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L’annonce le 8 janvier de Nicolas Sarkozy de supprimer les 35 heures a pris tout le monde de cours. Dès le lendemain, il est revenu sur sa déclaration. Mais la confusion persiste sur les intentions du gouvernement, qui dit vouloir assouplir les 35 heures sans les supprimer.

« Il n’est pas (dans) l’intention du gouvernement de supprimer la durée légale du travail (…) parce que c’est le point de départ du calcul des heures supplémentaires ». Conscient d’avoir soulevé une polémique en souhaitant, lors de sa conférence de presse à l’Élysée, la fin des 35 heures en 2008, Nicolas Sarkozy a dû rectifier le tir, dès le lendemain, lors de ses vœux aux parlementaires. Alors même que son Premier ministre avait, le jour même, soutenu son intervention en déclarant à l’Assemblée que les 35 heures sont « l’une des erreurs économiques et sociales les plus graves qui aient été commises (…) depuis 25 ans ».
L’annonce du chef de l’État devant les journalistes avait déclenché un tollé dans l’opposition et chez les syndicats faisant craindre un retour à un régime plutôt défavorable aux salariés. Car supprimer la durée légale du travail induirait de repousser le déclenchement des heures supplémentaires défiscalisées. Des heures supplémentaires chères au président de la République, qui avait voulu leur défiscalisation pour répondre à sa promesse de « travailler plus pour gagner plus ». L’inquiétude s’est faite d’autant entendre que les salariés ont besoin de ces heures supplémentaires pour augmenter leur pouvoir d’achat.
Nicolas Sarkozy, craignant d’être accusé de transformer son slogan fétiche en « travailler plus pour gagner moins », est donc revenu sur ses déclarations. Après avoir fait monter en ligne ses conseillers et des membres du gouvernement (Xavier Bertrand et Laurent Wauquiez notamment), il a finalement précisé vouloir aller plus loin dans la réforme des 35 heures, en « [augmentant] le nombre d’heures supplémentaires, donc en [gardant] une durée légale du travail ».
Le président a également ajouté qu’une entreprise pourrait déroger aux 35 heures seulement en cas « d’accord majoritaire » qui garantirait « l’amélioration de la situation des salariés ». De quoi contenter les plus sceptiques et faire taire, au moins momentanément, les critiques.