nov 10 2008
Mesrine : le détester c’est l’adopter
Premier volet du dyptique du réalisateur Jean-François Richet, “L’instinct de mort” est un film fort qui capte notre attention de la première à la dernière seconde. Pas de temps mort mais beaucoup de morts. Un Vincent Cassel au top de sa carrière et qui crève l’écran. C’est bien simple : les plans dans lesquels l’acteur est absent se comptent sur les doigts d’une main. Ni une apologie à la gloire du célèbre braqueur. Ni un banal répertoire de ses faits d’armes. Tiré du pavé écrit par Jacques Mesrine, “L’instinct de mort” ne déçoit pas.
Première scène : avant-goût. La tension qui planait ce 2 novembre 1979 est palpable. Mais les balles des hommes du commissaire Broussard attendront. Retour sur les “débuts” de Mesrine et plongée dans l’horreur de la Guerre d’Algérie. La genèse du personnage qu’est devenu l’ennemi public numéro 1 est bien dépeinte. Pour Vincent Cassel, Mesrine est “un rebelle sans cause“*. Ce qui est parfaitement suggéré par le réalisateur. Il n’y pas de revendication dans les actes de Mesrine. L’homme n’est pas un Robin des Bois. Au contraire même. Mais il porte en lui quelque chose qui le fait irrémédiablement passer du côté des truands. L’instinct de mort en somme.
Dynamique, le film l’est. On voyage. Beaucoup. De l’Algérie à la France, de l’Espagne au Canada en passant par l’Arizona. Particulièrement réussie, la cavale de Jacques Mesrine et Jeanne Schneider. Vincent Cassel porte les scènes sans être un faire-valoir. Il colle au personnage sans l’accaparer non plus. Il explique* : “Je n’ai jamais ressenti de fascination pour ce genre de rebelle (…). Si c’est un salaud, il faut trouver ce qu’il y a de beau ; si c’est un héros, il faut trouver ce qu’il y a de sale. (Je veux qu’on le perçoit comme) le salopard et le mec qu’on admire (…). Je l’ai joué comme ça, pour que le public éprouve le plaisir coupable de s’attacher à lui“.
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“L’instinct de mort” on y va aussi pour :
- Les répliques de Mesrine : “Entre tes amis et toi, je choisirai toujours mes amis“, “personne ne me tue tant que j’ai pas décidé“
- Un Gérard Depardieu très crédible en Guido, maquereau notable et sorte de parrain de Mesrine dans le métier
“J’ai assumé ma criminalité jusqu’au bout“, a dit un jour Mesrine… La suite le 19 novembre dans le second volet du dyptique : “L’ennemi public numéro 1″.
* itw de Vincent Cassel, Studio Magazine d’octobre 2008


