Le Blog Tendances des étudiants de l'IPJ

Archive for Points de Vue

The Carrie Diaries : Bradshaw bradée

AnnaSophia, Carrie et Jessica

AnnaSophia Robb peut-elle être Carrie Bradshaw ? Non, bien sûr. C’est une évidence qui frappe dès les premières minutes du pilote de The Carrie Diaries. Il ne suffit pas pour une adolescente blonde aux cheveux bouclés de rêver de Manhattan pour ressusciter à l’écran l’héroïne de Sex and the City (SATC). CW, chaîne teenage US diffusant les aventures des regrettés Frères Scott et Gossip Girl (GG pour les intimes), diffuse The Carrie Diaries depuis le 14 janvier 2013, série « prequel » (c’est-à-dire présentant aujourd’hui ce qui s’est passé avant la série initiale) sur l’adolescence de la plus célèbre lectrice de Vogue.

Difficile cependant de ne pas penser d’avantage à Gossip Girl qu’à SATC quand Carrie pose les talons à New York. Rien d’étonnant à ce que les codes couleurs soient les mêmes, l’équipe de producteurs est aussi celle de la série sur les sales gosses de l’Upper East Side. Voilà Carrie passée au filtre de Serena et ses amis : esthétique très propre, trottoirs frottés à la javel, ciel uniformément bleu, garçons à la peau trop nette qui sentent le shampoing, moulés dans des pulls en mohair. Dans SATC, les amies et les amants de Carrie avaient cette qualité de ne pas être « trop » beaux, ce qui les rendait plus réalistes et plus attachants que les copains de classe fadasses et gentillets de celle version 2013. A priori, il existe un monde alternatif où les adolescents, même ceux de 1982, époque pourtant fatale capillairement et vestimentairement parlant, sentent la violette et ont l’air de poser pour Vogue au saut du lit.

 

Faire du sens à tout prix

AnnaSophia Robb a beau être charmante, la vraie Carrie, c’est Sarah Jessica Parker. On est surpris, au fil des longs épisodes – 42 minutes quand un épisode de SATC en durait 30 – , quand l’héroïne est appelée par son prénom par ses amies. Le spectateur assommé par les tourments pubères de l’héroïne et sa bande se souvient alors pourquoi il s’inflige ce pensum. C’est Carrie. Tout ce qui lui arrive doit donc faire sens au regard de son futur. Maman morte d’un cancer ? Difficulté à s’attacher aux gens, et propension à courir après M. Big à l’âge adulte. Rencontre d’une photographe de mode libérée ? Amitié avec Samantha Jones à venir. Ami ayant du mal à assumer son homosexualité ? Future attitude gay friendly.

Carrie, fille à Papa?

Et puis, Carrie a une soeur ! Et vous n’en aviez jamais entendu parler. Mais ce n’est pas cette erreur de continuité qui choque le plus les fans. Dans SATC, le père de Carrie était parti quand elle avait cinq ans. Dans la série, adaptée du roman de Candace Bushnell datant de 2010 (soit 6 ans après la fin de SATC), Carrie vit avec son père et sa soeur suite au décès de sa mère. L’occasion de force tapotages bienveillants sur l’épaule de la part de son père et de “You’re a good kid, Kiddo.” Le seul personnage intéressant, c’est Dorrit, la petite sœur insupportable, maquillée comme une voiture volée. C’est elle, la vraie Carrie. Du moins, c’est comme ça qu’aurait dû être Carrie ado : indisciplinée et insolente. C’est aussi la seule à renvoyer une image un peu juste de ce qu’est une adolescente.

