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Lise démêle les cordes
Nerveuse, Lise n’attrape pas les mots aussi vite que les touches de son piano. Pourtant, lorsque l’on tire les fils, notes et langues se délient autour de la personnalité étonnante de la jeune chanteuse.
Jouer avec les cordes, marteler les touches…Lise s’est d’abord construite autour d’un piano. Grâce à lui, cette petite boule de nerfs à peine trentenaire expérimente ce qu’elle appelle « ses petites bizarreries ». Cuiller, tournevis, tout est prétexte à réinventer l’instrument qui l’a vu grandir depuis l’âge de cinq ans.
A l’adolescence, alors qu’elle prend des cours au conservatoire de Narbonne, Lise troque le classique pour des mélodies plus modernes. « J’avais envie de quelque chose de ludique, qui ressemblerait davantage à ce que j’entendais à la radio », se souvient-elle.
Plus tard, après avoir décroché son baccalauréat, Lise s’exile quelques mois à Détroit et s’y construit un réseau de musiciens. Elle y travaille en studio et fait ses premières scènes. A son retour en France, Lise n’a qu’une idée en tête : réaliser son premier album. Elle intègre l’équipe du Mediator , une salle de spectacles située à Perpignan, qui lui permet de jouer en résidence et de faire ses premières armes. Lise, c’est le genre d’artiste à toujours s’étonner d’être sur scène plutôt que dans la salle. « J’ai toujours peur d’être nulle mais que personne n’ose me le dire. » C’est la rencontre avec Cali qui va donner de l’assurance à la jeune femme. « C’est fou, il a frappé à toutes les portes pour me permettre de réaliser mon rêve. » Le rêve, ce sera la signature chez Cinq7, le label parisien de Dominique A et de Saez.
Hyperactive dopée à la musique
A son arrivée à Paris, Lise rencontre Johann Dalgaard. Entre eux, la collaboration relève de l’évidence. « Nous sommes tous les deux pianistes. Il ajoute cette pointe de variété à des mélodies qui me touchent. » Enfermés avec leurs claviers dans un appartement de la capitale, ils donnent naissance au premier album de Lise.
Depuis la sortie de “Lise” en juin 2011, la jeune femme à la voix cristalline défend son projet sur scène en France mais aussi « à l’export ». « J’ai joué en l’Allemagne, en République Tchèque et je m’apprête à partir en Amérique du Sud ». Mais l’hyperactivité de Lise ne s’arrête pas là. A ses heures perdues, elle prend des cours de chant lyrique et de saxophone pour satisfaire sa boulimie musicale. La chanteuse met à profit le reste de son temps libre pour écrire son second album prévu pour 2014. « Pour pouvoir écrire, je dois d’abord être touchée par un mot, une action, un événement. Ça déclenche chez moi des interrogations, et l’effet boule-de-neige est une réponse en chanson ». Une bien jolie manière de démêler les cordes de ses pensées en musique.
Marine DEPERNE
Les Revenants, l’étrange réalisme signé Canal +
La « french touch » des créations originales de Canal + frappe fort. Après le succès d’ « Ainsi soient-ils », de « Borgia » ou encore de « Maison Close », la chaine s’attaque cette fois au récit fantastique. Loin des séries américaines zombiesques à la « Walking Dead », « Les Revenants » plonge ses spectateurs dans un univers tout aussi réaliste, qu’étrange.
Dans une ville de montagne surmontée d’un barrage artificiel, des êtres, d’horizons et d’âges différents, cherchent à rentrer chez eux. Déboussolés, ils ne savent pas encore qu’ils sont morts depuis des années. Sans avoir pris une ride, ils devront faire face à des proches qui ne les attendaient plus. Porté par la musique angoissante du groupe écossais Mogwai, le scenario donne toute sa place à la caméra. La magie du huis clos s’installe dans ce musée d’images picturales aux couleurs froides. Portraits, gros plans, panoramique, vues aériennes…La caméra semble être la clé du secret des revenants.
Bien que souffrants de quelques faiblesses dans les dialogues, le jeu des acteurs est surprenant de justesse, notamment celle du casting féminin. On retiendra les excellentes Camille (Yara Pilartz) et Léna (Jenna Thiam), qui incarnent avec profondeur les retrouvailles de deux jumelles que la vie avait séparée.
Avides d’étrangeté, rendez-vous sur le site des Revenants. On y visite la ville en 360 degrés, on navigue entre les différents lieux de l’intrigue, on y croise ses habitants, vivants ou bien morts…
En se connectant via un compte facebook, laissez même votre propre passé influencer la navigation tout en menant l’enquête grâce aux indices qui gravitent autour des personnages…Un bon outil transmedia pour occuper vos heures creuses.
Première diffusion prévue lundi 26 novembre, à raison de huit épisodes de 52 minutes sur quatre semaines.
Guerrière de la paix
« Nous sommes fatiguées de souffrir, nous voulons la paix ». Vêtues de tee-shirt blanc, une armée de femmes envahie les rues de la capitale du Libéria et exige la fin de la guerre civile. A la tête de cette mutinerie, Leymah Gbowee, une mère de quatre enfants persuadée qu’ensemble, les femmes peuvent prendre le pouvoir.
« Mighty Be Our Powers » revient sur le parcours de cette militante pour la paix, récompensée par le prix Nobel de la Paix en 2011. A travers son témoignage transparait les souffrances de centaines de libériennes. Sans jamais verser dans le misérabilisme, Leymah Gbowee évoque les camps de réfugiés, les enfants soldats, et les rumeurs, constantes, de nouvelles attaques. En partageant leurs histoires, les femmes se libèrent de leur statut de victime et se découvrent activistes.
Féministe, mais aussi mère abandonnant ses enfants et sombrant dans l’alcool, le parcours de Leymah Gbowee est vacillant. Submergée par son combat pour la paix, elle gagne peu à peu en confiance jusqu’à contredire des intervenants lors de conférence à l’ONU.Tentée par une carrière tranquille au sein du gouvernement ou d’une organisation internationale, elle choisira d’élargir son combat à toute l’Afrique.
Hélène Guinhut
« Migthy Be Our Powers », Leymah Gbowee, Edition Beast Books, $25.99.


