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MURS MURS DE RAMALLAH

June 11, 2008 · No Comments

 

   

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BENJAMIN BARTHE, PRIX ALBERT LONDRES 2008

June 11, 2008 · No Comments

A 14h30, Benjamin Barthe n’a toujours pas mangé. Ils nous entraînent dans un restaurant de Ramallah, « une adresse rapide, pas cher où la bouffe est correcte. » La discussion commence autour d’une assiette de kefta. Une assiette que ce brun affable et plein de charme ne finira pas tellement il parle.

Il raconte avec humour, ses débuts. La coopé qu’il a réalisé en Egypte après le CFJ. Le journal de la chambre de commerce africano-canadienne pour qui il raconte le pays de Mubarrak et des Frères Musulmans. « C’était une feuille de propagande à la solde des dictateurs africains. Au milieu de tout ça, il y avait mes papiers. Pas un n’a été payés! » sourit-il.

Il n’a pas peur de livrer (avec ironie) ses anecdotes personelles, comme ce travail pour une chronique de LCI de 1999 à 2001. Il écrit les commentaires d’images, Jean-Marc Sylvestre leur prêtent sa voix. « J’ai été le nègre de Jean-Marc Sylvestre » s’amuse-t-il. Son tout premier papier, sur Arnold Schwarzenegger, est publié dans les pages cultures du Figaro. Il s’intitulait sobrement : “Le stratège du biceps”.

Après son escapade égyptienne, il revient à Paris. Là, on perd un peu le fil du récit parce que les disgressions et les flashbacks s’enchaînent. Il refuse un CDI à La Provence, participe à la nouvelle formule de L’Humanité, quitte le journal, enchaîne les CDD pour Paris Obs, commence une enquête pour Karl Zéro… On comprend en fait que la routine commence sérieusement à peser à ce passionné de reportage (il en parle comme d’une jubilation). En mars 2002, lors d’une soirée à Montreuil, une amie lui propose sa place de correspondante dans les Territoires Palestiniens pour La Croix,« le doigt du destin » dit-il.

Ces reportages sur la vie des Palestiniens lui ont valu le Prix Albert Londres 2008 : « le Graal ! » lance t-il d’un rire franc et généreux. Malgré la fierté, ce prix n’a rien changé. Le conflit couve, Benjamin Barthe continue ses collaborations pour différentes publications françaises. Les journalistes occidentaux présents dans les Territoires se comptent sur les doigts d’une main.

Cela fait maintenant six ans que le journaliste vit à Ramallah, « une charmante bourgade ». ll précise, comme il a dû le faire des dizaines de fois, que la ville a tout pour se distraire et que pour l’instant il y est bien. Les cafés préparent leurs écrans géants pour l’Euro 2008 et lui projette quelques soirées foot avec des amis.

Malgré le conflit, la vie à Ramallah peut être comme ailleurs.

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JOURNEE A RAMALLAH, le matin

June 8, 2008 · 1 Comment

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11H : CONFERENCE DE PRESSE

Le hasard fait bien les choses. Le jour où nous devons aller à Ramallah, se tient une conférence de presse de Saeb Erekat, le chef des négociateurs palestiniens. L’entrée dans la ville se fait sans encombre par le check point de Qualandia, un poste-frontiere où sont controlés voitures, passeports et papiers des personnes qui entrent en Israël. Dans la salle de presse, des journalistes arabes et occidentaux prennent place autour d’une longue table qui occupe les deux tiers de la salle. Les caméramen s’entassent au fond de la pièce et pestent dans un joyeux brouhaha lors des deux coupures de courant. Imperturbable, Saeb Erekat poursuit son speech alternant aisément arabe et anglais. Voici un article qui resume les principaux points abordés par Erekat.

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JOURNEE A RAMALLAH, le midi

June 8, 2008 · No Comments

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12h30 : MUQUATA

Seule activité touristique à Ramallah : la visite du tombeau de Yasser Arafat. L’esplanade qui s’étend devant nous est vide. Pas un chat aux alentours. La lumiere de midi fait resortir la blancheur de la pierre. On aperçoit au loin les deux gardes qui veillent sur le cercueil de l’ancien chef de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Situé dans l’enceinte de la Mouquata’a, le siège de l’autorité palestinienne, le caveau, entouré de deux militaires armés, trône au centre d’un édifice en pierres blanches rappelant la kaaba de la Mecque. Pas d’épitaphe particulière, une inscription en arabe rappelle simplement les nom, dates de naissance et de mort du leader palestinien. Quelques mètres plus loin, une mosquée a été érigée, dont le minaret mesure 11 mètres de haut, en souvenir de la date de mort de l’ancien Raïs, le 11 novembre 2004. Au faîte du bâtiment un laser pointe en permanence Jérusalem. Après avoir déposé nos sacs à l’entrée nous voilà entichées d’un guide, membre de la sécurité, qui nous suit à la trace. Et pour cause ce lieu de mémoire jouxte les bureaux actuels du Fatah, le parti du Président Mahmoud Abas . De nouveaux bâtiments sont en construction pour remplacer ceux détruits par l’armée israélienne lors du siège de la Mouquata’a en 2002. Il nous explique aussi que le vieux bâtiment qui abritait Yasser Arafat pendant le siège a été conservé en l’état.

Yasser Arafat est mort à Paris, à l’hôpital des armées Percy à Clamart. Les funérailles nationales qui lui ont été faites par la France, restent ici dans les mémoires. Lorsque les gens dans la rue demandent d’où nous venons, notre réponse est saluée par un très chaleureux : « Welcome ! ». 

