Nouveau prix littéraire, nouveau regard ?
Il existe encore des jeunes qui lisent des livres ! Il se pourrait même qu’ils participent à la découverte de nouveaux talents…
Amoureuses des livres et persuadées qu’elles n’étaient pas les seules dans ce cas, deux étudiantes de la haute école de commerce (HEC) ont décidé en janvier dernier de se lancer dans la création d’un nouveau prix littéraire.
Ils y en a déjà 1500 en France ? Ce n’est pas une raison. Aurore Taupin et Julia Bijaoui en sont persuadées : dans cette jungle, les étudiants sont sous-représentés. Après tout, même les lycéens ont leur Goncourt…
Quelques mois plus tard, le Prix littéraire des grandes écoles est sur pieds. Les deux jeunes filles ont communiqué l’idée au-delà de HEC, des appels à candidatures pour devenir juré ont été lancés. Résultat: le jury est composé de 27 étudiants issus de 9 grandes écoles.
Au-delà d’une initiative sympathique, que peut bien apporter un énième prix ? La réponse des fondatrices tient en un mot : la fraicheur. « Nous voulons récompenser quelqu’un qui en a vraiment besoin, qui n’en est encore qu’au début de sa carrière d’auteur, explique Julia Bijaoui. Ça peut aussi faire connaître une petite maison d’édition qui démarre… » Les critères de sélection sont clairs : il s’agit de décorer un auteur écrivant en français, qui n’ait jamais été primé, et pour un ouvrage paru dans l’année.
Mais la fraicheur, c’est aussi un point de vue qui se veut « totalement indépendant ». « Il y a pas mal de débats sur les grands prix, on dit que ça fonctionne beaucoup par réseaux…Nous voulons vraiment apporter un regard neuf, sans être affiliés à aucune maison d’édition. Nous ne sommes pas du tout sponsorisés, » confie Julia.
Le processus de sélection est en tout cas bien enclenché. Depuis juillet, un comité de dix personnes est chargé de lire, chaque mois, tous les ouvrages publiés qui correspondent aux critères. Trois sont alors pré-sélectionnés et transmis au jurés qui doivent ensuite se mettre d’accord sur le titre choisi pour le mois. Ce fonctionnement se poursuivra jusqu’à avril. Le grand vainqueur sera connu le 14 mai 2010.
Fin mars, l’équipe du prix sera au Salon du livre pour organiser des rencontres entre étudiants et auteurs. Car l’idée, c’est bien aussi de donner envie de lire, de discuter de lecture. « On veut montrer que la littérature française est bien vivante, et qu’il y a plein de nouveaux talents à découvrir », insiste Julia.
Quant à la consonance un peu élitiste de l’intitulé du prix, les deux jeunes filles expliquent qu’elles entendent bien le faire sortir des seules grandes écoles, pour en faire à terme, un véritable « prix des étudiants. »
Chloë Cambreling
En photos : les livres sélectionnés depuis jullet pour la finale.
Toutes les infos sur le site du Prix littéraire des grandes écoles





