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	<pubDate>Mon, 25 Aug 2008 13:40:52 +0000</pubDate>
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		<title>Au coeur des restos</title>
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		<pubDate>Wed, 09 Apr 2008 19:46:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>francoisxavierrigaud</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[La campagne d’hiver des Restos du cœur vient de se terminer. À Olonne-sur-mer (Vendée), l’organisation caritative distribue des repas à environ 300 personnes. Dans un canton majoritairement rural, elles ont toutes en commun une certaine forme de marginalité. Pour quelques uns, c’est un choix. Mais, pour l’immense majorité, elle est subie.
  « Aujourd’hui, c’est le bonheur », ne [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Times New Roman"><strong>La campagne d’hiver des Restos du cœur vient de se terminer. À Olonne-sur-mer (Vendée), l’organisation caritative distribue des repas à environ 300 personnes. Dans un canton majoritairement rural, elles ont toutes en commun une certaine forme de marginalité. Pour quelques uns, c’est un choix. Mais, pour l’immense majorité, elle est subie.</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman"> </span><strong><span style="font-family: Times New Roman"> </span></strong><span style="font-family: Times New Roman">« Aujourd’hui, c’est le bonheur », ne cesse de répéter Danielle, 57 ans. Ses gestes lents, son visage émacié, sa maigreur maladive, tout semble pourtant montrer l’inverse. Danielle est très fragile. Elle est ce que l’on nomme pudiquement une accidentée de la vie. <span id="more-26"></span>Machinalement, elle égrène tous les drames qui l’ont foudroyée : méningite, sclérose en plaques puis cancer du sein. En 1998, elle est internée dans un établissement psychiatrique puis divorce en 2003. Grignotant sans appétit un gâteau au chocolat qui termine le repas offert par les Restos  du cœur, elle se remémore qu’elle a été une autre, avant tout ça. Directrice du personnel chez Valeo, elle gagnait « 16 000 francs par mois », rappelle-t-elle fièrement. Aujourd’hui, elle vit à La Chaume, le quartier portuaire des Sables-d’Olonne, principale ville du canton forte de ses 16 000 habitants et important lieu de villégiature pour Parisiens.</span><span style="font-family: Times New Roman"><strong>     </strong></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman">Danielle fait partie des « personnes accueillies » aux Restos du cœur du pays des Olonnes. « On ne dit plus bénéficiaires », explique Richard Lefèvre, le responsable du centre.  Le terme avait une « connotation péjorative », précise celui qui gère, en terme de fréquentation, le deuxième centre de Vendée. L’année dernière, 300 familles ont été accueillies pendant la campagne d’hiver, de décembre à mars, pour 46 858 repas distribués. Un chiffre stable par rapport à celui de 2005 qui avait vu le nombre de « personnes accueillies » augmenter de « 7 à 8 % » selon Richard Lefèvre. Cette année, « on est à peu près sur les mêmes bases », ajoute-t-il. </span><span style="font-family: Times New Roman"> </span></p>
<p><strong><span style="font-family: Times New Roman">« Aujourd’hui, il ne me reste plus que deux choses : mon permis de conduire et la musique »</span></strong><span style="font-family: Times New Roman"> </span><span style="font-family: Times New Roman">      </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman">Situé dans la zone industrielle d’Olonne-sur-Mer, petite bourgade jouxtant Les Sables, le centre est difficile d’accès pour les personnes ne possédant pas de véhicule. Néanmoins, le bâtiment préfabriqué ouvre ses portes, chaque mardi et vendredi après-midi, à de nombreuses familles dans le besoin. « Et de plus en plus de femmes divorcées avec enfants », note Denise, responsable des inscriptions du centre.