Quelle consistance pour les fantômes des séries US ?

Le Fantôme va-t-il remplacer le vampire dans les séries US ? A Gifted Man, American Horror Story, ou Being Human qui ont débutent sur les chaînes américaines depuis la rentrée mettent toutes en scène des ectoplasmes sous des formes diverses et variées. Casper et ses copains prennent de la consistance en devenant des personnages à part entière.
Dans A Gifted Man, la vie de Michael Holt, neurochirurgien, est guidée par les conseils du fantôme d’Anna, son ex-épouse. Pour Martin Winckler, spécialiste des séries télévisées, « le fantôme d’Anna est relativement discret, il apparaît seulement pour remettre le héros dans la bonne direction. La femme agit essentiellement comme une conscience, qui éprouve elle-même des remords et des regrets, analyse-t-il.C’est un fantôme métaphorique. »
American Horror Story, diffusé aux Etats-Unis depuis le 23 septembre, met en scène la famille Harmon, qui s’installe dans un manoir hanté à la suite de l’adultère du père et de la fausse couche de la mère. La nouveauté de cette série, pour Martin Winckler, se trouve dans le rythme haletant des épisodes. « D’habitude, les séries d’horreur sont rarement à suivre, avance-t-il. Je ne sais pas combien de temps ça durera avant que les spectateurs aient le sentiment que cela se répète », complète-il.
Teaser American Horror Story
L’adaptation US de Being Human, apparue sur les petits écrans américains le 17 janvier dernier, évoque la colocation entre trois trentenaires respectivement loup-garou, vampire et fantôme.D’après Martin Winckler, « le fantôme n’est ici qu’un monstre, un superhéros involontaire parmi les autres. »
Teaser Being Human (US)
« Il y a toujours eu des fantômes ou des apparitions dans les séries télévisées, dramatiques ou comiques, comme dans les films, d’ailleurs. Ce qui est nouveau, c’est que le fantôme devient un personnage à part entière. Ce sont seulement des variations sur des thèmes anciens, explique-t-il. Je pense que le fantôme peut avoir plusieurs fonctions et c’est précisément ce qu’illustrent ces séries (élément de spectacle et contrepoint réfléxif). » Pour l’expert, si les Américains aiment les fantômes, c’est parce que le goût du fantastique et du paranormal imprègne la culture anglo-saxonne et en particulier la littérature « gothique » du 19e siècle. Des auteurs tels qu’Oscar Wilde, Conan Doyle, Henry James, Charles Dickens ont déjà influencé le cinéma. Martin Winckler rappelle la multiplicité des films avec des fantômes, à l’instar de Topper, en 1937, de Fantôme à vendre, en 1935, de The Ghost and Mrs Muir, en 1947 et plus près de nous Field Of Dreams, en 1989, Ghost, en 1990 ou encore Sixième sens, en 1999. « Ces films ne sont pas des films d’horreur, ce qui montre que le fantôme n’est pas spécifique à l’horreur, mais fait partie de l’imaginaire culturel nord-américain » conclut le spécialiste. Il était donc normal que les fantômes se mettent tôt ou tard à hanter les séries.
Aurélie Tournois


