14 32009vAmerica/New_York03bWed, 25 Mar 2009 18:36:00 -0400America/New_York 2007 · Pas de commentaire
Début février, les banques et autorités de régulation se sont mises d’accord pour encadrer les bonus des traders et ainsi limiter les prises de risque excessives. Des mesures inutiles et inefficaces selon Guillaume C., trader au CIC.
Jusqu’à présent, les rémunérations parfois démesurées des professionnels des marchés financiers ne sont soumises à aucune obligation de transparence. Résultat, elles sont accusées par plusieurs commentateurs d’avoir contribué à la crise financière. Le code éthique doit permettre d’éviter une nouvelle crise de ce type. Il pourrait s’appliquer aux primes versées en 2010. Un des principaux points de l’accord stipule que les bonus doivent être fondés sur « les gains réels pour l’entreprise » et non pas sur les résultats futurs. Les traders devraient être plus prudents à l’avenir.
Jusqu’à présent, les pertes liées aux prises de position sont mutualisées et les gains reviennent aux seuls traders. Les bonus sont négociés avec le chef de salle et le directeur des ressources humaines, en fonction des résultats sur les douze derniers mois. Cette mesure est inutile, affirme, catégorique, Guillaume C., opérateur de marché au CIC depuis septembre 2007. « Vu de l’extérieur, la situation paraît asymétrique. Mais à l’intérieur, on ne voit pas les choses comme ça. Les traders sont des gens rationnels, insiste-t-il. Ils savent que s’ils prennent trop de risques, la sanction est claire : ils perdent leur job. Ils essayent donc de les minimiser le plus possible ».
Une autre innovation du code éthique concerne la limitation des bonus garantis. Cette pratique controversée permet à certains traders de recevoir de fortes sommes, quelles que soient leurs performances. Les primes pourraient désormais être conditionnées aux résultats effectifs des opérations. Une partie serait donc différée de quelques années. Cette mesure ne devrait cependant pas s’appliquer quand il s’agit de garder des professionnels exceptionnels ou pour des embauches. Pour Guillaume C., cette mesure trop contraignante sera inefficace. « Les traders français iront en Angleterre ou en Allemagne pour conserver leur niveau de rémunération. La mobilité n’est pas un problème pour nous. Il faut que les Etats européens se coordonnent pour élaborer une base commune ».
Guillaume C. estime que le modèle d’attribution des bonus n’est pas responsable de la crise. Il reconnaît cependant que le système de contrôle pourrait être amélioré pour éviter les erreurs et les fraudes. « Les banques devraient mettre plus de personnes au back-office et investir dans de nouveaux outils de contrôle. Le problème, c’est qu’elles considèrent cette activité comme un simple centre de coût ».
14 32009vAmerica/New_York03bSun, 01 Mar 2009 09:13:49 -0500America/New_York 2007 · Pas de commentaire
Dans une société encore profondément conservatrice, la création du journal Gai Pied est un événement. En quelques années, il va marquer l’histoire collective de l’homosexualité en France.
A la fin des années 70, la France est une “société bloquée“, pour reprendre l’expression du sociologue Michel Crozier. L’homosexualité est encore un délit, les homos sont souvent considérés comme des malades à soigner et on imagine pas qu’un homme politique puisse faire son coming-out.
Jean Le Bitoux, journaliste à Libération et Gérard Vappereau décident d’agir en créant un journal d’information pour défendre la cause des homosexuels. Le premier numéro de « Gai Pied » paraît en avril 1979. Au sommaire, des critiques littéraire et cinéma, des interviews de responsables politiques, des photos d’hommes nus et des tribunes.
Couverture de Gai Pied en 1983
Pour le n°1, le philosophe Michel Foucault propose un article sur le suicide. « Plusieurs intellectuels nous ont apporté leur soutien. Résultat, on a évité la censure politique », souligne Jean Le Bitoux. Le magazine trouve rapidement son public avec 15 000 exemplaires mensuels vendus dès la première année. Pour Luc Marcelot, 55 ans, lecteur de la première heure, Gai Pied a donné une visibilité à la communauté gay.
Les petites annonces de rencontre, très importantes pour les gays de province souvent isolés, financent une grande partie du journal. Un défi en soi, car Libération et le Nouvel Observateur sont régulièrement condamnés à l’époque pour de telles publications. « Gai Pied a permis aux homosexuels de sortir de leur honte, de leur anonymat. C’était un espace d’expression pour une parole collective », se souvient Jean-Luc Hennig, écrivain et collaborateur du journal dans les années 80. « Pour moi, c’est un moment important de l’histoire de la presse ».
