Thursday, January 31st, 2008...10:02 am

Des journalistes regardent la petite histoire

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Lors d’une conférence à l’IPJ le mercredi 30 janvier, Eric Pelletier et Jean-Marc Pontaut, auteurs de Chronique d’une France occupée, ont expliqué leur démarche, purement journalistique.

« On n’essaie pas d’analyser l’histoire, mais de sentir avec nos yeux de journalistes ce qu’était cette époque», revendique Jean-Marie Pontaut,  rédacteur en chef de L’Express et co-auteur de Chronique d’une France occupée, Rapports confidentiels de la gendarmerie 1940-1945. Les 733 pages de notes confidentielles de la gendarmerie pendant la seconde guerre mondiale, « n’est pas un travail sur les gendarmes mais sur la France de cette époque vu par les gendarmes », a précisé très rapidement Eric Pelletier, co-auteur et journaliste à L’Express.

Ces documents apportent, selon leurs auteurs, « une nouvelle vision » de la France occupée. Les gendarmes étant présents sur tout le territoire français y compris les campagnes, les notes relatent  essentiellement de la vie quotidienne des français entre 1940 et 1945. « Nous n’avons pas cherché à raconter la grande Histoire mais la petite, les anecdotes », ajoute l’ancien grand reporter.
Pour exploiter cette masse d’information récoltée pendant deux ans, il a fallu mettre de l’ordre, faire un choix et trier. «Ca c’est le travail de journaliste », explique Jean-Marc Pontaut. Ils reconnaissent avoir livrer une « matière brute » mais affirment que pour certaines notes ils ont mené un vrai travail d’investigation : « Il a fallu retrouver des gendarmes, les rencontrer pour vérifier les informations », précise Eric Pelletier. C’est le cas pour un responsable de gendarmerie condamné à mort à la Libération parce qu’il avait réprimé une brigade qui avait fait cessession en juin 1944. Par un travail d’investigation, Eric Pelletier et Jean-Marie Pontaut ont retrouvé sa trace. Le gendarme avait réussi à s’évader, s’était engagé dans l’armée pendant la guerre d’Indochine et avait été décoré par la République à son retour.

« Là où on se distingue des historiens c’est que nous avons mis en perspective les notes, en les expliquant » confirme le rédacteur en chef de l’hebdomadaire. Chronique d’une France occupée pourrait donc se lire comme un journal spécialisé dans les faits divers. « Ce livre c’est le prolongement du journalisme », a conclu en rigolant Jean-Marie Pontaut qui a déjà huit livres à son actif. 

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