</span><span style="font-family: Times New Roman">      Valérie a 30 ans et  habite dans une HLM des Sables avec ses deux enfants de 4 et 5 ans, Sadyo et Maïssa. Son ex-compagnon « n’est pas stable », ils ne se voient plus. Sans formation, elle n’a plus travaillé depuis la naissance des enfants. « Avec les petits sur les bras, je ne peux pas bosser, je dois m’occuper d’eux », s’excuse-t-elle énergiquement quand on lui demande si elle recherche du boulot.        </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman">  </span><span style="font-family: Times New Roman">      Son « beau-papa », Bertin, l’accompagne. Habitant la commune voisine de Talmont Saint-Hilaire, il est âgé de 56 ans mais en paraît dix de plus. Alors que la jeune femme fait ses courses dans le mini supermarché du centre situé derrière la cafétéria, il reste assis à une des tables de la cantine. Allure de rock star déchue avec ses cheveux longs et désordonnés, sa barbe d’une semaine et ses pattes abondantes, l’homme est depuis près de 30 ans sous traitement. Deux événements l’ont transformé. Son service militaire à Djibouti où il a côtoyé la légion étrangère. « J’ai attrapé un coup de soleil là-bas », plaisante-t-il. A son retour en France, en 1977, il travaille dans les huîtres. Son patron d’alors, très proche de lui, meurt d’un accident de voiture. « Cassé », il se perd. « Aujourd’hui, il ne me reste plus que deux choses : mon permis de conduire et la musique », reconnaît Bertin, qui touche une pension d’invalidité.</span><span style="font-family: Times New Roman"> </span></p>
<p><strong><span style="font-family: Times New Roman">« Pas d’emploi sans logement, pas de logement sans emploi »</span></strong><span style="font-family: Times New Roman"> </span><span style="font-family: Times New Roman">      </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman">Comme Bertin, « de nombreuses personnes qui viennent chez nous bénéficient de la pension d’invalidité », constate Richard Lefèvre qui poursuit : « Ce sont des personnes qui ont eu un accident puis ont perdu leur travail. Elles se trouvent exclues de la société avec peu de chances d’y revenir. » En Vendée, « environ 5 000 personnes sont dans ce cas », évalue François Sicard, directeur de la Maison départementale des handicapés (MDH). Aux Restos d’Olonne-sur-Mer, « leur nombre est important mais reste relativement stable contrairement à celui des jeunes», affirme Richard Lefèvre. En effet, ces derniers sont « de plus en plus nombreux chaque année, représentant actuellement 10 à 20 % des bénéficiaires», estime le responsable. </span><span style="font-family: Times New Roman">     </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman"> Stephan, 29 ans, est l’un d’eux. Après avoir échoué dans l’obtention de son BEP hôtellerie, il travaille comme ouvrier dans le bâtiment. Mais, en raison de « déceptions amoureuses », il quitte l’Île d’Yeu, là où il est né, pour venir  sur le continent. « Je suis tombé en dépression nerveuse et j’ai perdu mon logement», raconte d’une voix calme et posée le robuste insulaire. Aujourd’hui, il est suivi par une association qui lui sous-loue une chambre. Il tente de se reconstruire et « fait un petit mi-temps » dans les espaces verts pour se réadapter au monde du travail.  </span><span style="font-family: Times New Roman">      </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman">Bertrand, 33 ans et SDF, a, quant à lui, beaucoup plus de mal à retrouver sa place. « Pas de logement sans emploi et pas d’emploi sans logement » résume amèrement le jeune homme roux à dreadlocks et au visage creusé. Titulaire d’un CAP boucher, il a cumulé les missions d’intérim. Mais, en ce moment, « il n’y a rien comme offres ». Selon Laurent Soullard, directeur de l’ANPE du Château d’Olonne, « Le taux de chômage sur le littoral vendéen est d’environ 7,3 % contre 5,7 % pour la Vendée. » </span><span style="font-family: Times New Roman"> </span></p>
<p><strong><span style="font-family: Times New Roman">« J’ai choisi d’être marginal »</span></strong></p>
