BODerrière le look de dandy précieux et l’ironie de Bo se cache un chanteur soucieux de parler des choses sérieuses avec légéreté. Aujourd’hui, l’artiste cherche un distributeur pour son troisième album.

Stéphane Bossard aurait pu être le personnage principal d’une nouvelle signée Stevenson. Bien à l’aise dans son style quelque peu loufoque, Bo – contraction de Bossard, son nom de famille – joue les dandies décalés. Et pour cause, son personnage est bien rodé. Cravate noire ultra sérrée sur chemise immaculée, chaussures rouges pointues et ceinture flash Gordon, le fan des Beatles, raide dingue du surréaliste Philippe Katerine, « ne [sait] rien faire d’autre que de la musique ».
« Je me trouve très beau », clame avec fierté ce francilien d’origine danoise. Toujours à l’aise, il a le tutoiement facile et son humour théâtral peut en destabiliser plus d’un. Avec son style « pop anglaise bien léchée, terreau de [sa] culture musicale », son paraître narcissique, presque mégalo, laisse vite place à un artiste sérieux, « soucieux de parler de choses graves avec légéreté, cynisme et ironie ». Son troisième album, Hey, dont l’enregistrement s’est achevé en janvier dernier, est un « coming out affectif », mélange de pop-électro et de rock saupoudrés d’un brin de funk. Une structure bien relevée, axée autour d’une guitare, d’une basse et d’une batterie. Adepte du franglais, le chanteur joue les contrastes et fait swinguer la langue française à coup d’onomatopées. Il n’est pourtant pas question de la dénaturer ni de la mépriser. « Le franglais donne un son qui fait sens. Mais je suis aussi très attaché à la langue française. Les mots que j’utilise paraissent simples, mais je mets beaucoup de temps à les choisir ». A 37 ans, le guitariste accompagné de quatre compères musiciens a décidé de « dépasser ses peurs et ses doutes adolescents ». « Je me mets vraiment à poils, surtout sur le morceau qui a été choisi comme titre à l’album. Dans les deux opus précédents, je n’assumais pas ma voix et la planquais grâce à des arrangements. C’est comme si je m’excusais d’être ce que je suis », confie-t-il. Son premier projet solo est né en 2000 alors qu’il tente de diffuser ses compostions pop « teintées de cabaret » jusqu’à former le groupe Bo en 2003 et sortir son premier album, « 323 Zap Shanghai Baseball» en 2004 qu’il finance lui-même. Avec l’aide de Duncan Robert, rencontré via son bassiste, « Docteur Vince », son cd est distribué dans les Fnac, mais les ventes ne dépasseront pas les 250 exemplaires. Puis c’est au tour de « Koma stadium », en 2007 inspiré de son voyage au Japon, pays qui le « traumatise par sa mixité entre modernité exacerbée et traditionalisme millénaire». La chanson Yokohama crée le buzz. Elle sera diffusée sur les ondes de oui fm ou sur la chaîne musicale MTV. Aujourd’hui, Bo attend de trouver un distributeur pour faire connaître ses dernières compositions auprès du grand public. Et si cela ne marche pas, il « ne [s'effondrera] pas ». La psychanalyse de Stéphane est déjà faite, celle de Bo suit son cours. Loin des romantiques qui pensent que “tout était mieux avant”, lui, s’inspire de la vie quotidienne pour exprimer son propos.


Bo_Yokohama_le clip
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je-l-aimais-06-05-2009-11-gC’est sur un grand écran bien pâle que Zabou Breitman lève le rideau. En 2009, la réalisatrice de “se souvenir des belles choses” se lance dans une adaptation cinématographique du roman “Je l’aimais”, drame romantique de Anna Gavalda écoulé à 370 000 exemplaires en moins deux mois.
Il est vrai que lorsqu’on lit un bon ouvrage, il est humain, voire nécessaire d’imaginer les scènes, d’envisager le décor, de fabriquer une ambiance. Conséquence: on s’emballe sans doute un peu trop vite, lorsqu’un succès littéraire se trouve en haut de l’affiche. Car si certains livres ne sont pas faits pour être adaptés au cinéma, d’autres ne sont pas tombés sur le bon réalisateur. Et visiblement, le best seller de l’auteur la plus courrue de France et de Navarre n’a pas été mis entre deux bonnes mains.
Mornes et sans relief, les scènes se suivent et se ressemblent. Chloe, abandonnée par son mari, séloigne de la vie urbaine pour quelques jours en compagnie de son beau-père. En une nuit, celui-ci va lui avouer que pendant quatre ans, il  a aimé une autre femme que celle qu’il a épousé sans avoir le courage de tout quitter pour elle. Tantôt assis, tantôt debouts, les personnages se perdent dans une tristesse fade, toujours muette, comme débarassés de leurs réflexes physiques. Des fantômes errants, enfermés dans des hôtels ou des maisons aux portes fermement closes. Seul Daniel Auteuil donne une once de vie à une ‘intrigue absente, sans doute grâce à sa notoriété. Peu d’intérêt.

