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Them Crooked Vultures, la dream team du rock

Them Crooked Vultures

A coup sûr l’événement rock de cette fin d’année 2009. Rendez-vous compte : un groupe qui réunit trois monstres sacrés tels Dave Grohl (le batteur de Nirvana, reconverti en chanteur/guitariste de Foo FIghters), John Paul Jones (bassiste de Led Zeppelin) et Josh Homme (chanteur et guitariste de Queens of the Stone Age). Un line-up de rêve.

Dave Grohl est l’instigateur du projet. Dès 2005, juste après avoir enregistré le 5e album des Foo Fighters (In Your Honor), il l’évoque dans une interview accordée au magazine anglais Mojo. Et il y croit dur comme fer.

Car John Paul Jones, une de ses plus grandes idoles, ne fait plus grand chose depuis la fin de Led Zeppelin. Il a même accepté de jouer de la mandoline et du piano sur deux chansons d’In Your Honor. Et Grohl sait que son ami Josh Homme des Queens of the Stone Age (pour qui il a assuré la batterie de l’album Songs for the Deaf quatre ans plus tôt) ne manquerait pour rien au monde une occasion de collaborer avec le mythique bassiste.

Pourtant, il faudra du temps pour que le projet aboutisse. Car Josh Homme, notamment, ne tient pas en place. Il enregistre Era Vulgaris avec les Queens, part en tournée, puis coproduit Humbug, le 3e album d’Arctic Monkeys. Ce n’est qu’en janvier 2009 que les trois compères entrent enfin en studio à Los Angeles.

Six mois d’enregistrement pour une sortie CD programmée le 17 novembre. Avant, quelques avant-goût avec une poignée de concerts aux Etats-Unis, au Canada et en Europe (dont Paris au festival Rock en Seine). A chaque fois le succès est total. Rien de bien étonnant de la part de bêtes de scène comme ces trois-là.

Mais le résultat studio est tout aussi réussi. Treize titres bien réglés, bien léchés, qui prennent le temps d’aller au bout des choses. Globalement, l’album sonne très Queens of the Stone Age amélioré. On sent le leadership de Josh Homme, qui reproduit son emblématique ambiance rock psychédélique, avec ses riffs de guerre très acérés. Derrière, dave Grohl tape fort et juste, et John Paul Jones balance des lignes de basse tantôt discrètes, tantôt virevoltées, mais toujours d’une grande efficacité.

L’ensemble est incontestablement un des meilleurs albums rock de tous les temps. On espère que cette collaboration accouchera d’autres chef d’oeuvres. En attendant, prenons le temps d’apprécier celui-ci.

L’album est en écoute gratuite sur Deezer ici.

Mais le mieux c’est encore de les voir sur scène, ici jouant Bandoliers au Roseland de New York :

Weezer au bord du précipice

Weezer - Raditude

Que reste-t-il de l’excellent Weezer des débuts ? Presque rien. C’est vrai que 15 années ont passé depuis l’euphorie déclenchée par le premier album. Peu de groupe de rock peuvent se vanter d’avoir tenu si longtemps. Mais à quel prix !

On peut diviser la carrière de la formation californienne en deux parties bien distinctes. En 1994 le Blue Album explose le box office et propulse d’emblée Weezer au rang de groupe rock majeur. Deux ans plus tard Weezer surprend en sortant le sombre Pinkerton qui, malgré des débuts difficiles dans les charts, finira par acquérir ses lettres de noblesse.  Après une très longue pause de cinq ans, Rivers Cuomo confirme son talent de compositeur émérite avec le Green Album, un véritable succès planétaire.

C’est là que les quatre de Weezer auraient du quitter les studios, au sommet de leur gloire. Mais Rivers Cuomo, comme tout le monde à ce moment, pensait en avoir encore sous l’escarcelle. Mauvaise appréciation.

