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Lors d’une conférence donnée à l’IPJ le jeudi 10 janvier 2008, Mohamed Sifaoui, célèbre journaliste d’investigation, s’est longuement exprimé sur son métier et ses enjeux. Un métier menacé par les craintes des journalistes face à leurs rédactions, selon lui, et par la mort de l’information.

« Le grand reportage n’est pas de l’investigation. Le journaliste d’investigation s’intéresse aux phénomènes extrêmes voire extrémistes, à la marge de notre vécu quotidien. » C’est ainsi que M. Sifaoui décrit son métier. Car être journaliste d’investigation, c’est aussi être un aventurier-aventureux, un enquêteur, un explorateur. Les qualités essentielles d’un journaliste d’investigation sont indéniablement la finesse et l’audace. « On doit découvrir des choses que certains cherchent à cacher », affirme l’intéressé. C’est pourquoi les journalistes d’investigation peuvent parfois déranger : ils révèlent bien souvent des vérités qui ne sont pas bonnes à dire pour tout le monde. C’est ainsi que Mohamed Sifaoui a été menacé de mort suite à son enquête intitulée « Mes frères assassins », une infiltration d’une cellule islamiste à Paris, et plus dernièrement attaqué en justice pour son film « J’ai infiltré le milieu asiatique », sur la menace chinoise à Paris.
« Aujourd’hui en France s’installe une mentalité où l’on préserve davantage son carnet d’adresse que le citoyen envers lequel on doit être droit et honnête », s’insurge le journaliste qui craint de voir son métier disparaître peu à peu. « Faire de l’investigation, c’est révéler le in et le off », explique-t-il, « et certaines chaînes n’assument pas et s’autocensurent». Il existe bien un risque en 2008 en France d’une dérive vers une société sans journalisme et sans information. « On ne peut pas le nier et c’est une question sur laquelle il faudra se battre. »
Se battre pour que les prochaines générations ne soient pas dénuées de tout esprit critique.