Après les recettes de grand-mères, les recettes de nos ancêtres. Le régime Paléo, qui prône la redécouverte de la nourriture des hommes préhistoriques, se développe. Une utopie du retour à la nature qui rassure.
Les êtres humains sont des chasseurs cueilleurs. Cette idée simple guide la philosophie des adeptes du régime Paléo. Depuis trois millions d’années, les gènes de l’Homme n’auraient que très peu évolués alors que son régime alimentaire a été radicalement transformé. Pour riposter contre ce monde peuplé de junk food et de plats surgelés, l’américain Mark Sisson sort son livre « Je mange paléo» le 8 mars prochain en France.
Le régime paléo bannit tous les aliments que ne pouvaient grignoter les homos sapiens. Sans pour autant aller chasser le bison, les adeptes devront se limiter aux légumes, aux fruits, à la viande et aux poissons. Finis les pâtes, le pain ou les plats industriels.
Mode de vie « Man versus Wild »
Au delà de l’alimentaire, il existe un véritable « paléo way of life ». Sur son site internet, le Belge Yves Patte propose de «concevoir la vie comme une aventure ». Faire du sport, passer du temps dans la nature, se relaxer, bref, un mode de vie façon « Man versus Wild ». Immergé dans une nature hostile, le militant paléo profite du soleil pour faire le plein de vitamine D et ne craint pas la saleté qui développe son système immunitaire. Un comportement qui pourrait passer pour une application zélée du « manger-bouger », s’il ne se doublait pas d’une peur du monde moderne. L’apparition du régime paléo dans un article de médecine au milieu des années 70, est loin d’être anecdotique. Alors en plein fantasme hippie, un Rahan de la nutrition vient titiller les peurs modernes. Aujourd’hui, les paléovores craignent « les maladies de civilisations ». Ces cancers, allergies, et autres diabètes dont sont victimes les Hommes modernes. L’imagerie du bon sauvage, sain et heureux, courant dans un champs de fleurs, séduit.
Pour la préhistorienne Marylène Patou-Mathis, auteure de « Mangeurs de viande », cette tendance traduit un rejet de ce qu’est devenu l’être humain moderne. « Il faut reconnaître qu’aujourd’hui nous allons tous dans le mur, constate-t-elle. Cette course effrénée à la croissance, le chacun pour soi, tout cela entraîne beaucoup de violence. » Loin de cautionner le régime paléo, elle s’en amuse et admet que « ça ne peut pas faire de mal ». Alors, à vos sagaies !
Hélène Guinhut
« Je mange paléo« , Mark Sisson, Thierry Souccar Edition, Sortie le 8 mars.
« Mangeurs de viande« , Marylène Patou-Mathis, Edition Perrin, 22,50€.




