Ci-dessous l’article avec lequel j’ai remporté le 1er prix de la bourse Charles Gide, qui récompense chaque année le meilleur reportage en économie sociale.

 

 

 

 

 

5e fournisseur d’électricité derrière EDF, GDF, Poweo et Direct Energie, Enercoop est la seule coopérative de fourniture d’électricité renouvelable en France.

 

Dans les locaux parisiens de Greenpeace, la célèbre ONG environnementale, on se chauffe à l’électricité verte. A bas le nucléaire ! Et vive les ressources naturelles renouvelables ! Eau, vent, soleil, ou matières végétales comme le bois. Mais Greenpeace ne s’arrête pas là et loue un de ses étages à Enercoop, seule coopérative de fourniture d’électricité renouvelable en France.

“Toutes les études montrent que beaucoup de Français ne connaissent pas d’autres fournisseurs qu’EDF” explique Patrick Behm, 50 ans, directeur d’Enercoop, lors de la conférence qu’il anime au salon « Ecobat » sur l’éco-construction et la performance énergétique. Malgré le brouhaha du salon, l’assemblée hétéroclite est concentrée sur l’exposé, intitulé « Electricité, consommez vert ». L’éco-militant décrit un monopole d’EDF qui « possédait tout : de la production à la fourniture d’électricité, en passant par les réseaux d’acheminement. Depuis 2004, deux marchés coexistent. Le marché réglementé, dont les prix sont fixés par l’Etat, et le marché libre ». Aujourd’hui, Enercoop est le 5e fournisseur d’électricité en France derrière EDF, GDF, Poweo et Direct Energie. Read the rest of this entry »

Par Ioana Doklean et Aurélie Fontaine

Le 2 novembre 1979, Jacques Mesrine est abattu par la police Porte de Clignancourt. Avocate de Mesrine entre 1976 et 1978, Martine Malinbaum, qui a notamment publié en octobre un recueil d’une quarantaine de lettres et de poèmes écrites pour elle par ”l’Ennemi public n°1″, revient sur ces deux années.

Martine Malinbaum lit un poème de Mesrine

Grande, charismatique, les yeux verts. On ne doute pas que Martine Malinbaum ait pu faire tourner la tête des hommes. Mesrine le premier. Agée de 26 ans à l’époque, elle explique sans fausse modestie : ”J’étais un oiseau tout frais qui se posait sur la cage de la prison”. Accueillante, l’avocate reçoit dans son cabinet situé avenue Foch (XVIe arrondissement de Paris). Elle porte un tailleur noir, strict. Un manteau de fourrure est posé sur une autre table, quasi identique à celui qu’elle portait à la fin des années 70. ”Mesrine m’avait désignée pour que je sois son avocate. D’autres détenus de la prison de la Santé que je défendais à l’époque ont dû lui parler de moi”. Aucune appréhension du côté de la jeune femme, qui rejoint alors une dizaine d’avocats défendant Mesrine. ”Il faut replacer les choses dans leur contexte. La première fois que je rencontre Mesrine, c’est en 1976, au Quartier de Haute Sécurité (QHS) de la Santé. Il n’est pas encore l’Ennemi public n°1″.

Plus de détails sur cette première rencontre

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Le troisième sexe

3 février 2009

“Le Choix de Juliette”, de Juliette Jourdan, aux éditions Le Dilettante, raconte la vie quotidienne des transsexuelles dans une ville de province.

Elle ne dit pas grand-chose en interview. Elle en dit un peu plus dans son premier roman. Il reste néanmoins difficile de savoir qui est réellement Juliette Jourdan. De savoir où s’arrête le vrai (Juliette-dans-la-vie) et où commence le faux (Juliette-dans-le-roman). Dans la vie, Juliette est mince. Assez grande. Les cheveux attachés en queue-de-cheval. La cinquantaine, une allure un peu bourgeoise dans son trench rouge. « Le Choix de Juliette » est-il une autobiographie ? C’est un peu plus compliqué.

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Il y a d’abord une silhouette. Fine et élancée. Puis un visage émacié, que viennent habiller de petites lunettes discrètes. Le général rebelle Laurent NKunda, celui-là même qui menace de reprendre les hostilités au Nord-Kivu  s’il n’obtient pas de pourparlers avec Kinshasa, accorde une grande importance à son apparence. Certains détails le trahissent : un treillis repassé, des rangers impeccables en pleine jungle…A moins que ce ne soit voulu. Devant les médias, il déambule volontiers coiffé de son béret, en prenant appui sur une canne à pommeau doré. L’homme, âgé de 41 ans, se veut précieux, raffiné comme ses traits. Mais il est davantage décrit comme sanguinaire par ceux qui sont encore là pour témoigner. Marié, père de 6 enfants, il n’hésite pas à enrôler des enfants dans son armée.  Read the rest of this entry »

16e chambre correctionnelle de Paris. Elle entre dans la salle d’audience en reniflant et se dirige vers le box des accusés. Elle se jette dans les bras de son compagnon, qui lui caresse les cheveux. Châtains, bouclés, en bataille. Elle, c’est Sarah Zougal. Lui, c’est Hamad Haval. Il est condamné pour avoir “facilité ou tenté de faciliter le séjour irrégulier en France de personnes étrangères”. Absent lors du premier procès en mai 2008 avec vingt-quatre autres co-prévenus, cet Irakien de 31 ans a fait opposition du jugement. L’audience vient juste de se terminer, les magistrats se sont retirés pour délibérer. Sarah Zougal a l’air un peu paumée. Elle aurait dû être là pour témoigner, mais elle a été placée la veille en garde à vue sur indication de son tuteur de Douai, pour avoir quitté le domicile familial.

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Tanzanie. Trois syllabes collées ensemble, une invitation implicite au voyage. C’est à se demander si le nom du pays est réel. Si le pays lui-même existe. Et pourtant ! La Tanzanie est l’un des Etats d’Afrique les plus stables politiquement, ce qui lui vaut d’être actuellement à la tête de l’Union africaine. Et le pays a été choisi par l’ONU pour être le siège du Tribunal pénal international pour le Rwanda. La Tanzanie, c’est également le résultat du rapprochement en 1964 de deux entités : le Tanganiyka et l’île de Zanzibar. Deux terres aussi semblables que peuvent l’être la Suède et l’Espagne. A l’évocation de Zanzibar, combien de personnes ont écarquillé les yeux et se sont étonné : « Ah bon ! Ca existe vraiment ? ». Oui, oui, oui. Mais je comprends cette réputation d’île imaginaire, enfin j’ai compris lorsque le ferry m’a débarquée à Stone Town, le quartier historique. Influences indienne, arabe, occidentale. Africaine très peu, surtout si l’on reste dans la partie la plus ancienne de l’île aux épices. Dédales de rues, maisons enchevêtrées, grandes portes en bois sculpté, femmes en burqa, visages noirs aux sourires édentés : voilà ce que j’ai vu. Les aventures de Kapuscinski dans un décor des Mille et une Nuits, à la sauce Bollywood. Peut-on vraiment blâmer ceux qui pensent encore que Zanzibar est une chimère ?