Je l’aimais Bande-Annonce
envoyé par COMME-AU-CINEMA. – Court métrage, documentaire et bande annonce.

Pas vus, pas pris…

décembre 3, 2009 | | Leave a Comment

photo concertQui a dit qu’humour décapant et musique classique ne pouvaient pas aller de concert? Dans le dernier film de Radu Mihaileanu, le mélange a pourtant bien pris. Le réalisateur de “Train de vie” et de “Un week-end sur deux” a réussi à faire l’infaisable.
Andrei Filipov, était un grand chef d’orchestre au théâtre du Bolschoi sous le régime communiste. Un jour, il refuse de se séparer d’une partie de son orchestre d’origine juive malgré la pression du pouvoir politique. Celui qui “a dit non à Brejnev” sera déchu par le dirigeant soviétique pour finir comme homme de ménage dans les locaux de son ancien théâtre. Vingt ans plus tard, il sera là au bon endroit, au bon moment. Un fax du théâtre du Châtelet à Paris sollicite la venue du Bolschoi pour une représentation spéciale. Sans hésiter, Andrei saute sur l’occasion et dissimule le fax afin d’emmener à Paris…ses anciens compères de scène. A partir de là commence une fabuleuse intrigue qui mêle histoire humaine et folie passionnelle pour la musique de Tchaikovski.

Quand l’humour entre en scène
“Tu veux qu’on vous coupe le gaz en Europe de l’Ouest?”, lance le manager de la fausse troupe venu négocier les tarifs de la représentation avec la direction du Châtelet. Unique formule pour attirer l’oeil du spectateur: un humour décalé, toujours connoté qui ridiculise les travers du communisme d’antan et titille certaines dérives diplomatiques de la Russie d’aujourd’hui. Plus qu’un film, “Le Concert” est un vrai spectacle. Une boîte à musique délurée et une imposture qui fait mouche. Emotion garantie, mouchoirs indispensables.


90210_12Ils sont jeunes et branchés. Ils aiment l’argent et ça se voit. Loin de la version bien plus puritaine de la première génération de la série “Beverly Hills, 90210″, diffusée dans les années 90 et rediffusée dans les années 2000, “90210” se veut plus “actuel”. Annie (Shenae Grimes), jeune fille de 16 ans, présentée comme pure et enfantine, biberonnée aux valeurs seines honorables par des parents modèles, est cadette d’une famille tout droit débarquée du Kansas. Cause du déménagement, son père, Harry (Rob Estes), proviseur, a été muté au lycée de Beverly High. Dès leur arrivée, son frère Dixon et elle apprennent à être “cools” et pénètrent dans l’univers clinquant de la bourgeoisie de Los Angeles qui dépense son argent à tout-va, boit de l’alcool et passe ses week ends à Palm Springs. Intrigue principale de la série: les péripéties amoureuses des quelques ados en jean slim et jupe ultra courtes qui passent devant la caméra et cherchent un sens à leur vie. Côté casting, le producteur exécutif, Gabe Sachs (Feaks and Geeks, La vie comme elle est) n’a pas lésiné sur les starlettes. A l’écran, on aperçoit quelques figures connues des séries américaines qui ont joué dans le célèbre Melrose place ou Summerland. Les lycéennes sont de toute jeunes actrices “taille zéro”, comme on les appelle couramment aux Etats-Unis, dont la stature dépasse rarement les 48 kilos pour 1,70 mètres accompagnées de beaux visages enfantins mais déjà très, même trop, sexy. Cerise sur le gâteau, l’actrice principale, Shenae Grimes, n’est autre que la fille de Bruce Willis.

Les anciens font leur retour
Mais que serait la nouvelle génération sans rappel aux héros d’hier? Pour donner envie à ceux qui étaient jeunes dans les années 90 de regarder la série et sans doute donner de la surface à l’histoire, quelques anciens de la première version se sont glissés entre deux répliques de façon permanente ou simplement en guest star. Entre Kelly, la blonde sulfureuse transformée en conseillère d’orientation et Donna la timide devenue créatrice de mode au Japon, elles sont là pour la nostalgie d’une série qui faisait un carton sur les petits écrans. Le public ne semble pourtant pas au rendez-vous. Il est surtout composé d’ados pour la version qui a été lancée en 2008 aux Etats-Unis, alors que la création de départ était surtout regardée par un public familial. M6 a d’ailleurs retiré la série de la grille de ses programmes, faute d’audience. Car décidément, les jeunes ne sont plus ce qu’ils étaient et c’est bien dommage. La série est une lutte perpétuelle entre des personnages aux allures positives et sensibles qui sont confrontés à la tentation des beaux quartiers. Certains ont même des problèmes de drogue. Mais attention, pas de cigarette à l’écran, cela pourrait faire mauvais genre…