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JOURNEE A RAMALLAH, l’après-midi

June 8, 2008 · No Comments

14H00 DEAMBULATION

Après le passage obligé par le tombeau d’Arafat, nous marchons dans les rues animées du centre-ville à la recherche d’un lieu où déjeuner. Partout du monde, des femmes faisant leurs courses, des jeunes en train de déguster une glace, des vieux qui discutent appuyés sur leur canne, des vendeurs de thé ambulant. Notre choix se porte sur du shawarma (viande de dinde grillée) roulé avec dextérité dans une lafa (galette souple proche de la pita), le tout accompagné de piments, de frites, d’olives et de légumes marinés dans du vinaigre. Un régal malgré la chaleur.

 

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RENCONTRE AVEC CHARLES ENDERLIN

June 5, 2008 · No Comments

Charles Enderlin nous accueille chaleureusement au Jerusalem capital studio, l’immeuble de la presse étrangère. Voix profonde, gilet sans manches de journaliste baroudeur, le stylo Mont-Blanc et le passeport qui dépassent d’une des poches : « Je reviens de Ramallah », nous explique-t-il.

Son vaste bureau est rempli de livres et de cassettes de reportages. Des images de son documentaire Le rêve brisé, sur les discussions secrètes entre Israéliens et Palestiniens, nous reviennent en tête. C’est dans ce même bureau que se sont rencontrés en 2000 les négociateurs des deux camps, pour tenter de parvenir à une solution.

Longue discussion sur la difficulté d’exercer le métier de journaliste dans une zone aussi sensible que le Proche-Orient. On se régale. Charles Enderlin habite en Israël depuis 40 ans et est correspondant pour France 2 depuis 27 ans. Il connaît le pays, le conflit et sa complexité.

Il nous en donne quelques clefs en décrivant deux dessins, deux caricatures accrochées sur les murs (voir le post suivant).

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LES DEUX CARICATURES

June 5, 2008 · 1 Comment

 

Description par Charles Enderlin

 

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COMME UNE QUETE

June 4, 2008 · 1 Comment

 

Après avoir longuement serpenté dans les petites rues de la Vieille ville, enfin surgit devant nous le Mur des Lamentations, ou « kotel » pour les Israéliens. Un pan du temple de David (érigé il y a environ 2000 ans), lieu de pèlerinage incontournable pour les juifs du monde entier et lieu le plus saint du judaïsme, carte postale ou cliché de Jérusalem pour les autres. The place to be à Jérusalem. Mais sur l’esplanade qui fait face au Mur, surprise, l’ambiance n’est pas qu’au recueillement. Un joyeux melting pot de gens passe, repasse et s’agite. Là, un ultra-orthodoxe vêtu comme au XIXe siècle jongle avec ses deux téléphones portables. Un peu plus loin, un jeune étudiant concentré pianote sur son « lap top ». Quelques collégiens allongés sur le sol blaguent en attendant leurs copains. Des enfants jouent. On pourrait rester assises à regarder ça pendant des heures.

Le Mur est séparé en deux par une barrière. Elle divise le lieu de prière des hommes de celui des femmes, beaucoup plus restreint. Le foulard donné à l’entrée cache les épaules trop découvertes des touristes. Les femmes s’approchent au plus près du Mur, elles le caressent, l’embrassent et récitent des prières. Pour s’éloigner, certains reculent pour éviter de lui tourner le dos.  La coutume consiste à glisser, entre les pierres, un morceau de papier sur lequel est inscrit un vœu.

Le temps passe, nous on s’en met plein les yeux.

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YOM YERUSHALAIM OU JOUR DE JERUSALEM

June 4, 2008 · 4 Comments

 

Aujourd’hui c’est le jour de Jérusalem. L’occasion pour les Israéliens de célébrer le 41e anniversaire de la réunification de la ville. Conquise en 1967 par l’armée israélienne lors de la Guerre des 6 jours, la partie Est de la ville appartenait jusqu’alors à la Jordanie. Partout on assiste à des scènes de liesse dans les rues : les gens chantent et dansent en brandissant le drapeau bleu et blanc. Des cars affluent des quatre coins du pays.  Des familles, des soldats en permission ou en uniforme, des jeunes venus entre copains, se rejoignent devant les remparts de la Vieille ville pour faire la fête.

Parfois un sentiment de malaise comme à la Porte de Damas, c’est-à-dire à l’entrée de la Jérusalem palestinienne. Là, un petit groupe de jeunes et bouillonnants israéliens manifestent leur enthousiasme plus bruyamment qu’ailleurs. Ils forment une ronde et bondissent en entonnant des chants qui célèbrent la ville, leur capitale. Leur joie résonne différemment  dans cette partie de la ville, car Jérusalem, Al-Qods en arabe, est revendiquée par les Palestiniens comme capitale de leur futur État. Quelques badauds palestiniens s’arrêtent et contemplent  la scène d’un air interloqué.  D’autres passent et montrent leur mécontentement par de grands gestes. Une pointe de tension est perceptible. Soldats et policiers israéliens veillent au grain.

Une autre chose nous a frappées. Pour permettre aux Israéliens de défiler librement et en toute sécurité jusqu’au Mur des Lamentations où  un concert est organisé, les commerçants arabes de la vieille ville ont dû fermer boutique plus tôt que d’habitude. Le contraste entre les rues bondées, dans lesquelles déferle dans la joie, et certaines allées commerçantes entièrement vides, est saisissant.  

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