En 1992, l’aventure s’arrête, faute de financement et suite à l’essoufflement d’un certain militantisme. Têtuest créé trois ans plus tard. Mais ce magazine n’a pas grand chose à voir avec Gai Pied. Son contenu est centré sur les tendances. L’actualité politique et sociale n’occupe qu’une place réduite. « Gai Pied est mort, car il n’était plus représentatif de la communauté dans ses revendications, analyse Luc Marcelot. Têtu est simplement le journal de son temps ».
14 22009vAmerica/New_York02bMon, 23 Feb 2009 11:58:40 -0500America/New_York 2007 · Pas de commentaire
Un technicien de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN)
La preuve scientifique est devenue un élément incontournable dans les affaires criminelles. Débris de voiture, os ou dents, tous peuvent être exploités pour établir la vérité.
« La gendarmerie nationale recrute. Plus de renseignements sur www.recrutement.gendarmerie.gouv. » Voici le type d’affiche qu’on retrouve régulièrement dans les couloirs du métro ou sur les abribus. Pourtant, il existe un métier de la gendarmerie (et de la police) qui n’a pas besoin de publicité : la série télévisée « les Experts » s’en charge. Il s’agit de la criminalistique, c’est-à-dire l’ensemble des techniques scientifiques destinées à prouver l’existence d’un crime ou à démasquer son auteur. «Ce dernier laisse toujours des indices de passage et en emporte avec lui », affirme le commissaire Vianney Dyèvre, chef de l’Identité judiciaire de Paris, citant Edmond Locard, père de la police scientifique en France. Ce dernier a créé le premier laboratoire à Lyon en 1910.
En France, environ 850 personnes travaillent dans ce domaine en plein essor. « Depuis les années 1990, sous l’influence des Anglo-saxons, les preuves scientifiques ont pris de plus en plus d’importance dans les enquêtes criminelles », remarque le commissaire Vianney Dyevre. « On prend plus de temps pour étudier la scène de crime, grâce à l’amélioration des techniques et à l’apparition de nouveaux outils. Dans les années 1970 au contraire, les filatures, le témoignage et l’aveu en garde à vue étaient privilégiés. Pour l’instant, on n’a pas encore trouvé le juste milieu entre les deux méthodes ».
Etudier les mouches pour dater un décès
Pour la police technique et scientifique, l’analyse des traces d’ADN est un élément essentiel de l’enquête, mais c’est loin d’être le seul. L’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), implanté à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), regroupe une vingtaine de laboratoires de haut niveau spécialisés dans l’analyse de toutes sortes d’indices.
Pour évaluer la date de la mort de la victime, les chercheurs du département d’entomologie étudient les insectes. Ce sont les premiers témoins de la scène de crime. Keep reading →
14 22009vAmerica/New_York02bFri, 06 Feb 2009 12:09:37 -0500America/New_York 2007 · Pas de commentaire
Agnès Van Zanten, chercheur au CNRS (à droite) lors des 4è rencontres du livre de sciences humaines
Pour la sociologue Agnès Van Zanten, les politiques scolaires négligent l’objectif de démocratisation, malgré un discours volontariste des acteurs politiques.
“En France, depuis les années 1990, les responsables politiques de droite comme de gauche font un amalgame entre démocratisation sociale et diversification des élites”, analyse Agnès Van Zanten, directrice de recherche au CNRS. “Certains croient que les politiques d’ouverture sociale des grandes écoles, vont lutter contre les inégalités sociales à l’école. Or, elles ne bénéficient qu’à une minorité d’élèves. A l’opposé, la création des zones d’éducation prioritaires en 1982 a pu être un moyen de masse pour lutter contre l’échec scolaire”.
Sciences Po a mis en place en 2001 des conventions avec une soixantaine de lycées classés en Zep, mais pas seulement en Ile-de-France. Les meilleurs élèves de ces établissements peuvent déposer un dossier au lieu de passer le traditionnel concours d’entrée. Keep reading →
14 22009vAmerica/New_York02bTue, 03 Feb 2009 11:52:56 -0500America/New_York 2007 · Pas de commentaire
« La semaine à quatre jours a été imposée sans discussion au printemps dernier. Or, elle revient à renoncer au respect des besoins et des rythmes des enfants ». Voici l’argument avancé par Jean-Jacques Hazan, président de la FCPE, première fédération de parents d’élèves dans le premier et le second degré, pour demander le retour des cours le mercredi matin. Depuis la rentrée 2008, les écoliers n’ont plus classe le mercredi ni le samedi.