Afficher les lieux du tournage sur une carte plus grande


Molière n’aurait pas fait mieux. Pleine d’humour, la nouvelle création de Jean-Pierre Jeunet, “Micmacs à Tire Larigot” (sorti le 28 octobre) est la représentation parfaite du comique théâtral. On y retrouve Dany Boon, personnage singulier, au cœur d’une chasse à l’homme burlesque et rythmée. Amélie Poulain ne leur en voudra pas, chacun de ses camarades de jeu est atteint d’un toc, entre obsession des chiffres et manies corporelles. Seul le décor griffé Jeunet ne surprend pas : jaune flou, tel un soleil couchant permanent parsemé de brics et de brocs empruntés au monde enchanté  de « Delikatessen » ou d’ « Un long dimanche de fiançailles ». Magique.

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Lorsque Mickael Berg, 16 ans, rencontre Hanna, il s’engage pour toute sa vie. Devenu amant de cette femme de 35 ans, il se rend chez elle tous les jours pour accomplir le même rituel: l’amour et la lecture des livres qu’il étudie en cours. Mais un jour, Hanna disparaît, laissant le jeune homme sans nouvelles pendant près de huit ans. Devenu étudiant en droit, il retrouve son premier amour dans une salle de tribunal sur le banc des accusés.

Parmi les oeuvres du septième art, le thème de la seconde guerre mondiale a souvent été abordé au travers des lunettes des victimes. Cette fois-ci, dans “The Reader” (Le liseur en français), adapté du best seller de Bernhard Schlink publié en 1995, c’est le portrait intimiste du bourreau que le réalisateur anglais Stephen Dardly (Billy Elliot)  dépeint avec grande agilité. Et pour cause, le rôle d’ancienne surveillante de camp d’extermination qui a vu Kate Winslet récompensée par l’oscar de la meilleure actrice, est joué à la perfection et dévoile la fragilité et l’impuissance d’une femme  analphabète qui s’est engagée dans les SS car elle cherchait simplement “du travail”.

Quant au fil rouge de l’histoire, il a été soigneusement choisi. L’analphabétisme de Hanna lui permettra de vivre ses meilleurs moments avec Michael, mais la mènera à sa perte lorsqu’elle choisit de taire son handicap pendant le procès. Même si cela aurait pu lui éviter la prison à vie pour les crimes de guerre dont elle est accusée.

Culte Clint

février 27, 2009 |  Tagged , | Leave a Comment

Un classique, voilà ce que devrait devenir le nouvel opus du talentueux Clint, qui manie la gachette comme personne. Du haut de ses 79 ans, l’homme qui assume les casquettes de réalisateur et d’acteur principal n’a pourtant pas besoin de semer dans ce film beaucoup d’action pour épater la galerie. Pas de grosses cascades, donc, ni de coups de feu tonitruands, il suffit d’un peu de sarcasme et de franc parler pour mettre à mal une bande de jeunes voyous qui cherchent à détruire la famille qui vit dans la maison mitoyenne à la sienne. Papi gâteux, et nostalgique du courage dont il a fait preuve durant la guerre de Corée, il arrive pourtant à s’attacher à une communauté à l’opposé de ses références culturelles. Et à  l’aimer plus que sa propre famille, sans vraiment le creconnaître. Entre jeunesse décadente des quartiers sensibles, et individualisme, le réalisateur nous plonge dans un univers où, la quête du bien demande parfois des sacrifices. Déjà culte.

Le costume bien taillé et la cravate a demi serrée feront-ils partie de la panoplie du nouveau sauveur du monde de la bourse et de la finance en 2009? Il y a quelques semaines, Barack Obama a annoncé un plan de sauvetage économique conséquent, et l’économie américaine, qui influe sur celle de tous les autres pays, est prête à sauver le monde. Mais il serait plus qu’hasardeux de s’avancer aussi promptement sur un avenir en couleur rose bonbon.

