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Les confessions de Lise
Derrière son regard de biche au crayon khôl, Lise se prête au jeu de l’interview sans langue de bois. Découvrez-la en cinq aveux.
Aveu n°1 : Elle préfère le face à face.
Difficile de passer à côté de cette partie de son caractère. A peine arrivée à IPJ, Lise semble impressionnée par la dizaine d’étudiants (pas plus rassurés qu’elle) qui vont l’interviewer. L’interprète avoue préférer les rencontres intimes : “Je suis plutôt dans la relation de un à un.” Mais au bout de quelques minutes, la relation de une à dix semble lui réussir aussi.
Aveu n°2 : Son image ? Peu lui importe.
Trouver une photo de Lise en train de faire une grimace ? C’est possible. Et ce n’est pas un drame. “Je me fiche d’être moche sur une photo. Personne ne peut contrôler son image. Là où je fais attention, c’est sur ce que je fais en musique.” Dire que l’on n’a pas osé lui demander de poser déguisée en Barbapapa…
Aveu n°3 : Internet et elle, ça fait deux.
Lise a un compte Twitter, un profil Facebook, un Myspace et un Tumblr. Et pourtant, les nouveaux moyens de communication ne sont pas son truc. “Je suis le moins 2.0 possible. Facebook, je m’y suis mise par obligation.” On va peut-être attendre avant de lui envoyer un MP dans ce cas.
Aveu n°4 : Sa mémoire lui fait défaut.
Lorsqu’on lui demande cinq moments qui ont marqué sa carrière, Lise hésite. “Je suis nulle avec les dates, nous avoue-t-elle. Et pourtant, j’ai fait des études d’histoires.” Elle calcule, tente de nous répondre. Puis baisse les bras. “Si vous voulez, je peux vous donner quelque chose de plus précis ce soir.” Finalement, nous n’avons pas envie de savoir. Ce mystère fait partie de son charme.
Aveu n°5 : Elle a vaincu sa plus grande peur.
“Ma plus grande peur c’était de ne pas faire de disque.” Heureusement pour nous, elle a réussi (“Lise“, label Cinq 7, 2 mai 2011). Et on attend avec impatience le prochain.
Lise par petites touches
Début mars, Lise au piano entame une tournée en Amérique du Sud. L’auteure interprète formée au conservatoire de Narbonne livre un répertoire riche et surprenant, entre musiques pop et classique et reprise de rap et de rock. Bien entourée et en perpétuelle quête de nouveauté, sans jamais lâcher son piano.
Amoureuse de Detroit
Après avoir appris le piano dès ses cinq ans au conservatoire de Narbonne, sa ville natale, Lise veut étendre son répertoire et sortir de la musique classique. « Je voulais jouer la musique que j’écoutais à la radio. » Un été, elle saute dans un avion, direction Detroit, où elle a un plan pour travailler chez un fleuriste.
Elle finit par jouer dans des bars du quartier et profite de l’ambiance chaleureuse pour se lâcher : « J’ai commencé à taper sur les touches du piano avec des objets, à parler au milieu de mes chansons. Les Américains sont plus détendus, ils acceptent mieux mes petites bizarreries. Ils trouvent même ça chic ! »
Lise rencontre des musiciens, joue en studio, monte sur scène. Après trois mois aux Etats-Unis, elle revient en France métamorphosée, avec un nouveau répertoire, en anglais et en français. Depuis, elle retourne chaque été à Detroit et a même monté un électro avec Octored, un DJ local.