Les 24 heures d’enseignement hebdomadaires sont donc réparties sur quatre jours seulement. Pour Claire Leconte, enseignante en psychologie de l’éducation à Lilles, réorganiser la semaine sur quatre jours et demi est un moyen de lutter contre l’échec scolaire. « Dès 1995, la communauté des chronobiologistes a lancé un appel contre la semaine de quatre jours. Plusieurs études ont montré que l’attention des enfantsdiminue avec l’allongement de la journée d’école, souligne l’universitaire. En outre, les coupures du mercredi et du week-end déstructurent leur horloge biologique. Ils se couchent tard plusieurs soirs par semaine, mais ne dorment pas plus le lendemain. Résultat, ils sont plus fatigués ».
La FCPE demande aux parents d’élèves élus de proposer cette réorganisation du temps scolaire à l’occasion des conseils d’école du deuxième trimestre. En effet, le décret de mai 2008 instituant la semaine des quatre jours prévoit des dérogations pour les écoles qui le souhaitent.
A Grenoble, la municipalité tente de mobiliser les parents d’élèves et l’inspection académique pour revenir à la semaine de quatre jours et demi. Des concertations sont en cours dans les différents secteurs de la ville. « Cette réforme ne prend pas vraiment en compte pas l’intérêt des enfants, dénonce Paul Bron, adjoint au maire chargé de l’éducation, invité par la FCPE. On souhaite de notre côté améliorer le contenu du temps périscolaire. Avec trois heures de cours le mercredi matin, on pourrait proposer des activités socioculturelles dès 15 h 45 ».
Pour la rentrée 2009, l’objectif de la FCPE reste modeste. « On espère déjà convaincre les établissements qui avaient choisi ce rythme de revenir à ce système. Ca représentait 12 % environ des 50 000 écoles maternelles et élémentaires publiques ».
14 12009vAmerica/New_York01bWed, 21 Jan 2009 07:28:07 -0500America/New_York 2007 · Pas de commentaire
Ile Maurice, République Dominicaine, Mexique… Des destinations qui font rêver mais qui sont désertées par les Français en février. Le marché du voyage long courrier est en mauvaise posture. Le groupe Kuoni, spécialiste de ce type de prestations, prévoit une baisse de presque 20 % des réservations pour les vacances. Alors, pour inverser la tendance, les tours opérateurs jouent la carte des soldes.
Le groupe Nouvelles Frontières propose des séjours aux Antilles, aux Maldives ou au Mexique dès 680 €. On trouve également sur le marché un voyage de dix jours en pension complète en République Dominicaine à 800 €, par personne. « Habituellement, on ne fait jamais de promotions pendant les vacances scolaires. Mais là, on n’a pas le choix » admet Nathalie Brun, directrice de la production chez Kuoni. « De tout évidence, les gens ne repartiront pas aux prix de 2008, renchérit René-Marc Chikli, président du CETO, le centre d’études des tours opérateurs. Leur budget ne suit pas ».
Aux sports d’hiver, près d’un touriste sur deux ne skie pas
A la montagne, le ski n’est plus l’activité reine. Les vacanciers se laissent de plus en plus séduire par des nouvelles pratiques comme les raquettes ou le spa.
La crise ? Quelle crise ? Pour les stations de ski, les prévisions pour les vacances de février s’annoncent satisfaisantes, malgré un contexte économique tendu. Les taux d’occupation sont en effet compris entre 60 et 75 % selon les massifs, d’après une enquête de l’Observatoire national des stations de montagne Ski France.
Deux éléments peuvent expliquer cette tendance. Tout d’abord, le très bon niveau d’enneigement dans tous les massifs français a bénéficié aux stations de moyenne montagne, notamment dans les Pyrénées. Une partie du public est revenue après quelques années d’absence due au manque de neige. Seconde explication : les vacanciers qui se rabattent sur les sports d’hiver plutôt que de partir à l’étranger. « Les gens ne renoncent pas à leurs vacances, ils adaptent leur voyage à leur budget resserré », analyse Didier Arino, gérant du cabinet Protourisme. Keep reading →
14 122008vAmerica/New_York12bSat, 20 Dec 2008 10:54:34 -0500America/New_York 2007 · Pas de commentaire
Les journalistes sont engagés dans une guerre pour le contrôle de la représentation de la réalité. C’est la thèse exposée par le journaliste d’investigation Paul Moreira dans son ouvrage intitulé « Les nouvelles censures ».
