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Benjamin Button : mort annoncée ou renaissance du cinéma ?

155 artistes et infographistes à plein temps pendant deux ans. 150 millions de dollars dépensés. Neuf mois pour créer et animer la seule langue du héros. Voici La curieuse histoire de Benjamin Button. Le film, réalisé par David Fincher, est en salles en février 2009. Pour raconter l’histoire d’un homme qui nait sous les traits d’un vieillard et meurt en nourrisson, Fincher ne voulait qu’un seul acteur. C’est donc le visage de Brad Pitt qu’on voit tout le long du film. Ses expressions du visages ont été intégrées à des acteurs-silhouettes ayant l’âge du personnage. Pour la version “jeune”, Brad Pitt a subi un lifting digital. Au delà de cette prouesse technique, on dénombre 350 plans truqués qui jalonnent le film : des yeux violets fluos de la jeune Daisy à l’horloge qui tourne à l’envers en passant par les couchers de soleil flamboyants. Le numérique s’incruste partout et perverti la réalité cinématographique.

L’histoire des effets spéciaux est indissociable de celle du cinéma. Rappel sélectif. En 1896, le français George Méliés invente les premiers trucages et donne naissance au cinéma fantastique. En 1941 dans Citizen Kane, Orson Welles donne l’illusion que sa caméra traverse une verrière. Les effets spéciaux deviennent invisibles. Jamais jusqu’à sa mort en 1999, Stanley Kubrick, réalisteur de l’Odysée de l’espace en 1968, n’a souhaité tourné son bébé : A.I. (Intelligence artificielle). Selon lui, les effets spéciaux disponibles à l’époque n’étaient pas suffisants. En 2001, Steven Spielberg réalise le film. L’année suivante, David Fincher (déjà lui) s’illustre. Dans Panic Room, sa caméra passe, sans coupure visible, à travers la anse d’une cafetière. Un effet show-off qui ne passe pas inaperçu. Voila ou nous en sommes aujourd’hui. Le matte painting, les images de synthèse (CGI) et autres technologies permettent de faire ce que l’on veut avec les images.

Pour beaucoup de critiques, Benjamin Button constitue un achèvement et ouvre des possibilités jamais imaginées. Par contre, selon Matthieu Santelli, de critikat.com, “Fincher traite son film comme une bande démo des nouvelles technologies numériques, sur laquelle il appose un semblant de conte allégorique comme pour se donner bonne conscience vis-à-vis du cinéma.” Finalement, ces questions ont commencé à se poser avec la photographie et l’apparition des technologies numériques, que ce soit dans l’art, la mode ou le photojournalisme. Les retouches numériques bouleversent notre rapport à l’image comme la naissance de la photographie a bouleversé la peinture figurative. Puisque l’on peut obtenir n’importe quoi : ou sont les vrais idées, qu’est ce que le talent, qu’est ce qu’un regard singulier ? Bref, aujourd’hui, qu’est ce qu’un véritable auteur ?

Dorian Chotard.

L’explication des effets spéciaux.

Plus complet mais en anglais.

DR. Cate Blanchett, plus lisse que jamais.

DR. Cate Blanchett, plus lisse que jamais.





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