Amie entourée
De retour en France, Lise veut se faire un réseau. Mais elle l’avoue elle-même : « Je ne suis pas à l’aise en réseauteuse. Je préfère construire de vraies amitiés. » L’artiste finit par nouer des liens avec du beau monde. Elle collabore avec Mathias Malzieu de Dionysos, rencontre Cali qui va « taper à toutes les portes [des labels] pour moi .» Johan Dalgaard, pianiste suédois, participe à la réalisation de son premier album, sobrement intitulé Lise, sorti en juin 2011. Il travaille aujourd’hui avec elle sur un nouveau disque, prévu pour 2014. Lise l’admet, elle est bien entourée. Et en rigole : « Mes copains, ce sont des stars ! »
Musicienne obstinée
Classe de chant, cours de saxophone… Quand Lise n’est pas en « home studio » à travailler sur sa nouvelle maquette, elle continue d’améliorer sa technique et structure son quotidien autour de la musique. L’artiste ne veut plus connaître le vide qui a suivi la sortie de son premier disque : « J’ai vécu une période de blanc. J’avais laissé tomber le piano, je ne connaissais pas Paris. J’étais fauchée. Cela ne doit plus jamais se reproduire. »
Aucun risque, Lise a un planning bien rempli et vit aujourd’hui de sa musique. En mars, elle entame une tournée de trois semaines en Amérique du Sud, entre l’Argentine, la Bolivie, l’Uruguay et le Brésil. L’artiste fuit la routine. « Je suis rarement au même endroit à faire les mêmes choses. » Mais vous la retrouverez toujours les doigts accrochés à… un piano. « Dans ma vie professionnelle comme en vacances, j’ai besoin d’en jouer pour me sentir en équilibre. »
Morgann Jezequel
Lise démêle les cordes
Nerveuse, Lise n’attrape pas les mots aussi vite que les touches de son piano. Pourtant, lorsque l’on tire les fils, notes et langues se délient autour de la personnalité étonnante de la jeune chanteuse.
Jouer avec les cordes, marteler les touches…Lise s’est d’abord construite autour d’un piano. Grâce à lui, cette petite boule de nerfs à peine trentenaire expérimente ce qu’elle appelle « ses petites bizarreries ». Cuiller, tournevis, tout est prétexte à réinventer l’instrument qui l’a vu grandir depuis l’âge de cinq ans.
A l’adolescence, alors qu’elle prend des cours au conservatoire de Narbonne, Lise troque le classique pour des mélodies plus modernes. « J’avais envie de quelque chose de ludique, qui ressemblerait davantage à ce que j’entendais à la radio », se souvient-elle.
Plus tard, après avoir décroché son baccalauréat, Lise s’exile quelques mois à Détroit et s’y construit un réseau de musiciens. Elle y travaille en studio et fait ses premières scènes. A son retour en France, Lise n’a qu’une idée en tête : réaliser son premier album. Elle intègre l’équipe du Mediator , une salle de spectacles située à Perpignan, qui lui permet de jouer en résidence et de faire ses premières armes. Lise, c’est le genre d’artiste à toujours s’étonner d’être sur scène plutôt que dans la salle. « J’ai toujours peur d’être nulle mais que personne n’ose me le dire. » C’est la rencontre avec Cali qui va donner de l’assurance à la jeune femme. « C’est fou, il a frappé à toutes les portes pour me permettre de réaliser mon rêve. » Le rêve, ce sera la signature chez Cinq7, le label parisien de Dominique A et de Saez.
Hyperactive dopée à la musique
A son arrivée à Paris, Lise rencontre Johann Dalgaard. Entre eux, la collaboration relève de l’évidence. « Nous sommes tous les deux pianistes. Il ajoute cette pointe de variété à des mélodies qui me touchent. » Enfermés avec leurs claviers dans un appartement de la capitale, ils donnent naissance au premier album de Lise.
Depuis la sortie de “Lise” en juin 2011, la jeune femme à la voix cristalline défend son projet sur scène en France mais aussi « à l’export ». « J’ai joué en l’Allemagne, en République Tchèque et je m’apprête à partir en Amérique du Sud ». Mais l’hyperactivité de Lise ne s’arrête pas là. A ses heures perdues, elle prend des cours de chant lyrique et de saxophone pour satisfaire sa boulimie musicale. La chanteuse met à profit le reste de son temps libre pour écrire son second album prévu pour 2014. « Pour pouvoir écrire, je dois d’abord être touchée par un mot, une action, un événement. Ça déclenche chez moi des interrogations, et l’effet boule-de-neige est une réponse en chanson ». Une bien jolie manière de démêler les cordes de ses pensées en musique.
Marine DEPERNE