Les principaux adversaires des professionnels de l’information sont les communicants. Au service des intérêts de grands groupes industriels ou d’appareils politiques, ces derniers ne cherchent plus à censurer directement une information gênante. Il s’agit plutôt de « séduire » les journalistes, de les « dissuader de travailler en amont » ou « d’influencer la hiérarchie de l’information ».
A travers quelques reportages réalisés pour le magazine 90 minutes de Canal +, Paul Moreira décrypte les différents types de censure qu’il a rencontrés. En période de guerre, comme en Irak, l’armée américaine a réussi à contrôler l’information sans interdire. Intégrer les journalistes dans les unités combattantes a permis de susciter l’empathie et les a dissuadé d’aller de l’autre côté, chez les combattants irakiens. Keep reading →
14 122008vAmerica/New_York12bWed, 10 Dec 2008 13:54:37 -0500America/New_York 2007 · Pas de commentaire
19 millions de salariés, chômeurs et employeurs du secteur privé étaient appelés à voter le 3 décembre dernier pour les élections prud’homales. Un scrutin marqué par une forte abstention.
La crise économique n’a pas mobilisé. A peine un salarié du privé sur quatre s’est déplacé pour élire ses conseillers prud’hommes, chargés de régler les litiges liés au droit du travail. Soit le plus faible taux de participation depuis 1976.
Une des explications de ce résultat décevant pour le dialogue social est l’éloignement des bureaux de vote des lieux de travail. Voter est un droit et le temps pris sur le temps libre ou le temps de travail doit être rémunéré. Mais en pratique, certains employeurs rechignent à libérer leurs salariés. Keep reading →
14 122008vAmerica/New_York12bSat, 06 Dec 2008 13:52:25 -0500America/New_York 2007 · Pas de commentaire
Le ministre des comptes publics Eric Woerth a présenté le 3 décembre un premier rapport d’étape de la révision générale des politiques publiques (RGPP). Dans l’Education nationale, la réforme de l’école primaire est largement engagée.
Des stages de remise à niveau gratuits en CM1 et CM2, la suppression des cours le samedi et des programmes resserrés sur les « apprentissages fondamentaux ». Ces mesures, annoncées l’an dernier, sont désormais appliquées dans toutes les écoles primaires.
Objectif : diviser par trois le nombre d’élèves en échec à la sortie du primaire. Elles s’inscrivent dans le cadre d’une vaste réforme de l’Etat, la RGPP, lancée en juillet 2007 pour réduire les dépenses publiques.
14 112008vAmerica/New_York11bWed, 12 Nov 2008 10:58:56 -0500America/New_York 2007 · Pas de commentaire
10 000 dollars pour un voyage entre l’Irak et l’Angleterre, à travers la Turquie, la Grèce, l’Italie et Paris. 1 700 personnes concernées par cette filière d’immigration clandestine. 23 prévenus déjà jugés et condamnés en décembre 2007 pour cette affaire.
Ces chiffres impressionnants distinguent ce dossier composé de vingt tomes de ceux habituellement traités par le tribunal correctionnel de Paris. Jeudi 6 novembre, Mohamad Hammad Haval comparaissait pour avoir participé à cette filière en 2004 et 2005. Entre mai et juillet 2005, ses trajets sont surveillés et son téléphone portable est mis sur écoute.
14 102008vAmerica/New_York10bMon, 20 Oct 2008 18:26:04 -0400America/New_York 2007 · Pas de commentaire
“Bonjour à tous. Je m’appelle Sissoko. Je suis un cultivateur de tomates sénégalais. Enfin, j’étais car depuis quelques années, les concentrés de tomates venus d’Espagne ont envahi le marché. Ils sont vendus à très bas prix. Je ne peux plus nourrir ma famille ».
Dans le grand hall de la Villette à Paris, les participants au « festin solidaire » écoutent attentivement les paroles de ce paysan africain ruiné par l’ouverture du marché agricole local aux produits européens. Depuis deux ans, le Comité catholique contre la faim (CCFD), 1e ONG française de développement, organise à Paris un repas solidaire animé par des comédiens.
Objectif : sensibiliser le grand public sur les causes de la faim dans le monde. « La terre possède assez de ressources pour nourrir dix milliards d’habitants. C’est l’homme qui ne sait pas répartir correctement ces richesses entre tous les habitants ». Cette fois-ci, c’est Sébastien, ingénieur agronome français, qui dénonce les déséquilibres du commerce international. Les victimes ? Sissoko bien sûr, mais aussi Mourad, ouvrier agricole marocain contraint à émigrer en Espagne ou encore Marcello, paysan paraguayen chassé de sa forêt par des grands propriétaires qui préfèrent planter du soja. Keep reading →