI et I Télé.
Dans Le Monde du 20 octobre, Jean-Pierre Stroobans s’était quant à lui penché sur le cas de Kraainem, commune flamande peuplée en majorité de francophones aisés. Les résurgences nationalistes y sont fréquentes. « A Kraainem, le temps du compromis des Belges est révolu », conclut le journaliste.
L’état désastreux du paysage politique belge semble donc préoccuper les correspondants français à Bruxelles. Certainement parce que la Belgique, membre fondateur de l’union Européenne, abrite la quasi-totalité des institutions européennes. Et donne, ces derniers mois, une image calamiteuse de l’esprit européen qui est censé animer ses administrés.