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Afficher Foyers de travailleurs migrants sur une carte plus grande
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Comment faire pour se loger quand on a une dette de 80 000€ euros, pas de revenus et des études en cours qui vous obligent à vous loger sur Paris ? Le squat, j’ai déjà donné, merci bien.
J’ai trouvé la solution miracle : rénover un appartement en échange d’un an de loyer gratuit ! visite guidée.
voici ma chambre :
dans quelques mois, je pourrais m’y installer.
et voici ma cuisine :
on vit à deux dans 12 m², mais la vue sur Paris est imprenable.
Pour éviter que les odeurs de cuisine ne parfument trop mes draps et mes vêtements, on met les plaques sur le balcon. L’hiver, on évite de faire cuire trop longtemps les steacks.
Le seul ennui, c’est que les travaux ne me laissent plus le temps de bosser pour mes cours… on ne peut pas tout avoir.
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Déposé au milieu de la pile au kiosque rue du faubourg Saint-Honoré, j’attends patiemment mon tour. 7H30, un chauffeur m’achète et me feuillette. Mon gros titre en manchette « Une fillette de trois ans étranglée par un maniaque » n’attire même pas son regard. Mes pages politiques, il les survole, de même que la rubrique vivre-mieux, ou économie. Il survole d’un regard distrait les titres des faits divers. Non, ce qui intéresse mon chauffeur, ce sont mes courses de chevaux. Il n’a pas joué hier, mais il suit assidument les résultats, relève les performances des têtes d’affiche, repère les nouveaux venus.
Soudain, le patron de mon chauffeur sort de chez lui. Le chauffeur me jette rapidement sur la banquette arrière, et démarre le moteur. Jean-Louis Borloo s’asseoit sur moi en grommelant un « bonjour » quasiment inaudible. « Au ministère ». Le ministre de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de la mer me sort de sous ses fesses. Il me lit tous les matins. « Putain, ils ont sucré mon fait du jour sur les algues pour parler de cette fillette dont tout le monde se fout ! Merde alors. » Très énervé de voir son interview divisé par deux et son sujet réduit à la portion congrue dans la rubrique « vivre mieux », Jean-Louis Borloo commence mal sa journée. « En plus ils ont mis cette photo de moi horrible, je te jure… »
Pendant que le chauffeur pouffe en cachette, le ministre parcourt mes pages politiques. « Cet imbécile de Copé a réussi à caser sa “fronde des députés”… Quel journal de merde, tout de même ! ». Alors que la puissante voiture traverse la Seine, il survole les pages “télévision”. Les états d’âme des candidats de la nouvelle star l’intéressent davantage que le préavis de grève à la SNCF, en pages éco. Enfin, nous entrons dans la cour du ministère. Le ministre me prend sous son bras avant de sortir de la voiture.
Les membres de son cabinet sont à peine assis pour la réunion matinale, que Borloo me brandit déjà et m’agite d’un air furibard : « On a complètement raté notre coup ! Si on n’est pas en une, personne ne va parler de nous ! Ils m’avaient promis le fait du jours, et voilà qu’ils me virent pour parler de cette conne qui s’est faite étrangler ! Quels abrutis, ces journalistes, bordel ! » La chargée de relations presse l’interrompt : « Détrompe-toi, Jean-Louis : on a déjà été repris par France Info, Europe 1, le monde.fr et le figaro.fr. Le JT de france 3 Bretagne m’a appelée, ils font un sujet ce soir. Même en pages vivre-mieux, ça marche, tu sais. ». « Ah bon, bon, très bien ». Le Ministre me pose et entame les affaires courantes.
A la fin de la réunion, je reste en plan au milieu de la table. Une femme de ménage prénommée Sylvie me saisit avant d’aller se boire un café en cachette dans les toilettes. « Oh, la pauvre ! » lâche-t-elle en lisant ma manchette. Elle dévore les deux pages de fait du jour, l’interview du psychiatre, le reportage à l’hôpital psychiatrique, la voie express “avez-vous peur de vous faire aggresser ?” Avant d’aller descendre les poubelles, elle jette tout de même un oeil à son horoscope : « Balance, vous rencontrerez l’âme soeur aujourd’hui, mais peut-être que vous ne vous en rendrez pas compte ».
A la pause de midi, Sylvie m’emporte dans la brasserie où elle a ses habitudes. « Je vais prendre une grande salade » lance-t-elle au serveur, avant d’enchaîner : « vous avez vu dans le Parisien, la jeune fille étranglée ? C’est arrivé tout près d’ici, dans le 15e… ». S’ensuit une longue discussion sur les bons et les mauvais quartiers de Paris, la violence qui monte et les malades qu’on devrait mettre en prison. Le serveur est plutôt sympathique, mais il est décidément trop borné pour constituer un compagnon digne de ce nom. A la fin de la salade, Sylvie me laisse sur sa table et retourne travailler.