En 2002, Maladroit donne déjà des signes d’essouflement du groupe. En 2005, le plus mainstream Make Believe devient leur plus grande réussite commerciale, mais sa pauvreté musicale n’échappe à personne, en particulier aux fans de la première heure. L’an dernier Weezer revient avec le Red Album. Malgré les énormes moyens de production mis en oeuvre, et un titre remarquable (The Greatest Man That Ever Lived) l’ensemble est plus que décevant.

Entêté comme un âne, Rivers Cuomo se remet au travail et nous livre Raditude. Le label Interscope a du comprendre que ça sentait le sapin, et lui vient en aide à grands renforts de promotion : la prod propose d’acheter un pull ou un album photo avec le disque, et a créé un site Web ersatz de Wikipedia à la gloire de Weezer, Weezermedia.

Avec Raditude, Weezer prouve définitivement qu’il n’est plus l’ombre que lui-même. Les lignes de basses sont simplissimes, les riffs de guitare si peu originaux. Et aucune mélodie n’accroche l’oreille comme le faisaient si bien Hash Pipe ou Buddy Holly. En prime, bien que l’on n’ait jamais rien attendu des paroles, elles sont ici particulièrement pathétiques.

Weezer ne survit désormais que par l’acharnement aveugle de Rivers Cuomo. “Raditude”, c’est un néologisme qu’il s’est approprié pour signifier “attitude radicale”. Je vois bien une attitude radicale qu’il devrait adopter : s’interdire de repartir en studio. Pour ne pas ternir davantage l’image que laissera le groupe.

Raditude en écoute gratuite sur Deezer ici.

Et le clip officiel du premier single de l’album, (If You’re Wondering If I Want You To) I Want You To :
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Julian Casablancas excelle en solo

Julian casablancas, Phrazes For The Young

Julian casablancas, Phrazes For The Young

Après la grande tournée mondiale de promotion de First Impressions of Earth (2007), les Strokes avaient décidé de s’accorder un  pause pour que chacun puisse vaquer à ses occupations musicales. A l’instar du guitariste Albert Hammond Jr, qui a déjà sorti deux albums en solo, le chanteur et leader Julian Casablancas avait à coeur de poser sur galette les idées qui fourmillaient dans sa tête.

Avec Phrazes For the Young, il démontre ses indéniables qualités d’auteur compositeur original. Alors qu’on s’attendait à un album dans la droite lignée de ses compositions “strokesiennes”, le new-yorkais s’écarte allègrement du son très rock de son groupe au profit de sonorités electro-pop parfaitement maîtrisées.

La plus grande surprise provient de l’omniprésence du synthé, qui semble venu tout droit des années 1980, et qui produit une ambiance vintage que les fans des Strokes n’aimeront pas forcément. Autour du synthé, une boîte à ryhtmes simple mais efficace donne l’impulsion, une basse et une guitare futuristes viennent enrober le tout.

Sur cette base la voix mielleuse et lancinante de Julian Casablancas se pose parfaitement. Son chant a l’arrogance qu’on lui connaît, comme ses paroles, empreintes de trivialité adolescente, comme le suggère le titre de l’album, inspiré d’un essai d’Oscar Wilde.

Phrazes For The Young constitue un voyage rétro-futuriste ennivrant à souhait, un concentré (8 titres, 40 minutes) de pur bonheur mélodique. Largement de quoi attendre le prochain album des Strokes.

L’album en écoute libre sur Deezer ici.

Et une interview de Julian Casablancas qui aide à y voir (un peu) plus clair dans sa tête :

Arctic Monkeys du côté obscur

Humbug

Troisième album en quatre ans du groupe de Sheffield, Humbug (”escroquerie”) n’a rien d’une contrefaçon. Que les propriétaires des 200 000 exemplaires vendus dès la première semaine de sa sortie se rassurent.

