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A 14h30, Benjamin Barthe n’a toujours pas mangé. Ils nous entraînent dans un restaurant de Ramallah, « une adresse rapide, pas cher où la bouffe est correcte. » La discussion commence autour d’une assiette de kefta. Une assiette que ce brun affable et plein de charme ne finira pas tellement il parle.
Il raconte avec humour, ses débuts. La coopé qu’il a réalisé en Egypte après le CFJ. Le journal de la chambre de commerce africano-canadienne pour qui il raconte le pays de Mubarrak et des Frères Musulmans. « C’était une feuille de propagande à la solde des dictateurs africains. Au milieu de tout ça, il y avait mes papiers. Pas un n’a été payés! » sourit-il.
Il n’a pas peur de livrer (avec ironie) ses anecdotes personelles, comme ce travail pour une chronique de LCI de 1999 à 2001. Il écrit les commentaires d’images, Jean-Marc Sylvestre leur prêtent sa voix. « J’ai été le nègre de Jean-Marc Sylvestre » s’amuse-t-il. Son tout premier papier, sur Arnold Schwarzenegger, est publié dans les pages cultures du Figaro. Il s’intitulait sobrement : “Le stratège du biceps”.
Après son escapade égyptienne, il revient à Paris. Là, on perd un peu le fil du récit parce que les disgressions et les flashbacks s’enchaînent. Il refuse un CDI à La Provence, participe à la nouvelle formule de L’Humanité, quitte le journal, enchaîne les CDD pour Paris Obs, commence une enquête pour Karl Zéro… On comprend en fait que la routine commence sérieusement à peser à ce passionné de reportage (il en parle comme d’une jubilation). En mars 2002, lors d’une soirée à Montreuil, une amie lui propose sa place de correspondante dans les Territoires Palestiniens pour La Croix,« le doigt du destin » dit-il.
Ces reportages sur la vie des Palestiniens lui ont valu le Prix Albert Londres 2008 : « le Graal ! » lance t-il d’un rire franc et généreux. Malgré la fierté, ce prix n’a rien changé. Le conflit couve, Benjamin Barthe continue ses collaborations pour différentes publications françaises. Les journalistes occidentaux présents dans les Territoires se comptent sur les doigts d’une main.
Cela fait maintenant six ans que le journaliste vit à Ramallah, « une charmante bourgade ». ll précise, comme il a dû le faire des dizaines de fois, que la ville a tout pour se distraire et que pour l’instant il y est bien. Les cafés préparent leurs écrans géants pour l’Euro 2008 et lui projette quelques soirées foot avec des amis.
Malgré le conflit, la vie à Ramallah peut être comme ailleurs.
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