 Alors qu’en 2008,  le Dow Jones a dégringolé, et que le CAC 40 a subi une baisse de plus de 40% de sa valeur, les économistes se penchent sur l’avenir, et observent attentivement leur boule de cristal. Où faut il investir alors? Après une forte baisse fin 2008 du à la crise et à la titrisation des crédits « subprimes », les agents ont freiné leurs achats de titres négociables. Début 2009, les actions ont de nouveau la côte. Alors qu’au premier jour de cotation 2009, le CAC 40 a clôturé en hausse de 4.09%, les dividendes des actionnaires semblent repartir à la hausse. En France, c’est l’espoir des lendemains qui chantent. Dans une perspective de redressement économique, Nicolas Sarkozy a exprimé son souhait de développer un système plus favorable aux employés, et encourage les entreprises à développer la participation, l’intéressement et actions gratuites. Une onde d’espoir supplémentaire vient éclairer l’avenir économique : Même si les résultats en 2008 des entreprises ont été nettement revus à la baisse, ils restent deux fois supérieurs à ce qu’ils étaient il y a cinq ans.

Et si jamais ces deux cracks de la relance échouent  dans leur tentative, il restera toujours Jean Marie Messier et sa cape de nouveau conseiller des entreprises françaises et américaines. Le problème est que notre JMMM national a perdu deux initiales à son nom, et ne sera plus maître du monde.

 

 

 

 

 

La présidence française de l’Union européenne a été autant applaudie que critiquée. Pour Gilles Bourdoulaix, membre de la commission des lois à l’Assemblée Nationale et député UMP du Maine et Loire, elle aura marqué les esprits par les initiatives énergiques de Nicolas Sarkozy, et sa volonté de remettre la France au coeur du processus décisionnel européen.

Quel bilan faites-vous de la présidence française de l’Union européenne?

Nous avons eu droit à une vraie présidence dans un contexte international riche, avec une crise financière et sociale difficile à gérer. Le président de la République a donné une bonne image de l’Europe, et a permis à l’Union européenne de retrouver son leadership. Pourtant, on ne peut nier qu’en ce qui concerne la résolution de la crise en Géorgie, la France s’est faite « promener » par les Russes. Ce pays a, en effet, une place historique au sein de cette aire géographique. Il était donc difficile pour l’Europe d’imposer son point de vue.

Quels sont pour vous, la plus grande réussite, et le plus grand échec de la présidence française?

Je dirais que c’est une réussite globale. Nicolas Sarkozy a été un président présent, qui a su redonner une place à la France en Europe. Il en a peut être trop fait, mais c’est dans sa nature. Il a toujours été actif.

Quant à l’échec, il est de ne pas continuer à peser sur l’action européenne. La France pourrait avoir, notamment sur la scène internationale, plus de pouvoir que la république Tchèque, qui, malgré sa légitimité politique à la tête de l’Europe, reste un petit pays. Cette nation se séparait de la Slovaquie il y a seulement quelques années, et a été lontemps limitée par son appartenance au bloc soviétique. Cette constatation n’est pas péjorative, mais la Tchéquie n’a vraiment pas la même légitimité historique que la France.

 Le retour de l’Europe sur la scène internationale n’a t-il pas été facilité par la fin de l’ère Bush?

Il est vrai que si l’on avait eu un président américain au pouvoir « rayonnant », ce que n’a pas été Georges Bush, le rôle de l’Europe aurait été amoindri. Mais la fin du mandat de George W. Bush a été marquée par une quasi-absence de décisions politiques. Tandis que le président sortant essayait de bloquer certaines résolutions de l’ONU, le président nouvellement élu ne souhaitait pas s’impliquer, car il n’était pas encore en fonction, ce qui laissait une belle place à occuper pour l’Europe. Et même si Obama avait eu le droit de parole, il n’aurait sans doute pas pris grande position. Il n’a aucune expérience en politique internationale, et la seule position qu’il ait occupée jusqu’à présent est celle de sénateur de l’Illinois.

 

   On y entre avec un parfum frais et doux qui nous titille les narines. Puis, on est choqués, désespérés, déconfis, par le sort d’une femme qui pour vivre, cajole des fruits responsables d’un seul crime: celui de se trouver à proximité de la demeure du nouveau Ministre de la Défense israelienne. Il était une fois un long métrage qui tire le portrait des tensions entre Israeliens et Palestiniens au travers d’une affaire anecdotique, qui deviendra affaire d’Etat.

L’histoire, plutôt commune du premier coup d’oeil, plonge le spectateur dans l’incompréhension qui caractérise la relation complexe entre les deux communautés. Presque sans espoir, on asssite à un combat que l’on sait perdu d’avance, mais auquel on croit quand même jusqu’à la dernière minute, en vain. Une affaire de justice qui ira jusqu’à la Cour suprême afin que ces citronniers ne soient pas coupés. Ils gênent, et frustrent un Ministre de la Défense qui a peur de voir s’y cacher des terroristes. Bonant malant, les deux communautés essaieront de se comprendre, mais s’éviteront jusqu’à la fin, et la solution finale…