15 heures. Comme tous les jours, Michel, le clochard de la rue de Grenelle, entre dans le café pour demander son sandwich. Pendant que le serveur va chercher un bout de pain et un reste de fromage, Michel me prend d’un geste vif et me fourre dans sa besace. Une fois passé le coin de la rue, il me sort et me déplie avec un air de satisfaction. « Le Parisien… c’est qu’il est de moins en moins facile à trouver, çui-là ! » Michel était facteur avant que sa femme ne le chasse de chez elle. Il se plonge dans la lecture de la rubrique “économie”, et tombe sur l’article “bénéfices records pour Total et BP”. « Sacré nom de Dieu, ils ont pas fini d’nous emmerder, ceux-là ! Ils m’enfument toute la journée, et en plus ils se sucrent ! Misère… »
A la tombée de la nuit, Michel m’enveloppe autour de son chien pour qu’il grelotte un peu moins.
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Il voulait être président comme papa. Conseiller général, puis président de groupe, bientôt administrateur et président de la Défense, avant la prise du conseil général… On ne peut qu’être impressionné par le talent politique du jeune Jean S., petit prodige de la droite altoséquanaise. Toujours en deuxième année de droit à 23 ans, sans diplôme connu, le jeune homme n’avait pas a priori le CV attendu pour prendre la tête du plus riche quartier d’affaires d’Europe. Mais les conseils d’administration sont plus modernes qu’on ne le pensait : ils donnent leur chance aux petits jeunes de banlieue sans diplôme. Démolissant toutes les idées reçues, Jean est la preuve vivante que la formation et l’âge sont des critères dépassés pour attribuer les responsabilités.
Et que personne n’aille dire que les relations du “dauphin” ont pu jouer dans sa pré-nomination. Que personne n’aille penser que le Président de la République souhaite assurer son contrôle sur une des plus grosses machines à fric du système Pasqua. Non, aucun intérêt privé n’est en jeu, car la seule chose qui anime les élus de droite est l’intérêt général. Et la promotion des jeunes générations si durement touchées par la crise.
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un court reportage sur les traders et sur leur destin tragique.
PARIS, 23/10/08, 21h. Les 94 habitants expulsés jeudi matin du 150 bd Vincent Auriol, dans le XIIIe arrondissement de Paris, par la Préfecture de Police, occupaient toujours un parking à 21h pour obtenir leur relogement, alors qu’un rassemblement de soutien était organisé devant la mairie (PS) du XIIIe.
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Selon quatre élus communistes de la ville de Paris dans un communiqué de soutien, cette expulsion intervient alors qu’un processus de relogement des 182 habitants, l’expropriation du bâtiment et sa transformation en logements sociaux ont été engagés par la Mairie de Paris, l’Office HLM et la Préfecture de Paris.
L’immeuble, ancienne Maison des Etudiants de Côte d’Ivoire, est occupée depuis plus de trente ans, par des familles et des célibataires. L’immeuble, en situation de surpeuplement, compterait également une vingtaine d’enfants selon les associations. Selon les forces de Police, l’immeuble présente de graves problèmes de sécurité qui ont justifié son évacuation en urgence. Les associations et les élus communistes estiment quant à eux que des solutions de mise en sécurité pouvaient être mises en places rapidement.
Selon les familles, un hébergement pour une nuit dans des hôtels répartis dans toute l’Ile de France leur a été proposé, mais elles ont refusé. « Et qu’est-ce qu’on va faire demain soir ? Ce qu’on veut, c’est des vrais logements. Ils veulent nous séparer pour nous empêcher de lutter », déclare Martine, habitante expulsée. Selon les soutiens, l’éloignement des hébergements proposés posent des problèmes de scolarisation des enfants.
Selon les témoins, l’expulsion du matin s’est effectuée sans ménagement. Un bébé a été transféré à l’hôpital après avoir été touché par des gaz lacrymogènes, un habitant et un soutien ont été interpellés puis transférés au commissariat du 11e, selon les associations.
La mairie (PS, Jérôme Coumet) du XIIIe a accepté de recevoir les représentants des associations qui soutiennent les habitants. Elle ne cautionne pas les agissements de la police, mais n’a pas de meilleure solution à proposer que l’hébergement en hôtel pour une nuit.
Une première expulsion, le 25 septembre, concernant la moitié des habitants de l’immeuble, avait déjà donné lieu à une promesse de relogement. Selon les associations, aucune personne n’a été relogée jusqu’à présent. Les associations réclament le relogement des 182 habitants en logement social, et la régularisation des résidents sans-papiers.