<p><strong><span style="font-family: Times New Roman">              </span></strong><span style="font-family: Times New Roman"> </span><span style="font-family: Times New Roman">      Bertrand, même s’il en a l’allure, n’est pas un marginal. Il veut « un toit et une famille comme tout le monde ». Au centre d’Olonne-sur-Mer, d’autres se définissent en revanche comme des non-conformistes.  « Il y a pas mal de SDF, de routards qui circulent en Vendée», constate Richard Lefèvre même si aucun chiffre officiel concernant le nombre de sans-abri n’existe dans le département. « Ils sont attirés par le climat plutôt doux de la région et se dirigent vers les Sables-d’Olonne, la ville la plus riche de la côte vendéenne », continue le responsable pour expliquer leur présence aux Restos du pays des Olonnes. Certains, peu nombreux, sont « des marginaux contestataires, tout leur est dû », s’irrite ce même responsable qui a été, l’année dernière, roué de coups par l’un d’entre eux, « un petit dealer qui faisait sa loi». </span><span style="font-family: Times New Roman">      </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman">Tony, 45 ans, n’est pas violent. Mais c’est un routard, comme il dit, non sans fierté. « J’ai choisi d’être marginal », explique ce vieil habitué de la maison à la peau burinée. Accompagné de ses deux chiens, Personne et Lucifer, il parcourt depuis 10 ans la France d’est en ouest, du Jura à la Vendée. « Ces dix derniers mois, j’ai parcouru 2000 km », raconte-t-il le sourire aux lèvres, casquette vissée sur la tête. Sur le parking du centre, c’est en solitaire et debout qu’il mange le repas qui lui a été offert. Tout en trempant avec gourmandise sa brioche dans son café, Tony explique, rieur, qu’il vit grâce à des petits boulots et que « ça me va très bien ».</span><span style="font-family: Times New Roman"> </span></p>
<p><strong><span style="font-family: Times New Roman">« Je n’ai pas d’amis en France »</span></strong></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman"> </span><span style="font-family: Times New Roman">      Mais la marginalité que revendique Tony est, pour l’immense majorité des « personnes accueillies », plus subie que choisie. « Les demandeurs d’asile sont de plus en plus nombreux, des Africains mais aussi des Tchétchènes », constate ainsi Richard Lefèvre. En Vendée, selon la direction départementale des affaires sanitaires et sociales (DDASS), ils seraient 200. D’après Denise, responsable des inscriptions aux Restos d’Olonne-sur-mer, ils représentent cette année « plus de 10 % des personnes inscrites sur les listes du centre ».</span><span style="font-family: Times New Roman">      </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman">Il en est ainsi d’Anna, 32 ans, qui vit en France depuis octobre 2005. Elle a fui l’Angola sans son mari emprisonné. En attendant que sa demande d’asile soit acceptée, elle habite aux Sables avec ses 7 enfants. Léa, la petite dernière, est le fruit d’un viol commis 3 mois avant son départ forcé d’Angola. « Je n’ai pas d’amis en France », admet-elle sans se plaindre dans un bon français appris avec ses enfants lors de cours du soir. Un œil sur ses cinq sacs remplis de produits alimentaires récupérés au « supermarché » du centre, elle répond aux questions sans hésitation. Elle garde aussi, et malgré tout, un solide sens de l’humour. A un membre des Restos qui l’apostrophe en lui demandant si elle compte faire le même nombre d’enfants en France qu’en Angola, elle répond, dans un grand éclat de rire : « Avec qui ? Avec toi ? ». Les Restos peuvent en témoigner, désespoir peut aussi rimer avec humour. </span></p>
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		<title>Brassens de 7 à 77 ans</title>
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		<pubDate>Wed, 14 Nov 2007 15:14:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>francoisxavierrigaud</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[culture]]></category>

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		<description><![CDATA[Durant tout le week-end, Montmartre va fêter Brassens. Une exposition à la mairie du 18ème arrondissement retrace le parcours du célèbre chanteur.

