Lise en scène
Il y a un an et demi, elle sortait son premier album, un intégral piano-voix. Depuis, la chanteuse parcourt les routes du monde au gré de ses tournées. Après la France et la République Tchèque, elle s’envolera pour l’Amérique du Sud en mars. Interview spéciale scène.
Parlez nous de votre prochaine tournée…
« Je vais jouer un peu partout, et dans des lieux parfois insolites. En République Tchèque, je me suis produite dans des bars, des théâtres, des salles de réception, et même dans une serre tropicale, au milieu des palmiers. En mars, je jouerai dans une bibliothèque, au milieu des livres, à Rosario, en Argentine. »
A la sortie de votre premier album vous aviez confié être très stressée par la scène. Cela s’est-il arrangé ?
« J’appréhende encore. Mais maintenant que j’ai des premières parties je peux jouer à la grande. En leur disant à mon tour « t’inquiète ça va bien se passer ». »
Prenez-vous un soin particulier à vos tenues de scène ?
« J’y fais très attention. En concert j’aime porter des pièces originales. Des robes qui brillent, du vintage…Le tout est que cela soit différent de ce que je mets dans la vie. Sur ma dernière tournée, j’ai osé l’ensemble à paillettes. Pour celle-ci j’embarque cinq robes ultra moulantes à imprimés. »
Qu’allez vous faire après la tournée ?
« Terminer mon deuxième album, que j’espère sortir début 2014. Je travaille actuellement sur les maquettes avec le pianiste Johan Dalgaard, qui avait déjà réalisé le premier. »
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https://twitter.com/liseaupiano
Laura Pouget
Les confessions de Lise
Derrière son regard de biche au crayon khôl, Lise se prête au jeu de l’interview sans langue de bois. Découvrez-la en cinq aveux.
Aveu n°1 : Elle préfère le face à face.
Difficile de passer à côté de cette partie de son caractère. A peine arrivée à IPJ, Lise semble impressionnée par la dizaine d’étudiants (pas plus rassurés qu’elle) qui vont l’interviewer. L’interprète avoue préférer les rencontres intimes : “Je suis plutôt dans la relation de un à un.” Mais au bout de quelques minutes, la relation de une à dix semble lui réussir aussi.
Aveu n°2 : Son image ? Peu lui importe.
Trouver une photo de Lise en train de faire une grimace ? C’est possible. Et ce n’est pas un drame. “Je me fiche d’être moche sur une photo. Personne ne peut contrôler son image. Là où je fais attention, c’est sur ce que je fais en musique.” Dire que l’on n’a pas osé lui demander de poser déguisée en Barbapapa…
Aveu n°3 : Internet et elle, ça fait deux.
Lise a un compte Twitter, un profil Facebook, un Myspace et un Tumblr. Et pourtant, les nouveaux moyens de communication ne sont pas son truc. “Je suis le moins 2.0 possible. Facebook, je m’y suis mise par obligation.” On va peut-être attendre avant de lui envoyer un MP dans ce cas.
Aveu n°4 : Sa mémoire lui fait défaut.
Lorsqu’on lui demande cinq moments qui ont marqué sa carrière, Lise hésite. “Je suis nulle avec les dates, nous avoue-t-elle. Et pourtant, j’ai fait des études d’histoires.” Elle calcule, tente de nous répondre. Puis baisse les bras. “Si vous voulez, je peux vous donner quelque chose de plus précis ce soir.” Finalement, nous n’avons pas envie de savoir. Ce mystère fait partie de son charme.
Aveu n°5 : Elle a vaincu sa plus grande peur.
“Ma plus grande peur c’était de ne pas faire de disque.” Heureusement pour nous, elle a réussi (“Lise“, label Cinq 7, 2 mai 2011). Et on attend avec impatience le prochain.
I don’t know what you heard about Lise

Un legging panthère, de grosses bottes fourrées, une frange et de longs cheveux bruns … c’est la chanteuse Lise qui vient d’arriver, avec un large sourire et ses deux grands yeux noirs. Accoutrée comme ça, on pourrait croire qu’elle n’a peur de rien. Mais sa voix tremble, elle triture ses doigts et balance sa jambe droite. «C’est difficile de parler de soi», concède-t-elle d’une petite voix.
A 29 ans, l’artiste en développement prépare un nouvel album, après «Lise», sorti en 2011. Sa musique, acoustique et chanson française, parle de la vie de tous les jours, de l’amour, de la mort, accompagnée du piano, frappé, pincé, caressé avec un tournevis, parfois avec ses doigts. Elle chante Paris avec un filet de voix, les phares de voitures la nuit, le coma «tendre et long»… Ses idoles sont Dominique A, Cali, Alex Beaupain.
Elle rencontre Cali au culot, il lui ouvre des portes, lui présente «les bonnes personnes» et devient un ami. Une des phrases décisives qu’on lui ait dites? «Quand Dominique A m’a dit qu’il avait aimé ce que j’ai fait. Quand ça va pas, je me dis : Oui mais quand même, Dominique A a aimé! Quand Cali me dit que c’est bien, c’est pas que ça compte pas mais c’est un peu comme quand ta mère te dit que t’es belle, c’est ta mère quoi», explique Lise avant d’éclater de rire.
Derrière sa fraîcheur, elle doute. Beaucoup. Elle n’a par exemple jamais osé demander à sa maison de disques combien de CD elle avait vendu. «J’ai très peur d’être nulle et que personne ne me l’ait jamais dit». Elle hésite à livrer ses principales inspirations — Cody ChestnuTT en soul, Chairlift en électro-pop— de peur «que ça ne soit pas ressemblant», qu’on se demande pour qui elle se prend.
Schönberg, Mozart et 50 cent
Elle aime le rap et reprend Pimp de 50 cent, — «le clip est ridicule mais je le trouve sympa»— écoute du rock et chante Where is my mind des Pixies. «Quand on apprécie quelque chose, ça fait boule…de neige, enfin j’allais dire plutôt boule de chat, mais c’est dégoûtant», lâche-t-elle en pouffant. En gros, elle mélange tout ce qu’elle admire et ça donne autre chose. En concert, au tout début, elle jouait des reprises de Bob Marley «parce que c’est ce que les gens aiment». Depuis, elle a appris à oser l’hybride et l’inattendu.
Même dans l’académisme, elle est originale. La jeune femme originaire de Narbonne joue du piano depuis l’âge de cinq ans. Pour se détendre, elle joue principalement du Schönberg, chantre du dodécaphonisme, une musique très difficile d’accès, sans tonalité. «Avec Yohan Dalguard, (pianiste qui travaille avec elle, ndlr) on jouait Mozart comme des dingos, c’était bien!»
Après son bac, elle part à Detroit et y retournera tous les ans. Là-bas, elle découvre le travail en studio et crée maquettes et chansons. Ensuite, tout s’enchaîne, les rencontres, les enregistrements… Aujourd’hui, elle vit de sa musique tout en donnant des cours de piano. L’an dernier, la musicienne a joué en Allemagne et en République Tchèque. Les prochains mois, elle continue les tournées en Amérique du Sud.
Ca n‘a pas toujours été facile. «A un moment, j’étais fauchée comme les blés, faut pas que ça se reproduise!», plaisante-t-elle, toujours avec son large sourire. Un peu perchée, mutine et spontanée, Lise semble parfois sortir d’un autre monde. Au beau milieu d’une phrase, elle demande : «On est en 2013, c’est ça?»

