Sébastien Autret, confiseur depuis 8 ans, n’en finit pas d’expliquer l’art de la chocolaterie aux enfants du village d’Auteuil. Les yeux remplis de gourmandise, les petits l’écoutent attentivement. Et patientent jusqu’au moment où le maître chocolatier leur glissera quelques douceurs dans les mains.
Chez Servant, le temps s’est arrêté au début du siècle dernier. Les étals débordent de fritures cacaotées. Les vitrines se sont mises à l’heure de Pâques et les vendeurs, très chics portent des tabliers amidonnés.
Dans son atelier, Sébatien Autret conjugue tradition et innovation.
Si Sébastien Autret tient tant à développer “un goût Servant” c’est qu’il souhaite apposer sa patte à son chocolat. Sa maman Dominique, la maîtresse des lieux, veille elle au maintien de la tradition. Elle avoue pourtant avoir tenté de moderniser un peu sa boutique…
Et c’est vrai ! Chez Servant il y en a partout du chocolat ! Et pas question de parler de crise quand il s’agit de se faire un petit plaisir. Quoiqu’en sortant de là, la crise de foie vous guettera…
L’adresse :
Servant
30 rue d’Auteuil – 75016 Paris
Un après-midi au Grand Orient de France ça vous tente ? Vous pensiez l’endroit fermé au public ? Foutaises ! Les maçons vous accueillent à bras ouverts. A une condition : la discrétion ! Ce mercredi après-midi, nous sommes deux à être guidés. Etrange, on nous affirme qu’à l’accoutumé, 20 personnes se bousculent ici…
Dorures, bancs molletonnés de velours rouge, symboliques maçonniques savamment dispersées, dans la loge numéro 1, on écoute religieusement un compagnon qui ne veut pas dire son nom…
La tradition des loges bleues en héritage, mais aussi celle d’être la bête noire de l’Histoire française… Successivement ennemis des royalistes et boucs émissaires du régime pétainniste, les francs-maçons auraient cultivé le secret par obligation…
Alors une prochaine sortie du placard est-elle possible ? Pas vraiment. Notre maçon est bien évasif. On reste sur notre fin…et puis non. A la sortie, Eloïse, se montre très bavarde pour une future maçonne…
Si la nouvelle génération est moins discrète, le secret maçonnique est encore loin d’être levé. Mais vous pouvez toujours satisfaire votre curiosité. Le Grand Orient accueille les visiteurs tous les mercredis et samedis à 15 heures.
Le troisième Festival Culture Aventure a eu lieu ce week-end à Paris. Projections de films, stands et débats autour du voyage, culture a rimé avec aventure. La tendance en ce moment est au “voyager utile et autrement”…
Voyager au long cours, ne réserver qu’un aller-simple… Un rêve pour beaucoup, une réalité pour certains. En partance ou de retour, ces globe-trotters ont la tête remplie de projets.
Témoigner au retour, réaliser des films carnets de voyages. Voilà la concrétisation de ces parenthèses de vie du bout du monde. Pour François Picard, le créateur du festival, les raisons du succès de ces vacances un peu particulières sont simples.
Et puis voyager longtemps, c’est aussi voyager utile et autrement…
Le Festival Culture Aventure c’est terminé ! Mais pas de panique. Chaque lundi soir, à Paris, l’association de François Picard vous propose une toile. C’est l’occasion aussi de voyager sans bouger de son strapontin…
La Fondation Henri Cartier-Bresson célèbre le centenaire de la naissance du pionnier du photo-journalisme, en l’associant à Walker Evans, son double photographique. Retour sur une exposition-miroir. Emilie Helmbacher.
On y entre par une porte dérobée. Comme pour mieux pénétrer l’univers d’Henri Cartier-Bresson. Au bout de l’impasse la fondation qui porte son nom et une exposition, « Photographier l’Amérique ». Accrochés aux murs immaculés, les 86 tirages d’époque nous font voyager dans l’Amérique des années 30 et 40, en proie à la crise et à la précarité. Une Amérique d’inégalités où les Noirs ne côtoient pas les Blancs, et où les manteaux de fourrure fuient les bouches d’aération. La critique sociale est latente. Premier point commun Cartier-Bresson / Evans.
Outre l’intérêt esthétique des photos, l’exposition nous apprend une chose essentielle : sans Walker Evans, Cartier-Bresson n’aurait pas été photographe. Objectif du Français : « tenter d’égaler » l’Américain devenu son maître à penser et à voir l’Amérique. « Cartier-Bresson fut l’un des rares innovateurs en photographie » avait confié un jour Walker Evans. Réinventer la photographie. Second point commun des 2 hommes.
Entre la sensibilité à fleur de peau de Cartier-Bresson et la brutalité de point de vue d’Evans, le jeu de miroir est permanent. La complémentarité des deux est très bien mise en valeur. Les regards confrontés avec justesse.
(Papier écrit pour IPJ Mag, la radio d’une belle brochette d’étudiants de l’IPJ)