Il y a foule dans le hall vaste et lumineux de la mairie du 18ème arrondissement. Une chorale d&#8217;enfants entonne &#8220;La mauvaise réputation&#8221; de Georges Brassens. Les personnes présentes, plutôt agées, apprécient l&#8217;hommage. La [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://ipjblog.com/francoisxavierrigaud/files/2007/11/qkmdqcaol8vi6cailm8v7cahpqzryca33ss9rcan5gds3cacukoanca7pb55ncac174qzca12pno7caox7l0hcatb8u6kcakde74acavqcsxbca13xfs4caca2fs5caeoogg5cas3skwhcah43yca.jpg" title="qkmdqcaol8vi6cailm8v7cahpqzryca33ss9rcan5gds3cacukoanca7pb55ncac174qzca12pno7caox7l0hcatb8u6kcakde74acavqcsxbca13xfs4caca2fs5caeoogg5cas3skwhcah43yca.jpg"><img src="http://ipjblog.com/francoisxavierrigaud/files/2007/11/qkmdqcaol8vi6cailm8v7cahpqzryca33ss9rcan5gds3cacukoanca7pb55ncac174qzca12pno7caox7l0hcatb8u6kcakde74acavqcsxbca13xfs4caca2fs5caeoogg5cas3skwhcah43yca.thumbnail.jpg" alt="qkmdqcaol8vi6cailm8v7cahpqzryca33ss9rcan5gds3cacukoanca7pb55ncac174qzca12pno7caox7l0hcatb8u6kcakde74acavqcsxbca13xfs4caca2fs5caeoogg5cas3skwhcah43yca.jpg" /></a>Durant tout le week-end, <a href="http://www.fetedesvendangesdemontmartre.com/">Montmartre va fêter Brassens</a>. Une exposition à la mairie du 18ème arrondissement retrace le parcours du célèbre chanteur.</p>
<p><span id="more-15"></span></p>
<p>Il y a foule dans le hall vaste et lumineux de la mairie du 18ème arrondissement. Une chorale d&#8217;enfants entonne &#8220;La mauvaise réputation&#8221; de Georges Brassens. Les personnes présentes, plutôt agées, apprécient l&#8217;hommage. La scène est révélatrice de tous les paradoxes qui entourent le chanteur sétois. Artiste engagé qui choquait à son époque, il fait aujourd&#8217;hui consensus.</p>
<p> &#8221;Un vrai succès&#8221;</p>
<p>&#8220;C&#8217;est un vrai poète&#8221;, s&#8217;exclame Pierre, 74 ans, fan de la première heure venu à l&#8217;exposition pour se replonger dans l&#8217;histoire du chanteur. Au mur, des articles de presse de l&#8217;époque retracent les plus grands moments de l&#8217;artiste décédé il y a 26 ans. Des élèves d&#8217;une classe de 4ème d&#8217;un collège de Montmartre déambulent devant les différents panneaux. Certains sont connaisseurs. Marie, 14 ans, apprécie les textes de l&#8217;homme à la moustache : &#8220;il parle des exclus, du racisme, de l&#8217;intolérance. C&#8217;est ça qui me plaît&#8221;.</p>
<p>D&#8217;autres en revanche sont venus pour découvrir l&#8217;auteur des &#8220;copains d&#8217;abord&#8221;. Mama aime la nostalgie qui émane de ses chansons. Emue par les textes, elle repart conquise. C&#8217;était l&#8217;objectif de cette exposition qui s&#8217;adresse aussi bien aux fans néophytes qu&#8217;aux fans. &#8220;C&#8217;est un vrai succès !&#8221; affirme Sylvie, responsable de la manifestation. &#8221; La fréquentation est très bonne, même si les visiteurs sont plutôt agés. Nous avons accueillis de nombreuses classes. le côté ludique de l&#8217;exposition a beaucoup amusé les enfants. &#8220;Qui l&#8217;aurait cru ? Le rebelle est devenu l&#8217;ami des 7 à 77 ans.</p>
<p>François-Xavier Rigaud et Anthony Lattier</p>
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		<title>Pour un tourisme à visage humain</title>
		<link>http://ipjblog.com/francoisxavierrigaud/2007/11/14/pour-un-tourisme-a-visage-humain/</link>
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		<pubDate>Wed, 14 Nov 2007 14:45:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>francoisxavierrigaud</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[voyage]]></category>

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		<description><![CDATA[De la fabuleuse mosquée de Djenné à la légendaire ville de Tombouctou, aux portes du désert, en passant par la somptueuse falaise de Bandiagara, le Mali peut s’enorgueillir de grands trésors naturels.

Malheureusement, les hommes ne sont pas toujours à la hauteur de la beauté de ce pays qui a pourtant tout d’un paradis pour touristes.
