
Elle n’a pas encore rangé son épée dans son fourreau. Maureen Nisima continue en 2010, de martyriser les spécialistes mondiales de l’épée féminine. Oubliés les moments de frustation, l’incompréhension et la colère. Non sélectionnée aux Jeux Olympiques de Pékin, l’actuelle numéro 15 mondiale a hésité à stopper net sa carrière sportive.
Bien lui en a pris car il y a deux semaines, la pensionnaire du Levallois Sports a remporté à Budapest, la première épreuve sélective de la saison. Toutes ont succombé à son jeu offensif, forgé dans la pure tradition de l’escrime français. « Un escrime propre, agressif et batailleur. Depuis toujours, on nous apprend à tout faire: attaquer, provoquer et être en capacité de parer à toute situation sur la piste » précise celle qui a débuté l’escrime à Aulnay-sous-Bois, par le fleuret à l’âge de 6 ans, l’immuable arme d’apprentissage, avant de passer à l’épée à 15 ans.
Cette première victoire a été obtenue dans un tournoi sélectif, une des compétitions décisives dans le choix des deux épéistes françaises qualifiées pour les futures grandes échéances internationales. Une victoire déterminante ou un coup d’épée dans l’eau car la concurrence en équipe de France est rude? Ce week-end, Laura Flessel, sa principale rivale dans la course aux deux sésames tricolores qualificatifs, l’a vaincue en quart de finale de l’étape romaine de la Coupe du monde 2010. « La Gûepe » est éternelle qui en dépit de la quarantaine approchant, continue de s’accrocher à son épée et d’asséner des touches fulgurantes.
« Une deuxième chance »
La tête de gondole de l’escrime féminin capte toujours toute l’attention médiatique. Un plébiscite unanime alors que Maureen exerce sa passion au quotidien dans un anonymat quasi total. La championne d’Europe 2002 en individuel et la double championne du monde par équipes en 2005 et en 2007 n’est pas suivie par une meute de journalistes demandeurs de ses moindres faits et gestes. Elle s’en satisfait même si point un certain agacement face à cette immuable préférence. « Aujourd’hui, si les médias décident de parler de l’escrime, ils font appel à Laura Flessel. Elle peut imposer qu’on parle d’elle parce qu’elle donne toujours quelque chose. »
A l’évocation de sa relégation dans l’ombre de la glorieuse aînée, Maureen pique. Heureusement qu’elle n’a pas son arme avec elle, sinon elle tailladerait de la pointe de son épée. « Tout le monde dit sans arrêt que je suis dans son ombre. Mais, j’ai gagné plein de titres y compris quand Laura était là. » corrige-t-elle. Elle espère la battre comme toutes les autres aux prochains championnats d’Europe de juillet puis aux mondiaux de novembre. Surtout aux Jeux olympiques de 2012, histoire d’oublier définitivement sa non-participation à la dernière olympiade chinoise. Le CIO avait supprimé du programme olympique, l’épreuve par équipes et Maureen avait été écartée de la sélection pour la compétition individuelle. Entourée aujourd’hui d’un staff élargi où elle s’appuie notamment sur un préparateur physique et un médecin, Maureen Nisima se sent plus forte. « Une deuxième chance » s’ouvre à elle pour arracher enfin l’or olympique et pourquoi pas devenir la nouvelle égérie de l’escrime féminin tricolore.

















