Comme des poissons sans eau
Il pleut, il mouille. Depuis l’incendie de la piscine de l’Insep dans la nuit du 10 au 11 novembre 2008, les soixante sportifs de haut niveau qui s’y entraînaient ne sont plus à la fête.
Des gravats, de la tôle froissée et un immense mur. C’est tout ce qui subsiste de la piscine d’entraînement de l’Institut national du sport et de l’éducation physique située au cœur du bois de Vincennes à Paris. Dans la nuit du 10 au 11 novembre 2008, un incendie d’origine accidentel a totalement détruit la piscine. Le toit s’est effondré, ravageant le centre nautique qui abritait deux bassins de 50 et 33 m, deux saunas et deux jacuzzis. Les soixante sportifs des quatre pôles France Natation (water-polo, natation synchronisée, plongeon, course en ligne) n’ont donc eu d’autre choix que d’aller s’entraîner ailleurs.
La direction du campus de l’Insep a vite réagi et annoncé, dès le 10 décembre, le déblocage par le Sénat de 10 millions d’euros pour la reconstruction du complexe nautique. En attendant ce futur bâtiment, un nouveau bassin de 25 m devrait être achevé en juillet 2009. Un autre bassin provisoire de 50 m devrait également voir le jour.
Reconstruire pour l’avenir
Même si les jeunes nageurs de l’Insep n’ont pas encore le niveau d’un Alain Bernard ou d’une Laure Manaudou à ses heures de gloire, leurs performances sont extrêmement prometteuses. Il est donc nécessaire de reconstruire rapidement ce site pour ne pas entraver leur ascension.
Cette réhabilitation s’effectuera dans le cadre de la réforme du sport de haut niveau, voulue par le secrétaire d’État aux Sports, Bernard Laporte. Celui-ci souhaite transformer l’Insep en un « Harvard du sport » en y injectant plusieurs millions d’euros. « Une telle infrastructure sera unique en Europe », a-t-il déjà promis.
« Des questions de recrutement et d’effectif vont se poser »
Jean-Lionel Ray est entraîneur natation à l’Insep. Il évoque l’avenir de ses nageurs après l’incendie.
Comment vous êtes-vous organisé après l’incendie ?
Le 12 novembre une réunion de crise a eu lieu avec Claude Fauquet, alors Directeur Technique National, la direction de l’Insep et le ministère des Sports. Il a été décidé que nos sept nageurs partiraient s’entraîner à Reims pendant quatre jours, le temps de trouver une piscine de remplacement en région parisienne.
Quelle solution a été trouvée?
La direction de la piscine de Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne) nous a libéré deux créneaux, de 11h à 13h et de 17h à 19h. C’est un bassin de 50m qui convient donc parfaitement aux nageurs. De plus, l’Insep a mis à leur disposition un minibus pour qu’ils puissent continuer de suivre normalement leurs études.
Quelles vont être les conséquences pour les nageurs?
A court terme, il n’y aura aucun impact pour eux. Par contre, à plus long terme, des questions de recrutement et d’effectif vont se poser. Nous avions mis en place un projet qui s’appuyait sur la création d’un troisième bassin. Aujourd’hui, il n’y en a plus aucun. Tout va dépendre des solutions qui vont être adoptées.