En [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>De la fabuleuse mosquée de Djenné à la légendaire ville de Tombouctou, aux portes du désert, en passant par la somptueuse falaise de Bandiagara, le Mali peut s’enorgueillir de grands trésors naturels.</p>
<p><span id="more-14"></span></p>
<p>Malheureusement, les hommes ne sont pas toujours à la hauteur de la beauté de ce pays qui a pourtant tout d’un paradis pour touristes.</p>
<p>En effet, comme nous avons pu le constater, le tourisme au Mali manque parfois un peu d’humanité. Et ce sont les enfants, les plus vulnérables, qui en payent les premiers la note.</p>
<p>Par exemple, c’est avec un certain effarement que nous avons vu des touristes jeter des cadeaux à des enfants puis, tout en prenant des photos, se gargariser de la lutte sauvage engendrée par la distribution des précieux butins.</p>
<p>Cet irrespect de quelques touristes rivalise avec l’irresponsabilité de certains guides qui ne se privent pas d’exploiter la naïveté enfantine. Ainsi, un guide, que nous avions rencontré à Djenné, au centre du pays, nous a proposé de relier cette même ville à Mopti, une centaine de kilomètres plus au nord, en pirogue. En chemin, questionnant notre piroguier, nous avons eu la mauvaise surprise d’apprendre qu’il avait seulement 14 ans, âge où l’on devrait être à l’école plutôt que de ramer 12 heures par jour pendant 3 jours.</p>
<p>Ces exemples montrent les abus provoqués par l’industrie du tourisme. Toutefois, la situation tend à s’améliorer. L’immense majorité des touristes sont juste curieux du continent noir et marquent un grand respect vis-à-vis des cultures africaines. Quant aux guides, conscients qu’une mauvaise réputation pourrait bien casser la poule aux œufs d’or, ils tentent de s’organiser et soignent, pour la plupart, l’image de leur pays. Les deux parties commencent à comprendre qu’ils ont tout à gagner à favoriser un tourisme à visage plus humain.</p>
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		<title>Deux visages du Sénégal</title>
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		<pubDate>Wed, 14 Nov 2007 14:33:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>francoisxavierrigaud</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[voyage]]></category>

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		<description><![CDATA[Accueilli chez un ami à Dakar, nous avons été conquis par l’hospitalité et la gentillesse confondante des sénégalais.

Mais le calme et la sérénité régnant dans la maison de notre hôte ne se sont pas avérés représentatifs du climat de la ville de Dakar. Cité bouillonnante, elle impressionne de prime abord par son activité et son [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Accueilli chez un ami à Dakar, nous avons été conquis par l’hospitalité et la gentillesse confondante des sénégalais.</p>
<p><span id="more-12"></span></p>
<p>Mais le calme et la sérénité régnant dans la maison de notre hôte ne se sont pas avérés représentatifs du climat de la ville de Dakar. Cité bouillonnante, elle impressionne de prime abord par son activité et son énergie. Cependant, cette suractivité ne se révèle vite n’être qu’un écran de fumée cachant une misère et un désespoir qui sont, eux, bien réels.</p>
<p>En effet, Dakar connaît une croissance démographique exponentielle continue depuis les années 1960 due à un exode rural massif. La ville est en conséquence touchée de plein fouet par un chômage massif. Beaucoup de personnes ouvrent pour survivre de modestes échoppes vendant de tout et surtout presque rien. Quant à certaines personnes désoeuvrées et malintentionnées, elles préfèrent profiter de la crédulité du touriste blanc. Ce phénomène fait parfois de Dakar un repère de bonimenteurs et de charlatans. Cependant, Dakar reste incontournable rien que pour sa culture historique à travers la célèbre île de Gorée.</p>
<p>En dehors de Dakar, la découverte du Sénégal offre de multiples possibilités. Pour les personnes passant outre les difficultés du transport en commun en Afrique, le reste du pays vaut réellement le coup d’œil. Ainsi, le parc national du Niokolo-Koba à l’est du pays, protégé depuis les années 1950, s’avère être une aventure exceptionnelle avec sa nature luxuriante et sa faune exotique. Expérience unique que la ballade en jeep dans le parc où l’on croise antilopes et babouins, hippopotames et crocodiles, lions et éléphants pour les plus chanceux.</p>
<p>Niokolo-Koba et Dakar sont deux visages du Sénégal, l’un en voie de disparition plus cliché et traditionnel ; l’autre florissant, plus moderne et chaotique. Mais les deux ont un point commun : elles sont deux jungles, l’une naturelle et l’autre humaine.</p>
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		<title>Natitingou, ville oubliée</title>
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		<pubDate>Wed, 14 Nov 2007 14:24:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>francoisxavierrigaud</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[voyage]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160;
Arrivés à Natitingou, difficile de se dire que l’on se trouve dans l’une des plus grandes villes du Bénin. Dotée d’une seule route goudronnée, entourée de vastes terres inhospitalières, Natitingou ressemble de prime abord à un grand village.

