Pour un tourisme à visage humain

De la fabuleuse mosquée de Djenné à la légendaire ville de Tombouctou, aux portes du désert, en passant par la somptueuse falaise de Bandiagara, le Mali peut s’enorgueillir de grands trésors naturels.

Malheureusement, les hommes ne sont pas toujours à la hauteur de la beauté de ce pays qui a pourtant tout d’un paradis pour touristes.

En effet, comme nous avons pu le constater, le tourisme au Mali manque parfois un peu d’humanité. Et ce sont les enfants, les plus vulnérables, qui en payent les premiers la note.

Par exemple, c’est avec un certain effarement que nous avons vu des touristes jeter des cadeaux à des enfants puis, tout en prenant des photos, se gargariser de la lutte sauvage engendrée par la distribution des précieux butins.

Cet irrespect de quelques touristes rivalise avec l’irresponsabilité de certains guides qui ne se privent pas d’exploiter la naïveté enfantine. Ainsi, un guide, que nous avions rencontré à Djenné, au centre du pays, nous a proposé de relier cette même ville à Mopti, une centaine de kilomètres plus au nord, en pirogue. En chemin, questionnant notre piroguier, nous avons eu la mauvaise surprise d’apprendre qu’il avait seulement 14 ans, âge où l’on devrait être à l’école plutôt que de ramer 12 heures par jour pendant 3 jours.

Ces exemples montrent les abus provoqués par l’industrie du tourisme. Toutefois, la situation tend à s’améliorer. L’immense majorité des touristes sont juste curieux du continent noir et marquent un grand respect vis-à-vis des cultures africaines. Quant aux guides, conscients qu’une mauvaise réputation pourrait bien casser la poule aux œufs d’or, ils tentent de s’organiser et soignent, pour la plupart, l’image de leur pays. Les deux parties commencent à comprendre qu’ils ont tout à gagner à favoriser un tourisme à visage plus humain.

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