Mais on peut comprendre leur surprise à l’écoute de ces dix titres surprenants. Ceux qui s’attendaient à retrouver les énergiques ballades qui avaient fait le succès des précédents Whatever people say I am, It’s what I’m not et Favourite worst nightmare vont être déçus. Humbug s’inscrit dans un autre registre, tout aussi bon, mais radicalement différent.

Il faut y voir la patte de Josh Homme, le leader des Queens of the Stone Age, qui est venu épauler leur producteur historique James Ford, par ailleurs membre de Simian Mobile Disco. Les quatre d’Arctic Monkeys ont expliqué avoir été à la fois très impressionnés et inspirés par la performance du groupe américain au Latitude Festival de Suffolk (Angleterre) en 2008. Alex Turner et ses acolytes, alors en quête d’une tonalité pour leur prochain album, avaient trouvé vers qui se tourner.

Sous la houlette de Josh Homme, le groupe nous plonge dans un univers musical plus sombre, que les fans de Queens of the stone age reconnaîtront. Seule la dernière piste, The Jeweller’s Hands, une sorte de conte musical très mélodieux, rescussite la sonorité harmonique des anciens tubes comme Riot Van ou A Certain Romance.

Toutes les autres chansons sont imprégnées d’une noirceur envoûtante, imprimée par des textes  oniriques. A l’instar de Crying Lithning, le premier single sorti, sans soute le morceau le plus abouti, avec ses riffs d’une ensorcelante efficacité. Ou comme Dangerous Animals, où la basse profonde  et les guitares lancinantes produisent une ambiance surréaliste qui rappelle le Velvet Underground.

Quand le tempo se fait plus lent et les guitares moins fortes (The Fire and the Thud, Secret Door), c’est pour nous emmener en ballade, certes, mais dans des contrées jusqu’alors inconnues de l’imagination d’Alex Turner, tout en nuances, tout en petites touches poétiques.

En somme, Arctic Monkeys perdra peut-être avec Humbug ceux de leurs fans qui appréciaient avant tout les riffs rapides et efficaces. Mais le groupe gagnera à coup sûr l’admiration de tous, en faisant preuve de son extraordinaire capacité  à s’écarter d’une si belle façon des sillons qu’ils avaient eux-même si bien tracés.

L’album en écoute gratuite sur Deezer ici.

Le clip officiel du premier single Crying Lightning :

Muse résiste bien

Muse - The Resistance

Muse - The Resistance

La tradition voudrait qu’au fil de albums, l’inspiration des groupes se tarit et la lassitude l’emporte. Rien de tel pour le trio britannique, qui confirme avec son cinquième opus son statut de monstre du rock alternatif. Les fans ne s’y sont pas trompés, en propulsant The Resistance en tête des charts dans seize pays – dont la France – la première semaine sa sortie.

Autoproduit en quelques mois dans le studio personnel de Matthew Bellamy à Milan, l’album témoigne pourtant d’un enregistrement de très grande qualité. Une prouesse à mettre au crédit du chanteur, guitariste et leader, qui a préféré tenu à arranger toutes les parties instrumentales lui-même. Un travail de longue haleine, car The Resistance offre une dimension orchestrale plus prégnante que dans les précédents albums. En témoigne la mini-symphonie en trois actes Exogenesis, petit bijou mélodique, pour laquelle l’orchestre symphonique de Milan – rien que ça – a été mobilisé.

D’une manière générale, l’album présente une sonorité marquée, dans la lignée des opus précédents, par une alternance très efficace entre accalmies précaires et explosions nerveuses . La profonde voix lyrique de Matthew Bellamy y est encore une fois sublimée. Les thèmes qu’il aborde dans les chansons – la résistance, le combat, la guerre, l’amour – s’accordent parfaitement à la puissance harmonique des mélodies.

Le trio du Devon aurait déjà en tête l’allure de leur prochain album. Pour des dinosaures du rock, ils ne sont pas près de s’éteindre…

Pour les curieux, la symphonie Exogenesis :

Partie 1
Partie 2
Partie 3

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