Pourtant, ses 100 000 habitants et son statut de préfecture devraient lui conférer un rôle de locomotive économique. Mais, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">Arrivés à Natitingou, difficile de se dire que l’on se trouve dans l’une des plus grandes villes du Bénin. Dotée d’une seule route goudronnée, entourée de vastes terres inhospitalières, Natitingou ressemble de prime abord à un grand village.</p>
<p align="justify"><span id="more-10"></span></p>
<p align="justify">Pourtant, ses 100 000 habitants et son statut de préfecture devraient lui conférer un rôle de locomotive économique. Mais, malheureusement, rien de tout cela : au contraire, une découverte plus en profondeur de la cité confirme un profond sentiment d’abandon. Usines désaffectées, activité commerciale restreinte, les grandes enseignes étant notoirement absentes, la ville semble oubliée de tous. Le grand marché, réunissant tous les 5 jours les marchands de toute la région, constitue le seul grand événement économique. Bien peu tout de même pour la quatrième ville du pays !</p>
<p align="justify">De ce marasme économique émergent seulement les ONG. Florissantes, ces dernières occupent, comme un symbole, les places les plus en vue, le long de la rue principale. Ces organisations interfèrent dans de nombreux domaines tels que l’alphabétisation, la scolarisation et l’aide financière aux petits artisans et agriculteurs locaux. Elles tentent ainsi de se substituer à un état qui a abandonné son rôle de catalyseur économique et de régulateur social.</p>
<p align="justify">Outre les ONG, la plus grande activité de la ville reste la « foi », cette prédominance étant illustrée par l’immense croix chrétienne qui, à l’instar de la célèbre statue du christ de Rio de Janeiro, surplombe la ville. Les innombrables églises offrent à leurs fidèles des repères et une certaine vie sociale. Elles s’avèrent bien souvent le dernier rempart contre la dépravation des mœurs et le fléau de l’alcoolisme qui s’emparent de contrées, telles que Natitingou, condamnées au chômage et à la misère.</p>
<p align="justify">Ville de province, Natitingou est un parfait exemple de la sclérose actuelle des sociétés africaines qui, privées de pouvoirs publics impliqués et de perspectives d’avenir, connaissent une profonde crise économique et sociale.</p>
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		<title>Le Ghana ou la modernité à l&#8217;africaine</title>
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		<pubDate>Wed, 14 Nov 2007 14:22:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>francoisxavierrigaud</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[voyage]]></category>

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		<description><![CDATA[Réseau électrique conséquent, routes de qualité avec même des autoroutes en gestation, système hospitalier étendu, le Ghana se distingue des pays déjà visités par une relative modernité.

Rien ne peut mieux symboliser ce dynamisme et cette avancée technologique que sa gigantesque capitale Accra et ses deux millions d’habitants. Avec ses larges boulevards, son campus à l’américaine [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify">Réseau électrique conséquent, routes de qualité avec même des autoroutes en gestation, système hospitalier étendu, le Ghana se distingue des pays déjà visités par une relative modernité.</p>
<p align="justify"><span id="more-9"></span></p>
<p align="justify">Rien ne peut mieux symboliser ce dynamisme et cette avancée technologique que sa gigantesque capitale Accra et ses deux millions d’habitants. Avec ses larges boulevards, son campus à l’américaine et son centre financier impressionnant, elle offre une vision toute différente des autres grandes métropoles africaines telles que Dakar ou Bamako.</p>
<p align="justify">A Accra, pas de doute, le Ghana se révèle un pays définitivement à part dans notre périple et ce, pas seulement pour sa modernité.</p>
<p align="justify">Pays anglophone, à majorité chrétienne, on a pu y constater un changement radical de mentalité par rapport aux pays francophones. Alors que nous avions observé chez les habitants de ces derniers états une certaine indifférence voire fatalité dans leur rapport au temps, rien de même au Ghana. Ici, la devise « time is money » est reine. Le Ghanéen est incontestablement réaliste, pragmatique, ce qui ne l’empêche pas d’être profondément africain.</p>