 

Carrie sans Miranda, Charlotte et Samantha

La série, centrée uniquement sur son héroïne, souffre d’un gros défaut. Carrie, la vraie, que ce soit celle de Darren Star ou celle de Candace Bushnell, n’est pas aimable. Elle ramène toujours tout à elle, se regarde le nombril jusqu’à en être imbuvable. Mais la force de Sex and the City, c’était de ne pas rendre la série totalement insupportable en se focalisant uniquement sur Carrie, mais en laissant de la place à ses copines. Centrer uniquement une série sur Carrie, qui plus est adolescente, c’est proposer une héroïne méga-tête à claque.  Les fans se lasseront du jeux des références. Après la énième bousculade d’une Carrie partie dans une envolée lyrique par un passant, ils auront compris. Dans le pilote de SATC, Carrie rencontre M. Big dans de telles circonstances. Merci pour le clin d’oeil mais à force on a trop mal aux yeux…

 

Léa Bastie

Posted by on janvier 29th, 2013 at 9:44  and tagged , ,  | Comments & Trackbacks (1) | Permalink


Downton Abbey, une saison 4 pleine de mauvais présages

Downton Abbey aura sûrement une quatrième saison … et ce n’est pas forcément une bonne nouvelle pour les fans. En attendant l’accord de la chaîne ITV1, le créateur, Julian Fellowes, a beaucoup de projets. Il souhaite que la série, relatant les tourments amoureux et financiers d’une famille d’aristocrates anglais au début du siècle, ait un spin-off, centré sur la rencontre des parents, le comte et la future comtesse de Grantham.

Un spin-off ? Julian Fellowes serait donc plus inspiré par le passé de ses personnages que par leur futur. On le comprend. Les différents arcs narratifs de la série semblent se boucler à la fin de la saison 3. Le season final est lui-même plutôt décevant. L’apparition d’un personnage sorti de nulle part, Rose, la cousine dévergondée, n’apporte pas grand-chose, après le crescendo tragique de la mi-saison. Le dernier épisode, en forme de « happy end », ne promet à première vue rien d’alléchant pour la potentielle saison 4. Les méchants sont punis. Les amoureux enfin réunis. Et la Seconde Guerre mondiale se profile à l’horizon, annonçant une série de rebondissements déjà vus 1 000 fois dans des films et des romans. Comment la série peut-elle se renouveler ? A moins que Julian Fellowes ne prenne des risques inconsidérés avec son bébé, et ne retourne Dowton Abbey du sol au plafond. On pense à la saison 4 de Misfits, et à l’audace dont a fait preuve son créateur, Howard Overman. Et si le vrai héros de la série, et le seul élément tangible auquel se raccrocher à l’avenir, c’était le manoir lui-même ?

Posted by on novembre 21st, 2012 at 10:41  and tagged , ,  | Comments & Trackbacks (0) | Permalink


Le néo-jogging ne passera pas l’hiver

Les créateurs de mode avaient tenté de l’imposer en 2009, puis en 2010. Le néo-jogging était annoncé comme la tendance de l’été. Maintenant de l’hiver.

 

Le néo-jogging n’a pas trouvé sa place dans nos armoires, et certaines marques, comme American Vintage, les bradent déjà sur Vente-privee.com. Et pour cause : le sportswear chic n’est pas la tendance la plus facile à adopter. Trop chic pour être porté lors d’un cours de gym suédoise, trop décontracté pour le bureau. Personne n’a envie d’avoir l’air en pyjama devant ses collègues. Et en ces temps de crise, personne n’achète un pantalon pour le porter seulement pour aller faire ses courses, ou pour traîner devant la salle de sport. Ce style « à l’américaine », privilégiant les textiles doux et confortables, donne vite l’air tassé, chiffonné, froissé.

President Bill Clinton jogging while wearing a Florida Sesquicentennial T-shirt: Washington, D.C.

Difficile d’avoir l’air gracieux en jogging quand on n’est ni Alessandra Ambrosio, ni Megan Fox. Difficulté supplémentaire, le style « sport couture » résiste mal au lavage, et donne vite un côté « je porte mes anciennes fringues de grossesses » aux femmes, « ma tenue d’ado attardé » aux hommes. Privilégier les tissus avec de la tenue, c’est toujours plus flatteur pour la silhouette. Surtout que ce pantalon « sport couture » pâtit cet hiver de la concurrence du « crop pants » comme pièce décontractée existant en version pailletée. Pas très chic et pas assez fou, le néo-jogging peut aller se rhabiller.

DEFI: Nightclub en pyjama par gonzaguetv

 

Léa Bastie

Posted by on novembre 13th, 2012 at 4:11  and tagged , , ,  | Comments & Trackbacks (0) | Permalink