La Belle au Bois Dormant, Blanche Neige, et la terrible belle mère, ensorcèlent à nouveau nos écrans. Loin des versions  pastelles aseptisées de Walt Disney, les contes de fée se font sombres et angoissants.

Le corps diaphane et nu, elle git sur un lit, la respiration régulière. Des mains masculines frôlent sa peau, d’abord timidement puis avec force et violence. Elle ne frémit pas, elle dort. Au réveil, il ne lui reste aucun souvenir. La Belle au Bois Dormant de Julia Leigh n’existe que par sa sexualité. Embauchée par un réseau qui endort les demoiselles pour satisfaire les désirs pervers de ses clients, cette jeune étudiante se laisse happer dans un univers de servilité sexuelle.  Si Charles Perrault avait imaginé les fées marraines pour réveiller la princesse, dans ce film, aucun secours n’est apporté à la jeune femme. Seule la drogue l’extirpe de sa torpeur pour mieux la plonger dans une autre.

Si Sleeping Beauty est la plus violente des adaptations de contes de fée annoncées, les autres versions sont loin de dépeindre également un monde merveilleux. Dans Once Upon a Time, nouvelle série américaine diffusée sur ABC, la malédiction prend le pas sur l’enchantement. Dans une tentative de vengeance ultime, la belle-mère de Blanche Neige jette un sort qui envoie tous les personnages de contes de fée dans le monde réel. Dans leur nouvelle vie, Blanche Neige, le prince ou encore Jiminy Criquet n’ont aucun souvenir de leur existence antérieur. Le créateur de la série étant celui qui a écrit Lost, l’angoisse et le suspens ne devraient pas tarder à surgir.

Au printemps 2012, deux longs métrages revisitant l’histoire de Blanche Neige sortiront en salle.  Mirror, Mirror avec Julia Roberts promet de rester fidèle au conte. En revanche, dans la version de Rupert Sanders, intitulée Blanche Neige et le chasseur, les épées et les flèches remplacent les biches et les écureuils. L’héroïne, interprétée par Kristen Stewart, part en croisade pour renverser la dictature de la sorcière.

Même l’art contemporain ne conçoit pas les contes de fée sans une touche d’angoisse. En décembre prochain, l’artiste Jérôme Mesnager – connu pour son « homme blanc » peint sur les murs des villes – expose sur ce thème à Paris. Des créatures enchantées, des sorcières et des princesses peuplent ses toiles mais toujours en noir et blanc. Terminé le temps où les fées de Cendrillon se chamaillaient pour choisir entre une robe bleue ou rose. Désormais, la princesse arbore un costume noirâtre.

Une sinistrose générale qui pourrait s’expliquer par l’absence d’un protagoniste essentiel.  Où sont passé les princes ? Dans les premiers épisodes de Once Upon a Time, le bien-aimé de Blanche Neige est plongé dans un coma profond. Dans Sleeping beauty, les prédateurs libidineux ont remplacé le chevalier servant. « Refusons tout deux que nos lendemains soient mornes et gris », chantaient en cœur la Belle au Bois Dormant et le prince Philippe de Walt Disney. Sans prince, point de salut pour la princesse.

Hélène Guinhut

Infos pratiques : Sleeping Beauty de Jlia Leigh, sorti le 16 novembre 2011, interdit aux moins de 16 ans.

Exposition « Contes de fée » de Jérôme Mesnager, du 1er au 24 décembre 2011, à la Galerie Ligne 13. Entrée libre de 14h30 à 19h30.

 



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