<p align="justify">Cet « africanisme » se révèle par deux traits bien distincts. D’une part, c’est le culte de la mémoire. L’activité culturelle ghanéenne est foisonnante avec notamment un grand nombre de musées relatant l’histoire d’une civilisation millénaire.</p>
<p align="justify">D’autre part, le Ghana possède une religiosité toute africaine, mélange de foi, d’énergie et d’extravagance. Par la ferveur des chants religieux, les messes gospel sont tout simplement exaltantes. Cette religiosité envahit d’ailleurs littéralement la vie quotidienne des Ghanéens. Ainsi, Jésus-Christ est omniprésent, représenté à la fois sur les taxis, les vêtements et même sur les devantures des commerces. En effet, au Ghana, business et religion font bon ménage. Beaucoup d’entreprises, n’hésitent pas à se nommer <em>« Jesus love fashion » </em>pour un magasin de vêtement ou bien <em>« Sweet jesus » </em>pour un tabac.</p>
<p align="justify">L’exemple du Ghana montre en tout cas que les pays africains ne sont pas condamnés à la pauvreté, qu’ils possèdent des atouts pour s’intégrer dans l’économie mondialisée. Et ceci, en ne reniant en rien ni son histoire ni ses traditions.</p>
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		<title>Voyage à travers le temps</title>
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		<pubDate>Wed, 14 Nov 2007 14:17:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>francoisxavierrigaud</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[“En Europe le temps vous tue; en Afrique on tue le temps”. Ces mots, prononcés par un sénégalais lors des premiers jours de notre voyage, ne cessent de m’occuper l’esprit.

Certes, en Europe, il est coutume d’ironiser sur une certaine indolence africaine mais cette phrase m’a semblé bien plus profonde que ce préjugé populaire et m’a [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>“En Europe le temps vous tue; en Afrique on tue le temps”. Ces mots, prononcés par un sénégalais lors des premiers jours de notre voyage, ne cessent de m’occuper l’esprit.</p>
<p><span id="more-8"></span></p>
<p>Certes, en Europe, il est coutume d’ironiser sur une certaine indolence africaine mais cette phrase m’a semblé bien plus profonde que ce préjugé populaire et m’a laissé, pour le moins, perplexe.</p>
<p>Notre modeste vécu africain me permets aujourd’hui de mieux appréhender ces paroles et de m’interroger plus profondément sur le rapport au temps en Afrique noire francophone, pays sur lesquels notre voyage se concentre essentiellement. Conscient que cette réflexion puisse paraître simpliste voire même caricaturale aux yeux de certains, j’éspère, toutefois, qu’elle possède un fonds de vérité.</p>
<p>Tout d’abord, comme chacun sait, les conditions climatiques extrêmes en Afrique de l’ouest participent pleinement au fait que l’Africain doive “tuer le temps”. Ainsi, de 11 heures à 15 heures, période de la journée pendant laquelle le soleil vous brûle, littéralement, la peau, chaque effort, même minime, se traduit par un flot systématique et inarrétable. Alors, la nature prenant le dessus sur vous, la seule solution s’avère d’attendre que le soleil se fasse plus indulgent.</p>
<p>Attendre, attendre, j’ai d’ailleurs parfois la vague impression que notre périple se résume a cela, l’exemple le plus frappant étant celui des transports en commun. En effet, en Afrique noire, point, généralement, de bus partant a des horaires fixes, définis. Il faut donc attendre que le bus se remplisse, ce qui peut provoquer des moments ubuesques. Une fois, il nous est arrivé d’attendre sept heures avant de pouvoir embarquer.</p>
<p>Cette attente, interminable, nous rapproche de la mentalité africaine, mélange, dans son rapport au temps, d’indifférence et de fatalisme, bien loin de nos standards européens.C’est également cette philosophie qui ressort, je crois, des paroles prononcées par le sénégalais.</p>
<p>Ces mots décrivent aussi , d’une facon assez saisissante, les maux actuels des sociétés africaines et en particulier celui du chômage qui prive de trop nombreux africains d’un véritable avenir. Ceci fait la différence entre notre attente et la leur; nous savons, contrairement a eux, ce que nous attendons ; ce qui, psychologiquement, change radicalement la donne.</p>
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