Le Ghana ou la modernité à l’africaine

Réseau électrique conséquent, routes de qualité avec même des autoroutes en gestation, système hospitalier étendu, le Ghana se distingue des pays déjà visités par une relative modernité.

Rien ne peut mieux symboliser ce dynamisme et cette avancée technologique que sa gigantesque capitale Accra et ses deux millions d’habitants. Avec ses larges boulevards, son campus à l’américaine et son centre financier impressionnant, elle offre une vision toute différente des autres grandes métropoles africaines telles que Dakar ou Bamako.

A Accra, pas de doute, le Ghana se révèle un pays définitivement à part dans notre périple et ce, pas seulement pour sa modernité.

Pays anglophone, à majorité chrétienne, on a pu y constater un changement radical de mentalité par rapport aux pays francophones. Alors que nous avions observé chez les habitants de ces derniers états une certaine indifférence voire fatalité dans leur rapport au temps, rien de même au Ghana. Ici, la devise « time is money » est reine. Le Ghanéen est incontestablement réaliste, pragmatique, ce qui ne l’empêche pas d’être profondément africain.

Cet « africanisme » se révèle par deux traits bien distincts. D’une part, c’est le culte de la mémoire. L’activité culturelle ghanéenne est foisonnante avec notamment un grand nombre de musées relatant l’histoire d’une civilisation millénaire.

D’autre part, le Ghana possède une religiosité toute africaine, mélange de foi, d’énergie et d’extravagance. Par la ferveur des chants religieux, les messes gospel sont tout simplement exaltantes. Cette religiosité envahit d’ailleurs littéralement la vie quotidienne des Ghanéens. Ainsi, Jésus-Christ est omniprésent, représenté à la fois sur les taxis, les vêtements et même sur les devantures des commerces. En effet, au Ghana, business et religion font bon ménage. Beaucoup d’entreprises, n’hésitent pas à se nommer « Jesus love fashion » pour un magasin de vêtement ou bien « Sweet jesus » pour un tabac.

L’exemple du Ghana montre en tout cas que les pays africains ne sont pas condamnés à la pauvreté, qu’ils possèdent des atouts pour s’intégrer dans l’économie mondialisée. Et ceci, en ne reniant en rien ni son histoire ni ses traditions.

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